Washington a renforcé sa présence militaire au Moyen-Orient en annonçant l’envoi d’un second groupe aéronavale, tandis que les tensions avec l’Iran s’intensifient sur fond de répression des manifestations et de désaccords concernant le programme nucléaire iranien.
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, serait déployé « très bientôt » au Moyen-Orient, rejoignant l’USS Abraham Lincoln et une flotte de 12 navires déjà présents dans la région. « Si nous ne parvenons pas à un accord, nous en aurons besoin », a-t-il affirmé aux journalistes à la Maison Blanche, en référence à un éventuel accord sur le programme nucléaire iranien. « Ce sera une mauvaise journée pour l’Iran, très mauvaise. »
Cette annonce intervient après une répression violente des manifestations en Iran le mois dernier, au cours de laquelle, selon des organisations de défense des droits humains, des milliers de personnes auraient été tuées. L’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency estime le nombre de décès à 7 005, principalement des manifestants, tout en soulignant que le bilan réel pourrait être bien plus élevé. Plus de 53 000 personnes auraient également été arrêtées.
Les États-Unis ont rejoint en juin dernier une opération militaire israélienne de 12 jours contre l’Iran, menant des frappes contre des installations nucléaires iraniennes. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après une rencontre avec Trump à Washington, a déclaré que le président américain pensait qu’il était possible de parvenir à un « bon accord » avec Téhéran. Cependant, Netanyahu a exprimé son scepticisme quant à un accord qui ne prendrait pas en compte les missiles balistiques iraniens et le soutien aux groupes armés régionaux.
À ce stade, il n’y a pas de consensus sur les cibles potentielles de nouvelles frappes américaines, ni sur la possibilité d’une action visant à affaiblir le pouvoir de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran.
Par ailleurs, des appels à de nouvelles manifestations ont été lancés par Reza Pahlavi, fils du shah renversé par la révolution islamique de 1979, exhortant les Iraniens à scander des slogans anti-gouvernementaux depuis leurs maisons et leurs toits, en coordination avec des rassemblements prévus à l’étranger. Des vidéos vérifiées par l’AFP ont montré des Iraniens scandant des slogans anti-gouvernementaux lors des célébrations de l’anniversaire de la révolution islamique.
L’Iran et les États-Unis, qui n’entretenaient plus de relations diplomatiques depuis peu après la révolution, ont tenu des discussions sur la question nucléaire la semaine dernière à Oman, sans qu’une date pour de nouvelles négociations n’ait encore été fixée. Rafael Grossi, chef de l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU, a déclaré vendredi qu’il était possible, mais « terriblement difficile », de parvenir à un accord avec l’Iran concernant les inspections de ses installations de traitement.
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a indiqué que « des centaines » de personnes étaient confrontées à des accusations liées aux manifestations, susceptibles d’entraîner des condamnations à mort. Saleh Mohammadi, 18 ans, a déjà été condamné à mort pour le meurtre d’un policier, bien que la justice iranienne ait précisé qu’aucun verdict final et « exécutoire » n’avait été rendu dans cette affaire.
Des personnalités travaillant au sein du système iranien ont également été arrêtées, notamment trois hommes politiques appartenant à l’aile réformiste du pays et soutenant le président Masoud Pezeshkian. Azar Mansouri, Javad Emam et Ebrahim Asgharzadeh ont été libérés sous caution jeudi et vendredi, selon leur avocat Hojjat Kermani.