Publié le 2025-10-16 17:48:00. Après avoir obtenu des succès diplomatiques au Proche-Orient, Donald Trump entend désormais mettre la pression sur la Russie. L’ancien président américain a évoqué la possibilité d’envoyer des missiles de croisière américains en Ukraine, une idée qui suscite déjà des réactions du Kremlin.
- Donald Trump s’est attribué le mérite de négociations ayant abouti à la libération d’otages et à un cessez-le-feu à Gaza.
- Il a publiquement exprimé son intention de « réparer » la Russie, suggérant un changement de stratégie diplomatique.
- L’envoi potentiel de missiles Tomahawk en Ukraine est évoqué comme un moyen de pression sur Vladimir Poutine.
Le lundi 15 octobre aura marqué une journée particulièrement faste pour Donald Trump. Des succès diplomatiques ont été enregistrés tant en Israël qu’à Charm el-Cheikh, en Égypte, où il a été remercié pour avoir contribué à la libération d’otages et à la cessation des hostilités à Gaza après deux ans de conflit. Cette réussite semble lui avoir donné des idées pour un autre dossier complexe : celui de la Russie. S’adressant à son envoyé spécial pour le Moyen-Orient et la Russie, Steve Witkoff, devant le parlement israélien, la Knesset, Donald Trump a affirmé : « Nous devons réparer la Russie. Concentrons-nous sur la Russie, d’accord ? »
Dans le dossier israélo-palestinien, la pression a été un levier essentiel. Donald Trump a exercé des tergiversations tant sur son allié israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, que sur le Hamas. Jusqu’à présent, l’approche de l’ancien président américain vis-à-vis de Vladimir Poutine s’est plutôt caractérisée par une stratégie de la « carotte », sans pression significative observée. Cela pourrait cependant changer. Donald Trump, connu pour sa franchise, a ouvertement évoqué l’envoi de missiles de croisière américains Tomahawk en Ukraine.
Ces missiles pourraient figurer en bonne place sur la liste des souhaits du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier devrait d’ailleurs aborder le sujet lors de sa prochaine rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche. Les relations entre les deux hommes semblent s’être apaisées depuis le début du conflit, Trump allant même jusqu’à exprimer son admiration pour la résistance ukrainienne et sa conviction que Kyiv peut l’emporter. Volodymyr Zelenskyy a d’ailleurs lui-même établi des parallèles entre la situation à Gaza et le conflit en Ukraine, déclarant récemment sur les réseaux sociaux : « Poutine peut être contraint à la paix, comme n’importe quel autre terroriste. Le Hamas était également prêt à libérer les otages. »
Une délégation ukrainienne, arrivée aux États-Unis en début de semaine, aurait d’ailleurs rencontré des représentants de RTX, le fabricant des missiles Tomahawk, selon le Wall Street Journal. Bien qu’ils ne constituent pas une arme miracle, ces missiles donneraient à l’Ukraine la capacité de frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe avec une grande précision. L’Ukraine utilise déjà des drones pour des frappes similaires, mais leur charge explosive est limitée (environ 50 kg), loin des 450 kg d’un Tomahawk.
Un obstacle potentiel réside dans le mode de déploiement des Tomahawk. Généralement lancés depuis des navires de guerre ou des sous-marins de la marine américaine, leur utilisation terrestre via le nouveau système Typhon est encore limitée. Par ailleurs, Donald Trump a également affirmé cette semaine que l’Inde avait accepté de réduire ses achats de pétrole suite à un accord avec les États-Unis. Si cette information se confirme, cela représenterait un revers majeur pour Poutine, l’Inde étant un important acheteur de pétrole russe. Cependant, contrairement au conflit à Gaza, où les États-Unis ont pu s’appuyer sur des alliés comme le Qatar, l’Égypte et la Turquie pour faire pression sur le Hamas, la Chine, alliée de la Russie, ne montre aucune disposition à abandonner Vladimir Poutine.
« Forcer les Russes à la table des négociations »
Une décision américaine de privilégier la « fessée » plutôt que la « carotte » constituerait une évolution significative pour Vladimir Poutine. Le Kremlin a d’ailleurs déjà réagi, qualifiant l’envoi de missiles Tomahawk d’escalade majeure, soulignant que ces armes pouvaient être équipées d’ogives nucléaires. Il est à noter que la Russie utilise elle-même des missiles de croisière similaires dans ses offensives en Ukraine. L’administration de Joe Biden a longtemps hésité à livrer des armements plus puissants à Kyiv, craignant les représailles russes. Donald Trump est désormais confronté à une décision difficile, une situation qu’il a déjà vécue, comme le rappelle le dossier iranien.