Publié le 10 février 2026. Le président américain Donald Trump menace de bloquer l’ouverture du nouveau pont international Gordie Howe, reliant Windsor (Ontario) à Détroit (Michigan), réclamant une compensation financière et une participation dans la propriété de l’infrastructure.
- Donald Trump exige que les États-Unis détiennent au moins la moitié du pont international Gordie Howe.
- Plusieurs acteurs économiques et politiques des deux côtés de la frontière s’opposent à cette menace, soulignant l’importance du pont pour le commerce et l’emploi.
- Le projet, financé entièrement par le Canada, a déjà coûté 6,4 milliards de dollars (5,7 milliards initialement).
La menace de Donald Trump intervient alors que l’ouverture du pont, attendue depuis plusieurs années, approche. L’ancien président américain avait pourtant salué ce projet en 2017, le qualifiant de prioritaire. Le pont Gordie Howe, qui offrira une nouvelle voie de passage à l’un des postes frontaliers les plus achalandés d’Amérique du Nord, est destiné à fluidifier les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis et à stimuler les investissements.
Dans un message publié lundi sur les réseaux sociaux, M. Trump a accusé le Canada de traiter les États-Unis « très injustement » depuis des décennies, affirmant que le pays était propriétaire des deux côtés du pont, construit « pratiquement sans contenu américain ». Il a annoncé l’ouverture de négociations « immédiates » pour obtenir une part de l’actif.
Cette intervention a suscité des réactions immédiates. Candace Laing, présidente et directrice générale de la Chambre de commerce du Canada, a dénoncé une décision « contre-productive », rappelant que bloquer des infrastructures commerciales va à l’encontre des intérêts des deux pays.
« Bloquer ou barricader des ponts est une décision contre-productive. »
Candace Laing, présidente et directrice générale de la Chambre de commerce du Canada
Du côté américain, Stacey LaRouche, attachée de presse de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, a souligné l’importance du pont pour l’emploi et l’industrie automobile de l’État.
« C’est bon pour les travailleurs du Michigan et c’est bon pour l’industrie automobile du Michigan. »
Stacey LaRouche, attachée de presse du gouverneur du Michigan Gretchen Whitmer
Elle a précisé que le projet avait été financé par le Canada et construit par des travailleurs syndiqués des deux côtés de la frontière, constituant un exemple de coopération bipartite et internationale.
La sénatrice américaine Elissa Slotkin a également exprimé son inquiétude quant aux « graves répercussions » d’une annulation du projet, notamment des coûts plus élevés pour les entreprises du Michigan, des chaînes d’approvisionnement moins sécurisées et une perte d’emplois.
« Avec cette menace, le président punit les habitants du Michigan pour la guerre commerciale qu’il a déclenchée. »
Elissa Slotkin, sénatrice américaine
Le projet de pont, annoncé en 2012 par l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper, a été baptisé en hommage à la légende du hockey Gordie Howe, qui a joué pour les Red Wings de Détroit. La construction a débuté en 2018. Le gouvernement canadien précise que le pont sera la propriété publique du Canada et du Michigan et qu’il créera de nombreux emplois permanents une fois ouvert. Un site web gouvernemental détaille les avantages économiques du projet.
En 2025, l’ancienne gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, et son mari, le cinéaste Jean-Daniel Lafond, ont réalisé un documentaire sur la construction du pont, soulignant son importance symbolique en tant que lien entre Windsor et Détroit. Le maire de Windsor, Drew Dilkens, a quant à lui affirmé que le nouveau pont renforcerait les liens entre les deux nations.