Publié le 24 octobre 2025 17:49:00. Donald Trump a annoncé la fin des négociations commerciales avec le Canada, dénonçant une publicité jugée trompeuse utilisant un discours de Ronald Reagan. Cette décision survient après des mois de tensions croissantes concernant les tarifs douaniers imposés par les États-Unis.
Washington – Le président américain Donald Trump a mis un terme brutal aux discussions commerciales avec le Canada, qualifiant d’« atroce » le comportement d’Ottawa dans l’utilisation d’une publicité politique. L’accusation porte sur la manipulation d’un discours de l’ancien président Ronald Reagan, dans une campagne visant à contrer les tarifs douaniers américains.
Cette volte-face intervient peu après une rencontre pourtant qualifiée de cordiale entre Donald Trump et le Premier ministre canadien, Mark Carney, à la Maison Blanche le 7 octobre. Le chef du gouvernement canadien avait alors souligné son intention de diversifier les exportations canadiennes en dehors des États-Unis, face à la menace des taxes douanières américaines. L’annonce de M. Trump risque d’exacerber les tensions commerciales déjà vives entre les deux voisins nord-américains.
Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a exprimé sa fureur concernant une publicité qu’il juge « fausse », affirmant qu’elle citait mal Ronald Reagan au sujet de sa politique tarifaire. Il a précisé que la publicité, d’un coût de 75 000 dollars, visait à « interférer avec la décision de la Cour suprême des États-Unis et d’autres tribunaux » saisis de litiges concernant ses tarifs douaniers globaux.
« La Fondation Ronald Reagan vient d’annoncer que le Canada a utilisé frauduleusement une publicité, qui est fausse, dans laquelle Ronald Reagan semble parler négativement des tarifs douaniers », a écrit Donald Trump. « La publicité a coûté 75 000 $. Ils n’ont fait cela que pour interférer avec la décision de la Cour suprême des États-Unis et d’autres tribunaux. »
Donald Trump, Président des États-Unis
Le président américain a par ailleurs réaffirmé sa conviction quant à l’importance de sa politique tarifaire, la considérant comme essentielle pour la sécurité nationale et l’économie des États-Unis.
« Sur la base de son comportement atroce, TOUTES LES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES AVEC LE CANADA SONT TERMINÉES. »
Donald Trump, Président des États-Unis
Au cours de la journée, Donald Trump est revenu sur le sujet, accusant le Canada de tromperie.
« LE CANADA A TROMPÉ ET A ÉTÉ ATTAQUÉ ! Ils ont fait une publicité de rachat massive disant que Ronald Reagan n’aimait pas les tarifs douaniers, alors qu’en réalité il aimait les tarifs douaniers pour notre pays et sa sécurité nationale », a-t-il martelé. « Le Canada triche depuis longtemps sur les tarifs douaniers, imposant à nos agriculteurs jusqu’à 400 %. Désormais, ni eux ni d’autres pays ne peuvent continuer à profiter des États-Unis. »
Donald Trump, Président des États-Unis
La Fondation et Institut présidentiels Ronald Reagan ont, de leur côté, confirmé sur les réseaux sociaux que la publicité, conçue par le gouvernement de l’Ontario, « déforme le « Discours radiophonique présidentiel à la nation sur le commerce libre et équitable » daté du 25 avril 1987 ». L’organisation a précisé n’avoir donné aucune autorisation au Canada pour « utiliser et modifier les commentaires » et qu’elle « évalue ses options juridiques ». La fondation a également encouragé le public à visionner une version intégrale et non modifiée du discours.
La campagne incriminée utilise des extraits du discours de Reagan où il mettait en garde contre les conséquences des tarifs douaniers élevés sur l’économie américaine. On y entend notamment :
« Des droits de douane élevés entraînent inévitablement des représailles de la part d’autres pays et déclenchent de féroces guerres commerciales. »
Ronald Reagan, ancien Président des États-Unis
Sans commenter directement le revirement américain, le Premier ministre canadien Mark Carney a indiqué vendredi que les pourparlers bilatéraux avaient montré des « progrès ». « Nous sommes prêts à reprendre ces avancées et à bâtir sur ces progrès lorsque les Américains seront prêts », a-t-il déclaré avant de se rendre à un sommet en Asie, auquel Donald Trump doit également participer. « Nous ne pouvons pas contrôler la politique commerciale américaine », a-t-il ajouté, soulignant que les États-Unis imposaient des tarifs douaniers à l’encontre de tous leurs partenaires commerciaux.
Mark Carney avait rencontré Donald Trump il y a quelques semaines dans une tentative d’apaiser les tensions commerciales, alors que les négociations sur la renégociation de l’accord tripartite (l’ACEUM, ou T-MEC) entre le Canada, les États-Unis et le Mexique battaient leur plein. Cet accord avait été initialement négocié par M. Trump lors de son premier mandat.
Plus de 75 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis, et près de 3,6 milliards de dollars canadiens (environ 2,7 milliards de dollars américains) de biens et services franchissent la frontière quotidiennement. Les tarifs douaniers sectoriels imposés par Donald Trump, notamment sur l’acier, l’aluminium et les automobiles, ont eu un impact considérable sur l’économie canadienne.
Le Premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, avait récemment défendu la publicité de sa province sur le réseau social X, déclarant : « C’est officiel : la nouvelle campagne publicitaire de l’Ontario aux États-Unis a commencé. En utilisant tous les outils dont nous disposons, nous ne cesserons jamais de plaider contre les tarifs douaniers américains sur le Canada. Le chemin vers la prospérité passe par la collaboration. »
Donald Trump avait imposé des tarifs douaniers élevés sur de nombreux produits canadiens. En réponse, le gouvernement canadien avait répliqué par des taxes douanières sur certains produits américains en avril dernier, tout en accordant des exceptions pour les constructeurs automobiles afin de leur permettre d’importer un certain nombre de véhicules, via des quotas.
Le secteur automobile canadien, particulièrement touché par les tarifs douaniers de M. Trump, a vu certaines de ses activités impactées. Le constructeur Stellantis a notamment annoncé ce mois-ci le transfert d’une chaîne de production de l’Ontario vers l’Illinois.