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Trump sera-t-il le président des États-Unis qui réussira à mettre fin à la révolution cubaine ?

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Publié le 8 février 2026 18:46:00. Sous la pression d’un embargo renforcé et d’un isolement diplomatique croissant, la Révolution cubaine, défiant les États-Unis depuis 1959, semble confrontée à une crise existentielle sous la présidence de Donald Trump.

  • Donald Trump a imposé de nouvelles sanctions économiques à Cuba, notamment des droits de douane sur les pays vendant du pétrole à l’île.
  • La fin du soutien économique de l’Union soviétique et du Venezuela, combinée à l’isolement international, affaiblit considérablement l’économie cubaine.
  • Bien que le régime cubain dispose de mécanismes de contrôle et de soutiens extérieurs, son avenir semble incertain.

Depuis son arrivée au pouvoir pour un second mandat en janvier 2025, Donald Trump a clairement affiché sa détermination à mettre fin à la Révolution cubaine, considérée depuis plus de six décennies comme une épine dans le pied des États-Unis. Alors que ni Eisenhower, ni Kennedy, ni Reagan, ni Clinton, ni le père Bush n’ont réussi à déstabiliser le régime de La Havane, Trump semble prêt à aller plus loin.

Les États-Unis ont privilégié, après l’échec de l’invasion de la Baie des Cochons en 1961 – un épisode célébré dans les chansons de Silvio Rodríguez et d’autres figures de la Nueva Trova – une stratégie de confinement et de guerre diplomatique. L’option d’une intervention militaire directe à grande échelle, envisagée dans les années 1980 avec les interventions à Grenade et au Panama, a été abandonnée face au risque d’une confrontation nucléaire avec l’Union soviétique, notamment lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.

L’embargo économique, instauré en 1962 en réponse aux nationalisations opérées par la Révolution cubaine, a été l’un des principaux instruments de cette politique. Officiellement, il vise à étouffer l’économie de l’île et à provoquer un mécontentement social, mais il n’a jamais réussi à provoquer un soulèvement populaire. Les États-Unis ont également mis en œuvre une politique d’isolement, faisant pression sur d’autres pays et les organisations internationales, comme l’Organisation des États américains (OEA), pour limiter les liens commerciaux et diplomatiques avec Cuba.

Au-delà de l’embargo, les États-Unis ont mené des opérations secrètes, comme l’Opération Mangouste, un plan complexe incluant des actes de sabotage économique, du renseignement et de nombreuses tentatives d’assassinat contre des dirigeants révolutionnaires, dont Fidel Castro – certains plans évoquant des méthodes dignes d’un roman de Joseph Conrad.

Aujourd’hui, la situation est particulièrement précaire pour Cuba. La fin des subventions de l’Union soviétique, après la chute du bloc communiste, et la crise économique vénézuélienne ont privé l’île de sources vitales de financement et de pétrole. Donald Trump a aggravé la situation en imposant des restrictions de voyage aux citoyens américains et en maintenant Cuba sur la liste des pays soutenant le narcoterrorisme.

Son récent décret du 29 janvier 2026, imposant des droits de douane aux pays vendant du pétrole à Cuba, constitue un coup dur pour l’approvisionnement énergétique de l’île. Le renversement de Nicolás Maduro au Venezuela a également créé un vide diplomatique que ni le Mexique ni le Brésil n’ont réussi à combler. Trump semble déterminé à exercer un étranglement financier total.

Malgré ces difficultés, le Parti communiste cubain conserve un contrôle absolu sur le système de renseignement, ce qui étouffe toute opposition susceptible de prendre le pouvoir. Un soulèvement populaire semble improbable sans le soutien de l’armée. De plus, Cuba peut toujours compter sur le soutien de puissances comme la Russie et la Chine, qui offrent une bouée de sauvetage économique et politique, bien que ce soutien soit de plus en plus difficile à maintenir face à la pression américaine. Le ministre cubain des Affaires étrangères sollicite activement le soutien de ces pays, tandis que le tourisme, déjà affecté par les alertes de sécurité, continue de diminuer.

L’avenir de Cuba reste incertain. Certains prédisent l’effondrement inévitable de la Révolution et l’adoption d’une économie de marché et d’un système démocratique multipartite. Les États-Unis affirment être ouverts à des négociations avec les dirigeants cubains, mais Miguel Díaz-Canel, le dirigeant cubain, nie toute volonté de dialogue. La perspective d’avoir à répondre des violations des droits de l’homme commises par la Révolution est sans doute une source d’inquiétude pour lui.

La question est de savoir si Díaz-Canel ou Daniel Ortega, le président nicaraguayen, sera le premier à tomber. L’un des deux pourrait bien être le dernier dictateur marxiste d’Amérique latine.

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