C’est la deuxième fois en moins de deux semaines que les autorités britanniques libèrent par inadvertance un délinquant sexuel étranger. Les services de police ont lancé une alerte générale après qu’un détenu migrant, un Algérien de 24 ans identifié comme Brahim Kaddour-Cherif, a échappé à une prison londonienne. Cet incident, qui s’ajoute à une précédente libération erronée, ravive les tensions autour de la politique migratoire du Royaume-Uni.
Brahim Kaddour-Cherif, un délinquant sexuel enregistré, avait été condamné en novembre 2024 pour attentat à la pudeur et écopé d’une peine communautaire de 18 mois, selon la BBC qui cite la police métropolitaine. Arrivé légalement au Royaume-Uni en 2019 avec un visa de visiteur, il aurait excédé la durée autorisée de son séjour et serait actuellement dans les premières étapes d’une procédure d’expulsion. Selon le journal The Guardian, il était incarcéré pour intrusion avec intention de vol.
La police n’a été informée de cette libération tardive que ce mardi, près d’une semaine après que l’intéressé a quitté la détention. Des sources citées par la BBC suggèrent que le personnel pénitentiaire de la prison de HMP Wandsworth n’aurait pas immédiatement constaté l’absence du détenu dans sa cellule.
Cet événement survient peu de temps après une libération erronée similaire concernant un autre migrant. Hadush Kebatu, un ressortissant éthiopien, avait été relâché d’une prison de l’Essex malgré sa condamnation pour deux agressions sexuelles sur une mineure de 14 ans et une femme. Il avait été condamné à 12 mois de prison en septembre. Après près de trois jours de cavale, il avait été appréhendé et finalement expulsé du territoire britannique.
Ces récents incidents ont provoqué de vives réactions au Parlement. Le vice-Premier ministre, David Lammy, a été interrogé à plusieurs reprises par des députés conservateurs, mais a refusé de commenter l’erreur. Quelques minutes après ses déclarations, des rapports concernant cette nouvelle libération ont filtré, poussant le secrétaire d’État fantôme à l’Intérieur, Chris Philp, à accuser M. Lammy de dissimuler la vérité. Le bureau du Premier ministre, Keir Starmer, a par la suite qualifié l’incident d’« inacceptable » et a promis une enquête.
La colère montante face à l’immigration alimente les manifestations à travers le Royaume-Uni ces derniers mois. Les dernières statistiques gouvernementales indiquent que 220 migrants ont traversé la Manche à bord de petites embarcations durant la semaine du 26 octobre, un chiffre dépassant les quelque 600 recensés la semaine précédente.