Le groupe aéronaval américain mené par le porte-avions USS Ford a reçu l’ordre de quitter les Caraïbes et de se diriger vers le Moyen-Orient, une décision qui intervient dans un contexte de tensions persistantes avec l’Iran. Ce déploiement, initialement prévu pour sept mois, pourrait s’étendre jusqu’en avril ou mai 2025, renforçant la présence militaire américaine dans une région déjà fragilisée par le conflit israélo-palestinien.
Selon deux responsables américains ayant connaissance de la situation, le USS Ford rejoindra le groupe aéronaval USS Abraham Lincoln, déjà positionné dans la région. Ce changement de cap intervient quelques jours après que le président Donald Trump ait évoqué la possibilité de nouvelles négociations avec Téhéran, des discussions qui semblent avoir échoué. Un haut responsable iranien de la sécurité nationale s’est en effet rendu cette semaine en Oman et au Qatar pour des échanges avec des intermédiaires américains.
Les pays arabes du Golfe ont exprimé leur inquiétude quant au risque d’escalade, avertissant qu’une nouvelle attaque pourrait déclencher un conflit régional plus large, alors que le Moyen-Orient est encore marqué par la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Parallèlement, l’Iran est confronté à une pression interne croissante, marquée par l’organisation de cérémonies de deuil de 40 jours pour les victimes de la répression des manifestations nationales survenue le mois dernier.
Le déploiement du USS Ford marque un revirement stratégique. Initialement envoyé en Méditerranée, puis redirigé vers les Caraïbes en octobre 2023, le porte-avions avait été impliqué dans la préparation d’une opération visant à interpeller le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse. Cette mission, qui s’est concrétisée le mois dernier, semble désormais reléguée au second plan face à la situation au Moyen-Orient.
Cette décision apparaît également comme une divergence par rapport à la stratégie de sécurité nationale de Donald Trump, qui met l’accent sur l’hémisphère occidental. Le président américain a d’ailleurs averti l’Iran que l’échec à parvenir à un accord avec son administration serait « très traumatisant ». Il a également évoqué la possibilité d’envoyer un deuxième groupe aéronaval dans la région.
Lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mercredi, Donald Trump a insisté sur la nécessité de poursuivre les négociations avec l’Iran. Netanyahu a appelé l’administration américaine à exercer des pressions sur Téhéran pour qu’elle réduise son programme de missiles balistiques et mette fin à son soutien aux groupes militants tels que le Hamas et le Hezbollah dans le cadre de tout accord.
L’USS Ford a entamé son déploiement fin juin 2023. L’équipage pourrait donc être déployé pendant huit mois dans les deux semaines à venir. La durée exacte de sa présence au Moyen-Orient reste incertaine, mais cette décision prépare l’équipage à une mission potentiellement longue. La Maison Blanche n’a pas immédiatement commenté cette information.
En Iran, le deuil national s’intensifie. Des vidéos diffusées en ligne montrent des personnes se rassemblant dans différentes régions du pays pour commémorer les victimes de la répression. Dans un cimetière de la province de Razavi Khorasan, des participants ont chanté « Ey Iran », un hymne patriotique datant de l’époque du Shah Mohammad Reza Pahlavi, initialement interdit après la révolution islamique de 1979, mais depuis réapproprié par le gouvernement iranien.