Le Ghana a lancé une enquête et demandé l’aide de la Russie pour retrouver un homme soupçonné d’avoir filmé et diffusé des vidéos à caractère sexuel de femmes sans leur consentement. L’individu, identifié par certains médias comme un blogueur spécialisé dans la séduction, aurait quitté le pays, mais les autorités ghanéennes déterminées à le poursuivre.
Le ministre ghanéen des Technologies, Sam George, a confirmé avoir convoqué l’ambassadeur de Russie à Accra pour discuter de cette affaire. « J’ai invité l’ambassadeur de Russie au Ghana à une réunion », a-t-il déclaré, ajoutant que les actions de ce citoyen russe violent les lois ghanéennes sur la cybersécurité. « J’indiquerai officiellement à l’ambassadeur notre position officielle. »
Une première enquête suggère que le suspect a probablement quitté le Ghana, mais selon un responsable ghanéen, cela n’atténue en rien la gravité des faits présumés. « Ce monsieur sera recherché, nous activerons toutes les ressources à notre disposition en collaboration avec Interpol », a affirmé M. George. Le Ghana compte sur la coopération de Moscou pour l’extradition de l’homme, afin qu’il « soit confronté aux rigueurs de notre loi ». À défaut de retour volontaire, le ministre a précisé qu’un procès par contumace serait envisagé.
Les médias africains et russes ont identifié le suspect comme un « pick-up artist » et blogueur d’une trentaine d’années. Il aurait secrètement filmé ses interactions avec des femmes au Ghana, potentiellement à l’aide de lunettes de soleil équipées d’une caméra, puis diffusé ces images sur les réseaux sociaux. Les autorités n’ont pas confirmé l’utilisation de lunettes-caméras.
Cette affaire intervient alors que le Ghana renforce sa lutte contre les abus en ligne, notamment l’extorsion sexuelle et les escroqueries amoureuses. En 2022, un réparateur de téléphones, Solomon Doga, a été condamné à 14 ans de prison pour avoir partagé des images intimes d’une femme sans son consentement et tenté de l’extorquer. La loi ghanéenne sur la cybersécurité de 2020 prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison pour la diffusion d’images explicites sans consentement.
Par ailleurs, des médias locaux rapportent que le même homme aurait été impliqué dans des actes similaires au Kenya. Le Ghana a récemment introduit des lois plus strictes pour punir le partage de photos ou de vidéos nues en ligne, en particulier celles de femmes et d’enfants, souvent dans un but de vengeance ou de chantage.