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Un sixième jour de comédie hooligane et de science-fiction paranoïaque

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Publié le 16 octobre 2025 à 14:18:00. La sixième journée du Festival de Sitges a été marquée par un mélange d’enthousiasme et de frénésie, avec la présentation de films inclassables et la récompense de cinéastes audacieux. Entre la science-fiction paranoïaque de Ben Wheatley et la satire sociale décapante de Park Chan-wook, la programmation a tenu ses promesses.

  • Le réalisateur britannique Ben Wheatley, connu pour son approche audacieuse du cinéma de genre, a été honoré du Prix Màquina del Temps.
  • Le virtuose sud-coréen Park Chan-wook a présenté No Other Choice, une comédie acérée acclamée par le public.
  • Luger, premier long-métrage de Bruno Martin, a marqué la compétition Òrbita avec son thriller indépendant.

L’espace-temps semble s’être déformé à Sitges lors de cette sixième journée du festival, jonglant entre euphorie et frénésie. L’une des grandes raretés de l’édition, le film Bulk, a vu la présence de son réalisateur atypique, Ben Wheatley, figure singulière du cinéma britannique contemporain. Le cinéaste s’est vu remettre le Prix Màquina del Temps en reconnaissance de sa filmographie déconcertante.

La comédie la plus incisive n’était pas en reste, s’invitant à travers l’imposant No Other Choice, œuvre du talentueux Park Chan-wook. L’auteur de classiques du postmodernisme tels que Oldboy (Meilleur film à Sitges en 2004) ou I’m a Cyborg, But That’s OK (Meilleur scénario en 2006), a clôturé le flot de buzz accumulé ces derniers jours dans la compétition méditerranéenne, avant la projection très attendue de son nouveau long-métrage.

Distingué par le prix du public du meilleur film international au Festival de Toronto et nominé pour le Lion d’or à Venise, No Other Choice pourrait bien s’affirmer comme l’une des grandes sensations de cette édition. Chan-wook, maître dans l’art de la mise en scène millimétrée et du détail soigné, livre ici une relecture audacieuse du roman éponyme de l’écrivain américain Donald Westlake, déjà porté à l’écran par Costa-Gavras dans Hanna K.. Le réalisateur sud-coréen déploie une fois de plus les ressorts de son univers singulier, oscillant avec aisance entre l’ordre et le chaos, à travers une satire virulente du capitalisme sauvage, de la société numérique et de l’hypocrisie ambiante.

Après vingt-cinq années passées dans une entreprise papetière, le jeune Man-soo, interprété par le charismatique Lee Byung-hun, se retrouve soudainement licencié. Le désespoir de subvenir aux besoins de sa famille le pousse alors à élaborer un plan peu orthodoxe pour éliminer la concurrence. Les spectateurs présents à l’auditorium, où l’affluence était telle qu’une épingle n’aurait pu tomber, ont manifesté leur enthousiasme pour cette nouvelle œuvre de Park Chan-wook.

Ben Wheatley, caméléon du cinéma de genre, a déjà laissé sa marque avec des œuvres marquantes dans le fantastique, l’horreur et la comédie noire. Des débuts singuliers comme Down Terrace, au film fascinant Kill List, présenté à Sitges en 2011, Wheatley s’est imposé comme un auteur polyvalent, n’hésitant pas à explorer de nouveaux territoires. On se souvient également de l’excentrique Sightseers (Prix du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour Alice Lowe à Sitges en 2012) et de la parabole nihiliste et glaçante High-Rise, adaptation audacieuse du roman de J.G. Ballard. Son précédent film, In the Earth, présenté en 2021, avait quant à lui exploré les méandres d’un thriller psychologique pandémique, mêlant humour et terreur.

Bulk, pièce maîtresse de la sélection officielle de cette année, marque le retour de Wheatley vers une paranoïa assumée, après des incursions dans le cinéma grand public avec la suite de The Meg et une série pour Netflix. Le réalisateur opte ici pour un retour aux sources, revisitant le thriller sous un angle labyrinthique, mêlant erreurs scientifiques, êtres multidimensionnels et portes vers d’autres univers, n’excluant pas quelques échos à l’œuvre de David Lynch. Bulk s’affirme comme une curiosité fantastique majeure de l’année, mais aussi comme une lettre d’amour au cinéma indépendant flirtant avec la théorie des cordes.

Le casting, composé de Noah Taylor, Alexandra Maria Lara, Sam Riley et Marc Monero, a accompagné le cinéaste lors d’une rencontre avec la presse et le public. Ils ont partagé leurs réflexions sur la liberté créative et les défis financiers liés à la production de films, ainsi que sur le processus de conception du film et l’inspiration tirée de Citizen Kane pour le générique de fin.

La projection de Bulk à l’Auditorium Meliá a culminé avec la remise du Prix Màquina del Temps à Ben Wheatley, saluant la création d’une filmographie déconcertante et inclassable.

La présentation de Luger, premier long-métrage de l’espagnol Bruno Martin, a marqué la compétition Òrbita. Le réalisateur, le co-auteur Santiago Taboada, le compositeur Levi Música, le producteur exécutif Raúl Cerezo, ainsi que les acteurs David Sainz et Mario Mayo, étaient présents pour ce thriller indépendant.

L’affiche du film, où figure une arme, annonce la couleur. Le Luger, pistolet semi-automatique utilisé par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale, est découvert par deux amis dans le coffre d’une voiture volée. Sa tentative de revente déclenche la colère d’un chef de gang criminel désireux de le récupérer à tout prix.

Luger mêle intrigue complexe et argot de banlieue, transposition par Bruno Martin de sa passion pour le cinéma d’action des années 80 dans un « microcosme de la banlieue de Madrid ». Le film aborde des thèmes classiques du western tels que l’honneur, le sacrifice et la vengeance, explorant la fraternité entre malfrats et s’inspirant de classiques comme Winchester ’73 d’Anthony Mann et Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa.

Parallèlement, dans la salle Escorxador, le public a découvert CAMP, une plongée angoissante dans la culpabilité signée Avalon Fast, et Everything That Moves, nouvel opus psychédélique d’Alex Phillips, qui nous transporte dans un Chicago sombre à travers une photographie 16 mm soignée. L’intrigue suit un jeune homme impliqué dans une série de meurtres, avec la participation des actrices porno Nina Hartley et Ginger Lynn.

Au cinéma Prado, Crushed, nouveau thriller du réalisateur britannique Simon Rumley, a tendu les fils de l’angoisse. Le film raconte l’histoire d’une famille dont la foi et la résilience sont mises à l’épreuve suite à l’enlèvement de leur jeune fille à Bangkok. Le casting international comprend Sahajak Boonthanakit, Nadech Chatwin et Kevin Lea de Davies.

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