Publié le 2025-11-08 08:05:00. Quatre skieurs ont été pris dans une avalanche naturelle dans le ravin de Tuckerman, dans le New Hampshire, jeudi 6 novembre. L’incident, bien que sans blessés graves, souligne la rapidité avec laquelle des conditions apparemment gérables peuvent basculer en danger mortel dans ce type de terrain escarpé.
- Un groupe de quatre skieurs a été surpris par une coulée de neige déclenchée spontanément dans le ravin de Tuckerman.
- Un skieur a été emporté sur une trentaine de mètres, tandis que le ski d’un autre a été arraché.
- Le Mount Washington Avalanche Center (MWAC) a analysé l’incident, rappelant les dangers inhérents à ce site réputé.
L’incident s’est produit alors que le groupe se divisait en deux pour aborder différentes sections du ravin. Le groupe A, se dirigeant vers la « Chute » et tentant une traversée sous une paroi rocheuse, a été pris par une avalanche de neige peu cohésive. La masse de neige s’est déversée dans l’entonnoir, entraînant un skieur et arrachant le ski d’un autre. Un membre du groupe B, témoin de la scène, a vu la coulée s’étendre sur une centaine de pieds vers le nord.
Selon les observations détaillées du MWAC, la zone de départ de l’avalanche présentait une couche de neige supérieure à 30 cm. La zone de fuite s’étendait sur environ deux terrains de football, érodant jusqu’à la roche par endroits, avec des débris atteignant plus de 3 mètres de profondeur dans la goulotte. Le centre a également relevé un transport de neige important dû au vent et des signes de faiblesse structurelle comme des fissures et des effondrements sur les reliefs convexes.
Il est à noter que tous les membres du groupe possédaient une solide expérience en ski, alpinisme et guidage, ayant même participé à des opérations de sauvetage sur ce terrain. Malgré leur expertise, l’incident rappelle que le ravin de Tuckerman est intrinsèquement dangereux en raison de sa pente, de son étroitesse et de ses entonnoirs naturels qui peuvent amplifier le risque d’avalanche. Le MWAC insiste sur le fait qu’un bulletin d’avis général de « risque faible » ne doit pas occulter l’existence de zones isolées à haut risque.
Face à ce type de terrain, le MWAC recommande vivement de considérer chaque couloir et entonnoir indépendamment, car des pièges peuvent ne pas être apparents sur les cartes. Il est conseillé d’éviter de créer des traces sur ou sous des zones connues pour être des trajectoires de glissement ou des zones de retournement. L’équipement de sécurité (DVA, pelle, sonde) et une connaissance approfondie de son utilisation sont indispensables, tout comme la vigilance face aux signes avant-coureurs comme le transport de neige par le vent et les fissures. Le MWAC encourage également à consulter régulièrement leurs bulletins et rapports pour des mises à jour en temps réel, soulignant que le terrain peut rapidement devenir instable, même en début de saison.
L’organisme de surveillance rappelle que la montagne elle-même génère le danger d’avalanche, et que la prudence est de mise dans ces environnements exigeants. L’incident du 6 novembre n’est pas attribué à une faute de jugement, mais à la nature inhérente du terrain. « La montagne fait ce qu’elle fait, elle accumule sans effort le danger d’avalanche. Et lorsque vous êtes dans son domaine, il est préférable de respecter ses règles avec prudence », conclut le rapport.
Pour plus de détails sur l’observation du MWAC, consultez : mountwashingtonavalanchecenter.org.