Publié le 2026-02-19 23:04:00. L’ancien président sud-coréen Yun Suk-yeol a été condamné à la prison à vie pour rébellion, après avoir décrété la loi martiale en décembre 2024 et tenté de réprimer le Parlement. Cette décision sans précédent souligne la détermination de la Corée du Sud à défendre ses institutions démocratiques face aux dérives autoritaires.
- Yun Suk-yeol a été reconnu coupable d’avoir tenté de prendre le pouvoir par la force en imposant la loi martiale.
- Plusieurs anciens hauts responsables de son administration ont également été condamnés à des peines de prison.
- La Corée du Sud, marquée par son passé sous des régimes militaires, affiche une forte sensibilité aux menaces contre sa démocratie.
La justice sud-coréenne a infligé une peine de prison à vie à l’ancien président Yun Suk-yeol, jugé coupable d’avoir orchestré une tentative de coup d’État en déclarant la loi martiale le 3 décembre 2024. L’ancien chef de l’État avait alors ordonné le déploiement de soldats au Parlement, invoquant des menaces provenant de Corée du Nord et de « forces anti-étatiques ». Cette action, qui a duré seulement six heures avant d’être annulée suite à un vote unanime du Parlement, a été perçue comme une tentative de bloquer le travail législatif et de réprimer l’opposition.
Le juge Chi Qui-yong a souligné le manque de remords de l’accusé lors de la lecture du verdict.
« La déclaration de la loi martiale a eu un impact énorme sur la communauté, et il est difficile de trouver la moindre indication que l’accusé ait exprimé des remords. »
Juge Chi Qui-yong
Les procureurs avaient initialement requis la peine de mort, estimant que les actes de Yun Suk-yeol constituaient une menace directe pour la démocratie. Bien que la peine capitale soit encore légalement possible en Corée du Sud, elle n’a pas été appliquée depuis 1997, et un moratoire officieux est en vigueur. La décision de prononcer la prison à vie reflète probablement le fait que la tentative de prise de pouvoir n’a pas entraîné de pertes en vies humaines.
Yun Suk-yeol avait déjà été condamné à cinq ans de prison pour résistance à son arrestation et est également confronté à d’autres accusations. Il a le droit de faire appel de la décision, mais les chances de succès semblent minces. L’ancien Premier ministre, Han Doksa, a quant à lui été condamné à 23 ans de prison en lien avec cette affaire de rébellion en janvier dernier. L’épouse de l’ancien président, Kim Kyong-hee, a également été condamnée à 20 mois de prison en janvier, mais pour des faits de corruption sans lien direct avec la tentative de coup d’État.
L’ancien président avait tenté de justifier sa décision en affirmant qu’il souhaitait simplement alerter l’opinion publique sur l’obstruction du Parlement, dominé par les libéraux, au travail du gouvernement. Il prétendait être ouvert à la discussion avec les législateurs s’ils avaient voté contre la loi martiale. Cependant, les procureurs ont rejeté cet argument, insistant sur le fait que Yun Suk-yeol avait cherché à empêcher le Parlement de voter et à outrepasser ses pouvoirs, même en vertu de la loi martiale. Selon le tribunal, son objectif était de « déployer des soldats à l’Assemblée nationale, de bloquer le bâtiment et de détenir les figures clés, y compris le président de l’Assemblée et les dirigeants des partis au pouvoir et de l’opposition, afin d’empêcher les législateurs de se réunir et de voter ».
Cet épisode a exacerbé les tensions politiques en Corée du Sud, où la polarisation entre les camps conservateur et libéral s’est intensifiée ces dernières années. Le Parti du pouvoir populaire, représentant la droite, et le Parti démocrate, représentant la gauche, se livrent une lutte acharnée pour le contrôle du pays. Les observateurs estiment que Yun Suk-yeol a pris la décision d’imposer la loi martiale en raison de son incapacité à gérer la situation politique, alors qu’il n’existait aucune justification sérieuse à une telle mesure. Après les élections d’avril 2024, son parti était resté minoritaire au Parlement, et les libéraux avaient bloqué l’adoption du budget et tenté de destituer plusieurs membres de son gouvernement.
La Corée du Sud a connu une longue histoire de régimes militaires et de coups d’État après la Seconde Guerre mondiale, avec 16 déclarations de loi martiale au total. Cependant, le pays a progressé vers la démocratie dans les années 1980. L’affaire Yun Suk-yeol rappelle la fragilité des institutions démocratiques et la nécessité de les défendre contre toute tentative de dérive autoritaire. Comme le souligne la BBC, de nombreux anciens présidents sud-coréens ont été emprisonnés pour corruption, mais ont souvent bénéficié d’un pardon ultérieur au nom de l’unité nationale. Il reste à voir si le même sort attend Yun Suk-yeol, âgé de 65 ans.
Choisissez votre plateforme de réseau social pour suivre LASI.LV : Facebook, X, Ciel bleu, Pour les amis, Sujets ou bien Instagram. Rejoignez notre lectorat pour recevoir du contenu utile, pratique et actualisé spécialement sélectionné pour vous.
Inscrivez-vous à la newsletter de l’éditeur LASI.LV ici.
Inscrivez-vous à la newsletter et recevez deux fois par semaine un résumé détaillé de l’actualité du rédacteur en chef de LASI.LV, des avis compétents et des interviews les plus intéressantes.
Ce que vous obtiendrez :
- Commentaires divers et compétents Médias lettons avis de journalistes et d’auteurs sur l’actualité
- Commentaires d’experts sur une variété de sujets pratiques et utiles
- Matériel fascinant sur l’histoire, la psychologie et la culture
- La caricature de Šlūkas est prête
- Dans votre boîte de réception tous les jeudis