Publié le 2025-10-16 11:27:00. Une importante zone de faiblesse du champ magnétique terrestre, baptisée Anomalie de l’Atlantique Sud (AAS), continue de s’étendre et d’évoluer, révèlent de nouvelles analyses basées sur des images satellites. Cette région, d’une taille comparable à celle de l’Europe, suscite l’attention des scientifiques quant à ses répercussions potentielles.
- L’Anomalie de l’Atlantique Sud (AAS) montre une intensification de ses deux pôles depuis 2014, une évolution observée par la mission Swarm de l’Agence spatiale européenne (ESA).
- Cette zone couvre désormais 1% de surface terrestre en plus qu’il y a dix ans, ce qui équivaut à environ la moitié de la superficie des États-Unis.
- Bien que ses origines ne soient pas entièrement élucidées, les chercheurs pointent des instabilités dans le noyau externe de la Terre, composé de fer liquide, comme cause probable de ces fluctuations magnétiques.
L’Anomalie de l’Atlantique Sud (AAS), située entre l’Amérique du Sud et l’Afrique, est une vaste région où le champ magnétique terrestre est significativement plus faible. Les observations récentes, détaillées dans la revue Physics of the Earth and Planetary Interiors, indiquent que cette anomalie non seulement s’étend, mais évolue également de manière complexe. Depuis 2014, les scientifiques ont constaté une intensification et un affaiblissement de son intensité magnétique, témoignant d’une dynamique interne complexe. Les données de la mission Swarm de l’ESA, lancée en 2013, ont été cruciales pour cartographier précisément ces variations, permettant de mesurer les signaux magnétiques provenant des différentes couches de la Terre. Ces satellites ont notamment permis de détecter un mouvement vers l’ouest de l’anomalie au-dessus de l’Afrique.
Le champ magnétique terrestre, généré par le mouvement du fer et du nickel liquides à quelque 3 000 kilomètres sous la surface, agit comme un bouclier protecteur. Il dévie les particules solaires nocives et le rayonnement cosmique, préservant ainsi notre atmosphère et rendant la vie possible sur Terre. C’est également ce champ qui est responsable des spectaculaires aurores boréales et australes. L’expansion de l’AAS, bien que ne constituant pas une menace immédiate, soulève des questions quant à la sécurité spatiale. Les satellites traversant cette zone peuvent être exposés à des doses de rayonnement accrues, augmentant le risque de dysfonctionnements techniques ou de pannes temporaires. De même, les astronautes et les équipages en haute altitude pourraient subir une exposition légèrement supérieure aux rayonnements dans les régions où le champ magnétique est affaibli.
Le professeur Chris Finlay, expert en géomagnétisme à l’Université technique du Danemark, souligne que « l’AAS n’est pas qu’un seul bloc. Elle évolue différemment vers l’Afrique par rapport à l’Amérique du Sud voisine. Quelque chose de spécial se produit dans cette région qui affaiblit encore plus intensément le champ ». Comprendre les causes exactes de l’AAS et anticiper l’évolution de ce bouclier magnétique est donc d’une importance capitale pour les chercheurs, afin de mieux appréhender les dynamiques du noyau terrestre et leurs conséquences sur notre environnement spatial.