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Une histoire secrète de Lord Londonderry

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L’histoire irlandaise, tant au Nord qu’au Sud, a été marquée par des flirtations troublantes avec l’idéologie fasciste dans l’entre-deux-guerres. Des recherches récentes mettent en lumière un protagoniste inattendu de cette période sombre : Lord Londonderry, aristocrate britannique et ancien ministre, dont les liens avec le régime nazi ont longtemps été minimisés, voire ignorés.

Si le fascisme s’est manifesté en Irlande du Sud avec des mouvements comme les Chemises bleues et les Architectes de la Résurrection, et au Nord avec l’Union britannique des fascistes d’Oswald Mosley et les Fascistes d’Ulster, l’engagement de Londonderry prend une dimension particulière. Des documents récemment examinés révèlent un homme qui, loin d’être un simple naïf, a entretenu des relations étroites avec les dirigeants nazis et a activement promu une politique d’apaisement.

Londonderry, fervent défenseur du dialogue avec l’Allemagne nazie, a tissé des liens personnels avec Joachim von Ribbentrop, Hermann Göring, Rudolf Hess et même Adolf Hitler lui-même. Il a rendu visite à Hitler à plusieurs reprises, en 1936 et en octobre de la même année, et a loué le régime nazi, invitant Ribbentrop dans son domaine. Il a également soutenu la création d’une bourse anglo-allemande visant à favoriser la compréhension mutuelle entre les élites britanniques et allemandes.

« Selon les règles du gentleman », croyait Londonderry, les Juifs fortunés seraient en sécurité, même en cas de catastrophe. Cette conviction, implicitement antisémite, témoigne d’une profonde incompréhension de la nature du nazisme. Ses correspondances avec des hauts gradés allemands suggèrent qu’il acceptait l’idéologie nazie ou, à tout le moins, qu’il la craignait au point de chercher à l’apaiser.

À une époque où le gouvernement britannique était divisé sur la question de l’apaisement, Londonderry s’est fermement rangé du côté de ceux qui prônaient le dialogue avec Hitler. Il pensait que l’Allemagne était une nation lésée et que la seule solution était de lui accorder des concessions. Ses efforts ont rendu plus difficile pour les parlementaires de s’opposer à l’apaisement et ont involontairement fourni des arguments à la propagande nazie.

Ironiquement, Winston Churchill était un cousin de Londonderry. Malgré cela, Churchill a critiqué la politique de son cousin, lui faisant remarquer que celle-ci était « certainement en train d’être essayée ».

Alors que la situation en Europe se détériorait, Londonderry a continué à croire en la possibilité d’une « fête de la paix » négociée avec Hitler. Il restait préoccupé par l’expansion soviétique et, face à l’horreur qui se matérialisait, restait sympathique aux griefs allemands. Même après la signature du pacte germano-soviétique en août 1939, il a blâmé Chamberlain et Halifax pour ce qu’il considérait comme une erreur de la politique britannique.

Après le début de la Seconde Guerre mondiale, Londonderry a été confronté à la disgrâce nationale, bien que les allégations selon lesquelles toute sa famille était pro-nazie aient été étouffées. Il a ensuite consacré son énergie à l’effort de guerre, mais son passé trouble a continué de le hanter. Il a même proposé une référence de personnage pour Ribbentrop lors du procès de Nuremberg.

L’histoire de Lord Londonderry est un rappel troublant de la complexité de l’entre-deux-guerres et de la manière dont des personnalités influentes ont pu être aveuglées par leurs propres préjugés et ambitions, contribuant ainsi à l’ascension du nazisme.

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