Une tragédie a frappé le Texas : une mère, Naïma Hill, a perdu sa fille de 22 mois, Aveline, dans un terrible accident de voiture survenu en mai 2023. Quelques jours avant le drame, Naïma avait filmé un moment tendre et anodin, capturant le départ de sa petite Aveline, surnommée « Avy », en « aventure papa » au magasin Home Depot avec son père, David.
Ce souvenir, destiné à être regardé plus tard par sa fille, est aujourd’hui pour Naïma une source de douleur profonde. « J’enregistrais toujours des choses pour les montrer à mes enfants quand ils seraient grands. Qui aurait cru que ce serait pour moi de brailler en regardant ça au milieu de la nuit, mon bébé me manque », confie-t-elle, le cœur brisé.
L’accident s’est produit alors que Naïma et ses deux enfants, Avy et son frère Kade, alors âgé de 4 ans, se rendaient à l’étranger pour rendre visite à leur famille. Leur véhicule a été percuté par l’arrière par une voiture roulant à une vitesse de 105 km/h (66 miles par heure). Si Naïma et Kade ont miraculeusement survécu, Avy et le chien de la famille, Kemosabe, n’ont pas survécu à l’impact.
Avy était décrite par sa mère comme son « bébé bernache », inséparable et toujours désireuse d’être dans ses bras. « Les petites choses me manquent : elle allait partout avec moi, même si ce n’est que pour une minute, elle voulait être dans mes bras », se souvient Naïma. Elle décrit sa fille comme un concentré de joie et d’audace, heureuse d’être à l’extérieur, aimant sa famille, son chien, ses livres préférés, son cheval Baba et les bébés.
Face à une telle perte, Naïma souligne qu’il n’y a pas de guérison pour la perte d’un enfant. « La perte d’un enfant n’est pas quelque chose dont on se remet », explique-t-elle. « Quand quelque chose comme ça arrive, le monde entier est sombre et tout va mal, alors j’essaie désespérément de trouver et de faire le bien dans ce monde, de lui ramener un peu de soleil. »
Pour traverser cette épreuve, Naïma a trouvé un soutien précieux auprès d’amis qui lui permettent d’exprimer sa douleur sans jugement. « Avec ces quelques amis, nous avons pu dire que nous n’avons jamais vécu cela, et que nous ne connaissons pas les mots qui feront mal ou qui feront du bien, mais nos intentions et notre cœur sont à la bonne place », partage-t-elle. Cette confiance mutuelle permet des échanges honnêtes, sans crainte de dire la mauvaise chose ou d’être critiqué.
Naïma a également créé l’organisation à but non lucratif Avy’s Sunshine Tribe (AvysSunshineTribe.com) en l’honneur de sa fille, afin de diffuser de la lumière dans la communauté. L’initiative la plus marquante est le festival annuel gratuit des cerfs-volants d’Avy, inspiré de la tradition guatémaltèque de Sumpango. Cet événement permet aux familles de décorer et de faire voler des cerfs-volants en souvenir de leurs proches disparus. Les fonds récoltés servent à financer la construction d’une aire de jeux inclusive dans le quartier des Cèdres.
Pour soutenir ce projet, Naïma vend également des œuvres d’art, des autocollants et des vêtements à l’effigie d’Avy. « Je partage mon histoire, mon chagrin et ma perte en essayant d’exposer davantage de personnes à cette douleur profonde afin que chacun puisse avoir le sentiment de pouvoir toujours parler de sa perte et de la porter avec lui pour toujours », déclare-t-elle. « Répandre le soleil d’Avy est tout ce que je peux faire. »
Naïma milite activement pour que la parole sur le deuil se libère, rendant ainsi cette conversation moins taboue. Elle a notamment fait inscrire au dos des t-shirts du festival des cerfs-volants le message « Interrogez-moi sur mon cerf-volant », encourageant ainsi les conversations sur les êtres chers perdus. « Nous disons toujours : « Aimez-le à haute voix pour toujours » », insiste-t-elle, conseillant à tous de multiplier les photos et vidéos pour préserver au mieux les souvenirs précieux.