L’attrait des fonds négociés en bourse (ETF) axés sur les indices boursiers traditionnels pourrait s’éroder. De nombreux investisseurs, lassés de la simplicité apparente de ces placements, cherchent désormais une diversification plus poussée que ce que proposent les produits les plus populaires basés sur le S&P 500. Cette tendance pourrait marquer un tournant pour l’investissement passif tel que nous le connaissons.
« Je pense que les investisseurs regardent au-delà de l’approche, disons, « VOO and chill », où il suffit d’acheter l’indice dans un ETF, ce qui est une excellente approche, mais ils recherchent la diversification », a observé Gavin Filmore, directeur des revenus chez Tidal Financial Group, lors d’une intervention sur CNBC cette semaine. Il souligne que cette diversification n’est pas toujours trouvée dans le produit ou dans l’indice lui-même. Gavin Filmore fait référence ici au Vanguard S&P 500 ETF (VOO), un produit phare qui suit la performance de l’indice S&P 500, lequel a affiché une hausse d’environ 16 % depuis le début de l’année.
Todd Sohn, stratège technique et analyste ETF principal chez Strategas Securities, partage cette analyse et qualifie le déséquilibre actuel au sein de l’indice S&P 500 de « mot parfait ». Il met en avant le fait que le secteur technologique représente désormais plus de 35 % de l’indice, un niveau record. En contraste, les secteurs considérés comme plus défensifs, tels que les biens de consommation de base, les soins de santé, l’énergie et les services aux collectivités, n’affichent qu’une pondération historiquement faible de 19 % dans le S&P 500, selon les données de FactSet.
Face à ce constat, les investisseurs semblent se tourner vers d’autres horizons. Todd Sohn observe un regain d’intérêt marqué pour les actions de petites capitalisations. L’indice Russell 2000, qui regroupe ces entreprises, a récemment atteint un sommet historique. Il vient de connaître sa meilleure semaine depuis le mois d’août et affiche une progression de plus de 28 % sur les six derniers mois, surpassant ainsi nettement la performance du S&P 500. Ce mois-ci, le Russell 2000 a d’ailleurs franchi le seuil symbolique des 2 500 points pour la première fois.
« Je me demande si cet élargissement [de la diversification] se produit en dehors du secteur des grandes capitalisations, où les investisseurs sont à l’aise avec leur exposition à la technologie et à l’IA et recherchent d’autres voies », commente Sohn. Alors que les petites capitalisations gagnent du terrain dans les discussions, les poids lourds de la technologie seront néanmoins au centre de l’attention la semaine prochaine. Cinq des sept entreprises dites « Magnifique 7 » – Meta Platforms, Alphabet, Microsoft, Apple et Amazon – doivent en effet publier leurs résultats trimestriels.