Publié le 16 février 2026 18:53:00. La présidente par intérime du Venezuela, Delcy Rodríguez, a ordonné la fermeture de sept entités publiques, dont plusieurs créées sous l’administration de Nicolás Maduro, actuellement détenu aux États-Unis. Cette décision intervient dans un contexte de tensions politiques et pourrait marquer un tournant dans la gestion du pouvoir au Venezuela.
- Delcy Rodríguez a décrété la suppression de sept organismes publics, dont quatre créés sous la présidence de Nicolás Maduro.
- Ces entités dépendaient du Ministère de la Présidence de la République, désormais dirigé par un ancien membre de l’équipe de sécurité de Maduro.
- Des analystes estiment que cette mesure vise à consolider le pouvoir de Rodríguez et à répondre aux pressions internes et externes, notamment de la part des États-Unis.
La décision de Delcy Rodríguez, officialisée par un décret publié le 9 février, vise à « réorganiser le fonctionnement du ministère du Cabinet de la Présidence », selon les termes du texte. L’exécutif estime qu’une adaptation de la structure organisationnelle est nécessaire pour répondre aux « nouvelles orientations et politiques de l’ordre social ». Le décret justifie également cette réorganisation par la nécessité d’apporter des « changements pertinents qui cherchent à satisfaire les intérêts collectifs ».
Parmi les organismes concernés figure le Centre Stratégique de Sécurité et de Protection de la Patrie (CESPPA), créé en 2013. Cette agence de renseignement, rattachée à la présidence, avait pour mission de collecter et d’analyser les informations relatives à la sécurité nationale. Sont également concernées la Fondation Mission Socialiste Nouvelle Frontière de la Paix, le Mouvement Révolutionnaire Bolivarien Fondation de la Réserve Active Générale en Chef Félix Antonio Velásquez, et la Robert Serra Jeunesse de la Homeland Mission Foundation, toutes créées sous l’ère Maduro. La liste comprend également la Fondation Propatria 2000 et la Fondation du Bureau Présidentiel des Plans et Projets Spéciaux (OPPPE), lancées par Hugo Chávez, ainsi que la Fondation José Félix Ribas (Fundaribas), établie dès 1986 sous la présidence de Jaime Lusinchi.
Selon le politologue vénézuélien Luis Nunes, cette suppression représente « un coup très précis porté au cœur du madurisme… qui est désormais dirigé par Mme Rodríguez ». Il estime que cette décision pourrait être le résultat d’une directive directe du président américain Donald Trump, transmise par son secrétaire d’État, Marco Rubio. Nunes compare cette situation à celle des États-Unis, où Trump avait fermé les bureaux de l’USAID et démantelé des ONG liées aux partis républicain et démocrate.
L’analyste Vladimiro Mujica, président de Venamérica, une association civile basée aux États-Unis, considère que cette initiative s’inscrit dans une stratégie politique de Delcy Rodríguez visant à préserver le pouvoir face aux pressions internes et externes. Il souligne que ces programmes n’étaient pas conçus comme des politiques sociales traditionnelles, mais plutôt comme des instruments de contrôle social basés sur des prestations conditionnelles, la dépendance économique et la loyauté politique.
« Ils n’ont jamais été conçus pour aider les gens, pour aider les Vénézuéliens. Ils ont toujours été conçus pour contrôler la population, que ce soit par la faim, la peur, la répression ou une combinaison de toutes ces choses. »
Vladimiro Mujica, président de Venamérica
Mujica anticipe que le démantèlement de ces structures pourrait faciliter une éventuelle transition future en éliminant les réseaux parallèles qui, selon lui, faussent le fonctionnement institutionnel de l’État. Il prévient toutefois que cette mesure pourrait entraîner une confusion sociale et des réactions négatives de certains secteurs de la population. Il estime peu probable que l’Exécutif réduise le nombre d’employés publics, car ce secteur constitue un « mécanisme clé de contrôle politique ». Il prévoit plutôt que le démantèlement des missions pourrait être compensé par de nouveaux systèmes d’allocation, tels que des primes financées par les revenus pétroliers.

Une fresque représentant l’ancien président vénézuélien Hugo Chávez est vue lors d’une marche de partisans du gouvernement à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse à Caracas, le 12 février 2026. (Photo de Federico PARRA / AFP).
/ FEDERICO PARRA