Publié le 2026-02-20 17:46:00. L’Orchestre Symphonique National des États-Unis a célébré l’approche du 4 juillet avec un programme entièrement américain au Kennedy Center, marqué par le remplacement de dernière minute de Béla Fleck par le clarinettiste Lin Ma, qui a offert une interprétation remarquable du Concerto pour clarinette de Copland.
- Le clarinettiste Lin Ma a brillamment interprété le Concerto pour clarinette d’Aaron Copland, remplaçant au pied levé Béla Fleck, qui s’est retiré en raison de tensions politiques perçues au sein du Kennedy Center.
- Le programme a inclus des œuvres de Copland et Gershwin, ainsi que Mosaïque américaine de Peter Boyer, une composition multimédia visant à promouvoir l’unité nationale.
- La soirée a également été l’occasion de mettre en avant le talent des musiciens du NSO sous la direction de Thomas Wilkins.
Alors que les États-Unis se préparent à célébrer le 250e anniversaire de leur indépendance, les institutions culturelles de Washington D.C. multiplient les initiatives pour rendre hommage à l’histoire et à la diversité du pays. Jeudi soir, au Kennedy Center Concert Hall, l’Orchestre Symphonique National (NSO), dirigé par Thomas Wilkins, a présenté un programme entièrement dédié à la musique américaine. Comme à l’accoutumée ces derniers mois, le concert a débuté par l’interprétation de La bannière étoilée.
Cependant, cette soirée a été marquée par un imprévu. Le banjoïste Béla Fleck, initialement prévu pour interpréter la Rhapsodie en bleu de Gershwin avec un arrangement spécifique pour son instrument, a annoncé son retrait. Dans une déclaration publique, Fleck a expliqué que se produire au Kennedy Center était devenu « chargé et politique, dans une institution où l’accent devrait être mis sur la musique ».
Heureusement, le NSO a pu compter sur la présence de son clarinettiste principal, Lin Ma, pour assurer le remplacement. Ma a interprété le Concerto pour clarinette d’Aaron Copland, une œuvre rarement jouée, presque aussi peu que le Concerto pour clarinette du compositeur. Ce concerto avait été initialement commandé par Benny Goodman, mais Copland avait dû en simplifier certaines difficultés pour l’adapter au clarinettiste de jazz.
Lin Ma n’a rencontré aucun de ces obstacles. Son timbre velouté a traversé l’étendue du registre et les mélodies complexes du premier mouvement lent. Accompagné de cordes délicates et d’une harpe scintillante, l’atmosphère était à la fois romantique et mélancolique, les harmonies sophistiquées de Copland évoquant une certaine nostalgie américaine. Lorsque l’orchestre s’est éteint dans le silence, Ma s’est lancé dans les harmonies agitées de la cadence soliste, faisant le pont vers le deuxième et dernier mouvement.
Le piano a rejoint la texture éparse de ce mouvement infusé de jazz, ajoutant une dimension percussive aux cordes pizzicato. Les changements métriques complexes et constants n’ont pas toujours parfaitement fusionné avec l’orchestre, malgré la direction précise de Wilkins. La ligne slap pizzicato des contrebasses a constitué un moment fort, servant de toile de fond aux lignes plus bluesy du piano et du soliste.
Ma a choisi de restaurer la coda originale de Copland dans le concerto, plutôt que la version simplifiée destinée à Goodman, culminant sur une note aiguë et éclatante atteinte sans effort apparent. Copland avait prévu que le clarinettiste termine par un glissando ascendant, un geste qui faisait écho à l’ouverture de la Rhapsodie en bleu, l’œuvre initialement prévue pour la soirée, complétant ainsi un ensemble compact et représentatif de la musique américaine qui mérite d’être redécouvert.
La soirée s’est poursuivie avec d’autres œuvres de Copland, notamment les quatre épisodes de danse de Rodeo, issus du ballet chorégraphié par Agnès de Mille en 1942. Avec son instrumentation plus ample et ses nombreuses références à des chansons folkloriques américaines, cette pièce a rencontré un public plus large que le concerto plus expérimental.
En ouverture de soirée, l’orchestre a présenté Mosaïque américaine de Peter Boyer, une œuvre multimédia composée de fragments musicaux anciens et nouveaux, accompagnée d’une vidéo d’images patriotiques américaines de Joe Sohm. Wilkins a dirigé cette pièce de manière un peu superficielle, contraint par la piste de clic qui synchronisait la musique avec la vidéo.
Lancé en 2023, ce projet visait à éviter la controverse et à se concentrer sur des thèmes universels : paysages naturels, fermes imposantes, vétérans militaires et la diversité des populations qui composent le pays. La musique de Boyer, dans un style hollywoodien sucré, avait la même ambition, avec des résultats qui se sont avérés anodins, répétitifs et finalement peu mémorables. Le diffuseur John Milewski a lu le scénario sentencieux, attribué à Boyer et Sohm, avec une certaine émotion.
L’Orchestre Symphonique National des États-Unis a célébré la grandeur américaine avec une palette d’expressions musicales variées, à quelques pas de la Maison Blanche. On ne peut qu’espérer que l’ancien président Trump renoncera à son projet controversé de marquer la signature de la Déclaration d’Indépendance en fermant les portes de cette institution musicale.
Le programme sera repris les 20 et 21 février à 20h00 et le 22 février à 15h00. kennedy-center.org