Home Divertissement What’s on your bookshelf: S.T.A.L.K.E.R. and GSC Game World’s Mariia Grygorovych

What’s on your bookshelf: S.T.A.L.K.E.R. and GSC Game World’s Mariia Grygorovych

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L’industrie du jeu vidéo se tourne de plus en plus vers la littérature pour trouver l’inspiration et la réflexion. Mariia Grygorovych, productrice exécutive chez GSC Game World, partage ses lectures actuelles et passées, révélant un intérêt profond pour la psychologie, l’histoire et la puissance narrative.

Grygorovych lit actuellement Le Corps Mémoire de Bessel van der Kolk, un ouvrage explorant les conséquences durables des traumatismes. Elle explique : « Le traumatisme ne se termine pas avec l’événement. Il continue de vivre à l’intérieur d’une personne – dans le système nerveux, dans les réactions automatiques, dans la façon dont nous construisons l’intimité, dans le sentiment même de sécurité ou son absence totale. Le traumatisme n’est pas seulement un souvenir. C’est un état présent. »

Sa lecture récente l’a ramenée à Isaac Asimov et à sa saga Fondation. Elle y voit un parallèle frappant : « Là aussi, il s’agit de mémoire – mais cette fois, une mémoire civilisationnelle. Peut-on prédire l’effondrement d’un empire ? Le savoir (même un fragment) peut-il sauver une culture ? Chaque empire finit par mourir, mais les idées, elles, perdurent. » Elle est particulièrement attirée par la tension entre l’individu et le système, la liberté et le déterminisme, le chaos et l’ordre.

Pour ses prochaines lectures, Grygorovych se tourne vers le Classique des Montagnes et des Mers (Shanhai Jing), un texte ancien chinois. Elle est motivée par un respect profond pour l’imagination originelle de l’humanité, une époque où le monde n’était pas encore réduit à des explications rationnelles. « Quand un monstre était simplement une façon de nommer et d’expliquer une montagne. Quand la mer n’était pas une géographie – mais un mythe, une menace vivante et un mystère. » Elle s’interroge sur la manière dont les hommes ont construit la réalité avant l’avènement de la science, soulignant que nous continuons de le faire aujourd’hui, avec des outils différents.

Plusieurs citations littéraires résonnent particulièrement chez elle. De Le Petit Prince, elle retient : « Tous les grands ont été des enfants… mais seulement quelques-uns s’en souviennent. » Elle y voit une perte de la capacité à percevoir l’essence des choses. De Viktor Frankl, dans Man’s Search for Meaning, elle cite : « Tout peut être enlevé à un homme, sauf une chose : la dernière des libertés humaines – de choisir son attitude dans n’importe quelle situation donnée. » Elle considère cela comme une puissante affirmation de la souveraineté intérieure, un dernier refuge lorsque le monde extérieur s’effondre.

Grygorovych recommande vivement Le Dragon d’Evgueni Schwartz, qu’elle décrit comme une allégorie du tyran intérieur et de l’oppression collective. « On peut tuer le dragon, mais son ombre continue de vivre dans les gens – et grandit parfois même. » La leçon ultime, selon elle, est qu’il est plus difficile de ne pas devenir le dragon après l’avoir vaincu.

Enfin, elle exprime son souhait de voir une adaptation vidéoludique des Mille et Une Nuits, dans leur version originale. Elle souligne le pouvoir transformateur de la narration : « Shéhérazade ne se contente pas de raconter des histoires. Elle change la réalité avec des mots. Une histoire devient une arme. Une histoire devient un bouclier. Une histoire devient un moyen de repousser la mort – nuit après nuit. » Elle conclut en soulignant que tout se ramène à la mémoire, au pouvoir du récit et à la construction du monde à travers les histoires, se demandant qui les raconte et comment.

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