Alors que les Florida Panthers redéfinissent la notion de dynastie en NHL, la saison 2025-26 s’annonce comme une période décisive pour treize autres équipes cherchant à prouver leur valeur. Des prétendants historiques aux jeunes loups en passant par les équipes en déclin, toutes ont un récit à réécrire, à l’instar de ce que les Panthers ont accompli il y a quelques années.
L’ombre imposante des Florida Panthers, auteurs d’une performance historique avec trois finales consécutives de la Coupe Stanley et deux titres, a logiquement relégué d’autres équipes prometteuses au second plan. Cette saison 2025-26 promet d’être celle des révélations et des confirmations, où chaque équipe devra redéfinir son identité et ses objectifs pour s’extraire de l’ombre de la franchise floridienne. Treize clubs, répartis en cinq catégories distinctes, sont particulièrement sous pression pour faire leurs preuves et changer le narratif qui les entoure.
Les « Maintenant ou Jamais » : le temps presse
Ces équipes ont frôlé le sommet à plusieurs reprises sans jamais parvenir à soulever la Coupe Stanley. Leur succès récent des Panthers a accentué la pression sur ces prétendants qui sentent le temps leur filer entre les doigts pour transformer leur potentiel en gloire éternelle.
Au premier rang de cette catégorie, les Edmonton Oilers. Après avoir atteint la finale de la Coupe Stanley pour la première fois en 2024 sous l’ère Connor McDavid-Leon Draisaitl, ils ont subi deux revers consécutifs face à… les Panthers. La question demeure : peuvent-ils enfin franchir cet ultime obstacle ? Les performances du duo de gardiens Stuart Skinner et Calvin Pickard, qui ont affiché un pourcentage d’arrêts collectif de 86,6 % lors de la dernière finale, seront scrutées de près. Si l’offensive, renforcée par les arrivées de Jack Roslovic et Andrew Mangiapane, parvient à compenser d’éventuelles lacunes défensives, l’espoir pourrait renaître. Malgré la prolongation de contrat de McDavid jusqu’en 2027-28, la fenêtre d’opportunité pour les Oilers reste limitée.
Les Carolina Hurricanes et les Dallas Stars se trouvent dans une situation similaire, ayant accumulé un impressionnant total de 62 victoires en séries éliminatoires depuis 2022 (32 pour Dallas, 30 pour Carolina) sans jamais atteindre la finale. Un bilan bien supérieur à celui des New York Rangers (23 victoires), pourtant considérés comme des prétendants sérieux. Pour Carolina, il s’agit de prouver que leur domination du jeu de possession, une constante depuis la création de la métrique du temps passé en zone offensive, ne sera pas systématiquement freinée par un gardien adverse en feu lors des moments cruciaux. Dallas, de son côté, doit démontrer que les changements effectués cet été, notamment le remplacement de l’entraîneur Peter DeBoer par Glen Gulutzan, étaient nécessaires pour franchir un palier supérieur. Bien que Dallas soit plus jeune, et Carolina dispose d’un noyau plus stable sur le long terme, le poids des attentes et du temps se fait sentir pour les deux franchises, qui pourraient d’ailleurs s’affronter dans une lutte acharnée pour la finale.
Les « Malchanceux Chroniques » : un premier tour trop souvent fatal
Ces équipes brillent en saison régulière mais échouent invariablement au premier tour des séries éliminatoires, ou se font éliminer prématurément au deuxième tour après une victoire initiale. Personne n’incarne mieux cette tendance que les Toronto Maple Leafs et les Winnipeg Jets.
Depuis la saison 2018-19, Toronto et Winnipeg se classent respectivement troisième et septième en termes de points accumulés en saison régulière. Pourtant, ils sont les seules équipes du top 8 à n’avoir pas remporté 40 matchs en séries éliminatoires durant cette période, et ce, sans même s’en approcher. Les Leafs traînent une réputation bien établie de s’effondrer en playoffs. Avant 2023, ils n’avaient pas gagné une seule série depuis 2004 et n’ont plus atteint la finale de conférence depuis 2002, sans oublier un dernier sacre remontant à 1967. Leur série de huit défaites consécutives dans des matchs décisifs de séries éliminatoires est la deuxième plus longue de l’histoire de la ligue. Au-delà de cette statistique glaçante, Toronto doit prouver sa capacité à trouver une vie offensive après Mitch Marner et, surtout, à disposer d’un gardien fiable en playoffs. Le principal défi reste de surmonter les fantômes des échecs passés.
Les difficultés de Winnipeg en séries, bien que moins « bibliques » que celles de Toronto, sont tout aussi préoccupantes. Après avoir remporté deux séries lors de leur première existence avant leur déménagement, la franchise ressuscitée des cendres des Atlanta Thrashers a atteint la finale de conférence en 2018, mais n’a depuis accédé qu’à deux reprises au deuxième tour. La saison dernière était censée marquer un tournant, mais les Jets, pourtant vainqueurs du Trophée des Présidents, ont battu de justesse les Blues au premier tour avant d’être éliminés par les Stars. Connor Hellebuyck, le MVP de la ligue, a été surpassé par Jake Oettinger. Winnipeg doit désormais démontrer que son ascension n’est pas un coup de chance, qu’ils peuvent être une force constante en playoffs et que Hellebuyck peut gérer la pression après trois performances post-saison décevantes.
Les « Trains de la Hype » : le talent à confirmer
Ces équipes misent sur une jeunesse talentueuse et prometteuse, mais dont le plein potentiel reste encore à démontrer. Ces formations, attrayantes et pleines de potentiel, savent que la promesse seule ne suffit pas à gagner des titres.
Au sein de ce groupe, les New Jersey Devils se distinguent par une attente plus longue. La saison 2022-23 semblait annoncer leur arrivée fracassante dans l’élite, portée par une attaque classée quatrième, une défense huitième et un effectif parmi les plus jeunes de la ligue. Cependant, les blessures de Jack Hughes et une régression collective ont conduit au renvoi de leur entraîneur. Les Devils ont certes retrouvé un certain élan la saison dernière, mais ils doivent désormais prouver leur capacité à gagner des séries de playoffs pour atteindre le statut que l’on leur prédisait.
Les Montreal Canadiens et les Chicago Blackhawks ont quant à eux entamé la saison de manière prometteuse, avec des effectifs affichant les plus jeunes âges moyens de la NHL. Les Canadiens, aux côtés des Devils, étaient attendus comme l’une des équipes les plus améliorées cette saison. Après un retour en playoffs l’an passé, leur jeune noyau, désormais solidifié par la prolongation de contrat du défenseur Lane Hutson, doit continuer à progresser. La question est de savoir si Nick Suzuki, Cole Caufield, Noah Dobson et leurs coéquipiers pourront prétendre à la discussion pour la Coupe Stanley au printemps.
Les Blackhawks, bien que plus éloignés de cet objectif, montrent des signes positifs sous la houlette du nouvel entraîneur Jeff Blashill. Connor Bedard continue son développement fulgurant, Frank Nazar s’est révélé comme une étoile montante, et la défense semble s’être renforcée. Chicago doit prouver que la saison dernière n’était qu’un simple contretemps sur la voie de la reconstruction, avec Bedard en fer de lance.
Les « Redresseurs de Torts » : une saison 2024-25 à oublier
Pour ces équipes, la saison précédente a été une déconvenue majeure, bien loin des attentes de prétendantes à la Coupe. Chacune cherche à prouver que leur parcours 2024-25 n’était qu’une anomalie et qu’elles méritent une nouvelle chance.
Le déclin des New York Rangers a été particulièrement surprenant. Après trois saisons consécutives parmi les meilleures défenses de la ligue en termes de buts alloués par match, ils ont chuté à la 19ème place, concédant le sixième plus grand nombre de tirs par match. Le pourcentage d’arrêts combiné de Jonathan Quick et Igor Shesterkin (89,6 %) n’a pas suffi à masquer les faiblesses. Le transfert de Jacob Trouba a fracturé le vestiaire, l’attaque à double tranchant a flanché, et une équipe finaliste de la Conférence Est en 2024 s’est désintégrée plus vite que prévu. Après de nouveaux changements à l’intersaison, avec les départs de Peter Laviolette, Chris Kreider et K’Andre Miller, et les arrivées de Mike Sullivan et Vladislav Gavrikov, les Rangers doivent retrouver leur niveau antérieur.
La chute des Boston Bruins fut encore plus spectaculaire en termes de statistiques. Ils ont enregistré la plus forte baisse de différentiel de buts d’une année sur l’autre (-1,13 but par match) après une transition d’un noyau de vétérans record à la huitième plus jeune équipe de la ligue. Ce qui devait être une passation de pouvoir en douceur s’est transformé en une crise identitaire, marquée par la fin d’une série de sept années dans le top 5 offensif, avec un classement au 26ème rang en 2024-25. Le noyau restant, composé de David Pastrnak, Charlie McAvoy et Jeremy Swayman, doit désormais prouver qu’il peut porter l’héritage des légendes de Bruins comme Brad Marchand, Patrice Bergeron et Zdeno Chara.
Enfin, les Nashville Predators ont connu une saison catastrophique, terminant avec 68 points, soit un déficit stupéfiant de 31,5 points par rapport à leurs projections d’avant-saison à Vegas. Ce qui semblait être un effectif solide, doté de profondeur offensive et de Juuse Saros devant le filet, s’est révélé désorganisé et incapable de trouver son rythme. La majorité des joueurs censés performer la saison dernière sont de retour, et certains affichent un bon début de saison. D’autres, comme Steven Stamkos, Brady Skjei et Filip Forsberg, doivent encore justifier les investissements réalisés.
Les « Rompe-Sécheresses » : retrouver les playoffs
Après la qualification des Ottawa Senators pour les playoffs la saison dernière, mettant fin à la septième plus longue disette de la NHL, la pression monte sur les autres équipes qui partagent ce fardeau.
Les Buffalo Sabres détiennent désormais le record de la NHL avec 14 saisons consécutives sans voir les playoffs, soit quatre de plus que le deuxième plus long écart de l’histoire. L’organisation a largement dépassé le stade des améliorations progressives. Le plus jeune joueur des Sabres, Zach Benson, était encore à la maternelle la dernière fois que Buffalo a disputé un match éliminatoire. Aucun joueur de l’effectif actuel n’était dans la ligue lorsque cette série a débuté. Malgré un différentiel de buts modestement positif en 2023-24, Buffalo a régressé à -22 la saison dernière, une tendance qui semble se poursuivre en 2025-26. Leurs faibles chances de playoffs, déjà décevantes, ne les empêchent pas de devoir prouver qu’ils peuvent enfin mettre fin à cette malédiction.
Les Detroit Red Wings, avec neuf saisons sans playoffs, se retrouvent dans une situation similaire. Cette disette est particulièrement inhabituelle pour l’une des franchises les plus titrées de l’histoire du hockey. Le « Yzer-plan » visait à restaurer la gloire passée, mais Detroit n’a dépassé le 24ème rang au différentiel de buts qu’une seule fois durant cette période (2023-24), annulant tous les progrès réalisés la saison dernière. La bonne nouvelle pour « Hockeytown » est que l’équipe a bien démarré la saison 2025-26, dépassant les 50 % de chances de playoffs. Cependant, Detroit a déjà connu des départs de saison prometteurs avant de s’effondrer en fin de parcours. Maintenir une position de playoff pourrait être le plus grand défi pour cette équipe.
Les deux clubs ont accumulé des jeunes talents et de la patience en abondance, mais la prochaine étape cruciale consiste à mettre fin à leurs longues disettes et à prouver que leurs reconstructions ont enfin porté leurs fruits.