Publié le 20 février 2026 13h43. La Document Foundation (TDF) réitère ses critiques à l’encontre du format de fichiers OOXML de Microsoft, estimant qu’il est plus un standard de facto imposé qu’un véritable standard ouvert, entravant la concurrence et l’interopérabilité.
- Le format OOXML, utilisé par les logiciels Office de Microsoft, est jugé excessivement complexe, avec une spécification de près de 7 000 pages, rendant sa mise en œuvre correcte difficile.
- Microsoft utilise une variante transitoire d’OOXML, incompatible avec l’objectif d’un format ouvert et standardisé, pour assurer la rétrocompatibilité.
- La spécification OOXML fait référence à des fonctionnalités obsolètes de Windows, non documentées, nécessitant une rétro-ingénierie pour une implémentation complète.
La Document Foundation, organisation faîtière pour le développement de la suite bureautique open source LibreOffice, n’en est pas à sa première critique envers Microsoft et son format OOXML (Office Open XML). Italo Vignoli, l’un des fondateurs de la TDF et figure de proue de la communauté open source, a récemment exposé ses arguments sur le blog de l’organisation.
Introduit il y a près de 19 ans, OOXML est devenu un standard ISO/CEI 29500-1:2016, mais son processus de standardisation a été controversé. Selon Vignoli, le format souffre de plusieurs défauts majeurs. Il souligne notamment que la spécification du standard est d’une complexité démesurée, s’étendant sur environ sept mille pages. Une telle longueur rend difficile pour les développeurs de logiciels de mettre en œuvre correctement le format.
De plus, Microsoft n’utilise pas la version strictement standardisée d’OOXML dans ses applications Office, mais une variante transitoire. Cette dernière inclut des éléments de compatibilité avec les anciens formats, ce qui, selon la TDF, contredit l’objectif d’un format moderne et ouvert. La spécification fait également référence à des fonctionnalités d’anciennes versions d’Office et de Windows qui ne sont pas documentées, obligeant les développeurs à recourir à l’ingénierie inverse pour comprendre leur fonctionnement.
Un autre point de critique concerne la présence d’objets binaires illisibles au sein d’OOXML, notamment dans les parties assurant la rétrocompatibilité. Cela va à l’encontre de la transparence que l’on attendrait d’un format basé sur XML. Enfin, la spécification contient des éléments qui dépendent du comportement de Windows, rendant difficile, voire impossible, une implémentation multiplateforme.
Vignoli considère donc OOXML comme un format propriétaire de facto, qui a réussi à s’imposer comme standard technique. Il avait déjà qualifié le schéma XML utilisé par Microsoft d’ artificiellement complexe l’année dernière sur le blog de la TDF.
En bref
Les problèmes soulevés par la TDF signifient qu’OOXML est difficile à mettre en œuvre correctement, ce qui donne à Microsoft une position dominante sur le marché des logiciels bureautiques et rend difficile pour les utilisateurs de changer de solution.
Vignoli observe également que de nombreux défenseurs de l’open source continuent d’utiliser les formats DOCX, XLSX ou PPTX, et préfèrent donc des logiciels propriétaires comme OnlyOffice. Il rejette l’idée que l’on doive accepter OOXML comme un standard inéluctable et prévoit de détailler ses arguments dans les semaines à venir sur le blog de la TDF.
La TDF invite les lecteurs à partager leurs expériences et leurs préférences en matière de formats de fichiers.
Ressources et informations supplémentaires : Blog de la communauté mondiale de Document Foundation (1), Blog de la communauté mondiale de Document Foundation (2)
LibreOffice continue d’améliorer sa compatibilité avec OOXML, un processus constant.