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Zubin Mehta fait ses adieux au public madrilène avec style avec Schubert | Culture

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Publié le 16 février 2025 à 14h30. À l’approche de son 90e anniversaire, le chef d’orchestre indien Zubin Mehta a donné deux concerts à Madrid, marqués par une santé fragile mais aussi par une émotion palpable, en compagnie de Daniel Barenboim et de la reine Sofia.

  • Zubin Mehta a célébré son 90e anniversaire avec deux concerts à Madrid, dirigés avec l’Orchestre du Divan Ouest-Est.
  • Sa santé déclinante a rendu ses performances plus difficiles, nécessitant une assistance physique et affectant l’interprétation musicale.
  • La violoniste María Dueñas a été soliste lors d’un des concerts, un rêve devenu réalité pour l’artiste.

L’histoire d’amour de Zubin Mehta avec l’Espagne remonte à 1964, lorsqu’il a eu le privilège de diriger l’Orchestre National d’Espagne dans le cadre enchanteur de l’Alhambra de Grenade, comme il le raconte dans ses mémoires, Le score de ma vie (Éditeurs Rivera). C’est également à cette époque qu’il a noué une amitié durable avec la reine Sofia, alors princesse, qui l’avait invité à assister à un spectacle de danse gitane dans les grottes du Sacromonte.

Quelques jours après ce premier triomphe en Espagne, Mehta a rencontré à Bucarest un jeune diplomate, Alfonso Aijón, qui allait fonder six ans plus tard Ibermúsica, la plus ancienne et l’une des plus influentes organisations de promotion de la musique classique du pays. « Les fruits de cette relation, à la fois amicale et professionnelle, se traduisent par les 127 concerts dont il a été le protagoniste », rappelle Aijón dans le programme des concerts célébrant l’anniversaire du chef d’orchestre.

Les deux concerts madrilènes, qui se sont déroulés les 14 et 15 février, ont mis en scène l’Orchestre du Divan Ouest-Est, créé en 1999 par Daniel Barenboim, une formation unique réunissant de jeunes musiciens israéliens, palestiniens et arabes. Barenboim, qui a récemment annoncé souffrir de la maladie de Parkinson, a assisté aux deux représentations, aux côtés de la reine Sofia.

La tournée se poursuivra les 18 février à Barcelone (Auditori), puis les 19, 21 et 22 février à Oviedo (Auditorium Príncipe Felipe), Turin (Auditorium Giovanni Agnelli) et Vienne (Musikverein).

Les difficultés physiques de Mehta ont indéniablement influencé l’interprétation musicale. Si lors de sa précédente visite en Espagne en début d’année 2024, à la tête de la Philharmonie de Munich, il avait déjà montré des signes de fragilité, s’appuyant sur une canne pour se déplacer sur scène, sa condition s’est encore détériorée. Il se déplace désormais en fauteuil roulant et a besoin d’aide pour monter sur le podium, avec le soutien constant du premier violon du Divan, Mohamed Hiber.

La perte progressive de sa vue constitue un autre obstacle pour le maestro, qui peine à distinguer précisément les musiciens situés à une certaine distance, malgré sa mémoire prodigieuse qui lui permet de diriger des programmes complexes sans partition. Il a semblé avoir du mal à s’immerger pleinement dans chaque œuvre, bien qu’il ait fini par être emporté par l’énergie de l’orchestre.

Le concert du samedi 14 février a débuté avec une ouverture de Rienzi de Richard Wagner, interprétée lentement et sans la puissance dramatique attendue. L’interprétation du Concerto pour violon n°1 de Max Bruch, avec María Dueñas en soliste, a été un moment fort, bien que le chef d’orchestre ait eu du mal à offrir à la violoniste le soutien habituel, ce « tapis volant » dont parlait la violoncelliste Jacqueline Du Pré en 1968.

Le concert du dimanche, consacré à Beethoven, a offert une interprétation plus convaincante, bien que dépourvue de la fougue de ses années passées. L’ouverture Éléonora non. 3 manquait de mystère et d’éclat, mais a bénéficié de l’habitude de l’orchestre avec le répertoire beethovien. La Huitième Symphonie a été interprétée avec sagesse, sans excès de dynamisme, mais avec une chaleur timbrale caractéristique. La Neuvième Symphonie, quant à elle, a été un triomphe, grâce à la prédisposition de l’orchestre et à la sensibilité lyrique du chef d’orchestre.

Mehta a toujours été un interprète de premier plan de Schubert, et sa version de la Symphonie n° 9 « Le Grand » a été particulièrement réussie. Il a adopté un nouvel agencement de l’orchestre, avec les bois et les cors placés devant les cordes, une disposition qui a permis d’équilibrer les sonorités et de mettre en valeur la richesse timbrale de l’ensemble.

Le public madrilène a salué avec enthousiasme Mehta à la fin du concert, reconnaissant la carrière exceptionnelle de ce maestro et son dévouement à la musique classique.

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