Publié le 12 février 2026 à 18h36 (heure de Los Angeles). Un comptable coréen-américain témoigne d’une désillusion croissante face à l’évolution de la société américaine, marquée par un durcissement de l’immigration et un climat de méfiance interraciale, contrastant avec ses rêves d’enfance inspirés par Disney.
Lee Yu-geon, comptable, se souvient avec nostalgie de son enfance bercée par la magie de Disney. Il évoque les heures passées à regarder la cassette vidéo de La Petite Sirène et à écouter les compositions d’Alan Menken, une musique qui résonnait en lui comme une promesse de bonheur.
« J’ai regardé la cassette vidéo de La Petite Sirène que ma mère m’avait apportée plus de dix fois et j’ai écouté encore et encore la mélodie d’Alan Menken, qui a créé une grande partie de la musique de Disney. »
Lee Yu-geon, comptable
Son rêve d’enfant était simple : travailler chez Disney, même comme concierge. Il avait envoyé un CV naïf, fort de son diplôme d’une prestigieuse université coréenne, sans anticiper les obstacles liés aux visas. La réponse négative de l’entreprise l’avait alors laissé perplexe.
Avec le temps, il a compris que son rêve se heurtait à la réalité de l’immigration américaine. Il souligne que, sans carte verte ou nationalité, même un candidat plus jeune que lui aurait eu du mal à obtenir un emploi aussi modeste. Les États-Unis, terre d’immigration, lui apparaissaient alors comme une porte fermée.
Récemment, un voyage en famille à Orlando, en Floride, lui a permis de se confronter à la magie de Disney en chair et en os. Voir le château de Magic Kingdom et assister au défilé de Mickey Mouse et d’Elsa de La Reine des Neiges a ravivé son émerveillement d’enfant, mais aussi accentué son sentiment de regret.
Cependant, cette expérience a également été le point de départ d’une réflexion plus amère sur l’évolution de la société américaine. Lee Yu-geon évoque un climat de méfiance grandissant, notamment envers les populations asiatiques, et un durcissement des politiques d’immigration depuis le changement de régime.
Il décrit une atmosphère où la compétence ne suffit plus, où les responsabilités sont accrues et les erreurs rapidement sanctionnées. La convivialité et la confiance envers les voisins se sont évanouies, remplacées par une méfiance généralisée. Il regrette amèrement son choix d’émigrer, même si cela lui a permis de fonder une famille.
« Je ne fais plus confiance aux Blancs et aux Noirs aussi facilement qu’avant. La convivialité envers les voisins a également disparu. »
Lee Yu-geon, comptable
Malgré sa désillusion, Lee Yu-geon ne parvient pas à détester complètement ce pays. La musique de Disney continue de résonner en lui, mais elle ne suffit plus à le maintenir en vie. Il n’est plus l’enfant qui croyait à l’amour et à la magie, ni le jeune homme convaincu du rêve américain. Il est devenu un adulte capable de tenir son enfant dans ses bras et de lui sourire, mais un adulte marqué par le regret.
Ses souvenirs d’enfance, bercés par les chants de Noël de Frank Sinatra et de Bing Crosby, et les mélodies optimistes de la série Friends, contrastent fortement avec la réalité qu’il vit aujourd’hui.