Publié le 6 février 2024 à 13h06. La Banque centrale européenne maintient ses taux d’intérêt inchangés, tandis que les États-Unis font face à une vague de licenciements et le marché des cryptomonnaies est ébranlé. Au Japon, TSMC investit massivement dans la production de semi-conducteurs de pointe.
- La Banque centrale européenne (BCE) a conservé ses taux d’intérêt directeurs à leur niveau actuel, confirmant les attentes du marché.
- Les entreprises américaines ont annoncé en janvier le plus grand nombre de licenciements depuis la crise financière de 2008.
- Le Bitcoin a atteint son plus bas niveau depuis quinze mois, sous la pression des déclarations de responsables américains.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a jugé que l’économie européenne se stabilisait et se dirigeait vers l’objectif d’inflation de 2 % sans pour autant entrer en récession. La BCE a maintenu son taux d’intérêt des dépôts, considéré comme le taux de base, à 2 % par an. C’est la cinquième fois consécutive que les taux restent inchangés, maintenant un écart de 0,5 point de pourcentage avec les taux pratiqués en Corée du Sud.
Lagarde a également minimisé l’impact de la fluctuation des taux de change, estimant que l’affaiblissement du dollar et le renforcement de l’euro se situaient « dans la fourchette attendue ». Selon elle, une appréciation de l’euro pourrait contribuer à maîtriser l’inflation en réduisant le coût des importations d’énergie.
Les marchés anticipent désormais que les taux d’intérêt resteront stables tout au long de l’année, l’économie européenne semblant évoluer dans une phase d’équilibre, sans surchauffe ni ralentissement marqué.
À l’inverse, le marché du travail américain montre des signes de fragilité. En janvier, 108 000 suppressions de postes ont été annoncées par les entreprises américaines, selon la société d’information sur l’emploi Challenger Gray & Christmas. Cela représente une augmentation de 118 % par rapport à l’année précédente et le chiffre le plus élevé enregistré depuis 2009.
Des géants comme Amazon (16 000 suppressions de postes) et UPS (jusqu’à 30 000 suppressions de postes) ont lancé des plans de restructuration importants. Parallèlement, les nouvelles offres d’emploi ne représentent qu’environ 5 000 postes, un niveau jamais atteint depuis janvier 2009. Cette situation suggère que les entreprises envisagent l’avenir économique avec un certain pessimisme.
Le marché des cryptomonnaies est également en difficulté. Le prix du Bitcoin a chuté à environ 66 000 $, en baisse d’environ 8 % par rapport à la veille, et affiche une perte de 48 % par rapport à son pic d’octobre dernier. Cette baisse est en partie attribuée aux déclarations de Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, qui a affirmé qu’il n’y aurait « pas d’achat ou de sauvetage de Bitcoin au niveau gouvernemental » lors d’une audition devant le Congrès.
Les ventes massives pour limiter les pertes ont entraîné une chute des prix de l’or et de l’argent, respectivement de 1,8 % et de 12,1 % le même jour. Cette situation illustre la perte de confiance dans les actifs considérés comme des valeurs refuges.
Enfin, au Japon, la société taïwanaise TSMC, leader mondial de la fabrication de semi-conducteurs sur mesure, a annoncé qu’elle allait produire en masse des puces de pointe utilisant le procédé 3 nanomètres sur son site japonais. Le président de TSMC, Wei Zorja, a rencontré la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour annoncer ce projet.
TSMC prévoit d’investir 17 milliards de dollars (environ 24 000 milliards de wons coréens) pour augmenter considérablement la capacité de sa deuxième usine à Kumamoto. Initialement prévue pour la production de puces de 6 à 12 nanomètres, cette usine se concentrera désormais sur la fabrication des puces 3 nanomètres utilisées dans les processeurs d’intelligence artificielle de Nvidia.
De plus, trente grandes entreprises japonaises, dont Softbank, Sony et Toyota, ont investi collectivement 1 500 milliards de wons supplémentaires dans Lapidus, une entreprise de semi-conducteurs soutenue par le gouvernement japonais, accélérant ainsi la stratégie « Team Japan » visant à relancer l’industrie nationale des semi-conducteurs.