Publié le 26 février 2026. La diffusion exclusive des Jeux olympiques d’hiver de Milan/Cortina d’Ampezzo 2026 par la chaîne JTBC a été un échec retentissant, soulevant des questions sur l’accessibilité des grands événements sportifs et la définition du « bien public » dans le paysage médiatique coréen.
- La diffusion exclusive des Jeux olympiques par JTBC a entraîné une audience considérablement plus faible que lors des éditions précédentes diffusées par les chaînes terrestres.
- JTBC a investi massivement dans l’acquisition des droits de diffusion des Jeux olympiques (2026-2032) et de la Coupe du monde (à partir de 2030), pour un montant total d’environ 500 millions de dollars (700 milliards de wons).
- Cet échec a relancé le débat sur la nécessité de garantir un accès universel aux événements sportifs majeurs, et sur la pertinence de la loi sur la radiodiffusion concernant les droits de visionnage universels.
Jusqu’à présent, les Jeux olympiques étaient diffusés conjointement par les trois principales chaînes de télévision terrestres, partageant les coûts d’acquisition des droits de diffusion. Cette fois-ci, JTBC a réussi à obtenir l’exclusivité en proposant un montant bien supérieur à celui des diffuseurs traditionnels. La chaîne a acquis les droits pour les Jeux olympiques de 2026 à 2032 et la Coupe du monde à partir de 2030, un investissement colossal qui, selon les analystes, visait à élever le statut de JTBC au rang des chaînes généralistes.
JTBC avait par la suite envisagé de revendre les droits de diffusion aux chaînes terrestres, mais celles-ci ont refusé, jugeant le prix trop élevé. La chaîne s’est donc retrouvée seule à assumer le fardeau financier de cet investissement risqué. L’audience désastreuse enregistrée pendant les Jeux olympiques de Milan/Cortina d’Ampezzo a exacerbé les difficultés financières du groupe JoongAng, maison mère de JTBC, qui envisageait déjà des mesures de restructuration.
L’audience de la cérémonie d’ouverture, le 6 février, n’a atteint que 1,8 %, un dixième de l’audience enregistrée lors des derniers Jeux olympiques de Pékin, diffusés sur les chaînes terrestres. La diffusion exclusive a également rendu difficile le suivi des compétitions pour les téléspectateurs, notamment lors de moments clés comme la victoire de Choi Ga-on en snowboard half-pipe le 13 février, qui n’a été annoncée que par un bref sous-titre pendant la diffusion d’une autre épreuve. Ces problèmes ont suscité une vague de critiques, dénonçant un « désastre causé par le monopole olympique ».
Cet incident a ravivé le débat sur la définition du « bien public » et la nécessité de garantir un accès universel aux événements sportifs majeurs. La loi sur la radiodiffusion coréenne stipule que tout diffuseur atteignant plus de 90 % des foyers peut diffuser les Jeux olympiques. JTBC soutient que cette condition est remplie, mais les critiques soulignent que l’accès à JTBC nécessite un abonnement payant, ce qui exclut les populations les plus modestes ou celles vivant dans des zones mal desservies. Au Royaume-Uni, où la loi exige que les événements d’intérêt national soient diffusés en clair pour atteindre au moins 95 % des foyers, des appels à une modification de la législation se font entendre.
Le président Lee Jae-myung a d’ailleurs souligné le 24 février lors d’une réunion du Cabinet : « Il est regrettable que malgré les performances de nos athlètes, l’enthousiasme social n’ait pas été suffisamment accru par rapport aux compétitions internationales passées. Nous devons améliorer le système pour garantir largement l’accessibilité de notre peuple aux événements internationaux. » La question de savoir si les prochains Jeux olympiques seront réellement un événement accessible à tous, plutôt qu’un produit commercialisé par une entreprise privée, reste donc ouverte.
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