Publié le 2025-10-28 13:18:00. Le Tribunal pénal oral de La Serena a condamné un citoyen vénézuélien à 20 ans de prison pour le meurtre qualifié du Dr Nicolás Andrés Pinochet García. Le mobile du crime reste flou, mais les faits démontrent préméditation et cruauté, tandis qu’un second suspect est toujours en fuite.
- Un Vénézuélien reconnu coupable d’homicide qualifié et condamné à 20 ans de prison ferme.
- Le docteur Nicolás Andrés Pinochet García a été violemment assassiné le 9 juillet 2024 à La Serena.
- Un second complice présumé est activement recherché par Interpol.
Le verdict est tombé après des semaines d’intenses débats. Le tribunal de La Serena a jugé les actes de l’accusé, CTAL, comme « délibérés et cruels », qualifiant le meurtre d’homicide qualifié en raison de la préméditation et de la cruauté dont il a fait preuve. Cependant, l’accusation de viol associé à l’homicide a été écartée, faute de preuves concluantes.
Le corps sans vie du Dr. Pinochet García, un médecin de 36 ans, avait été découvert le 9 juillet 2024 sur un terrain vague près de la Route 5 Nord, à proximité d’une station-service, le jour même de sa disparition. Selon les éléments présentés par la justice, le condamné et un complice encore en fuite auraient d’abord frappé le médecin à l’aide d’un objet contondant au niveau des parties génitales, avant de l’achever d’un violent coup de pierre à la tête, causant un traumatisme crânien fatal. Le corps avait été retrouvé dissimulé dans des buissons, les pieds ligotés, signe d’une extrême violence.
L’enquête, bien qu’ayant abouti à cette condamnation, n’est pas close. Les autorités recherchent activement Omar Arriaza, un second individu impliqué dans cette affaire. Un mandat d’arrêt international a été émis et une alerte a été lancée auprès d’Interpol. La Police d’Investigations (PDI) poursuit ses efforts pour le localiser, en collaboration avec des unités spécialisées.
Lors du procès, CTAL a livré sa version des faits. Il a expliqué avoir consommé de l’alcool et de la cocaïne avec son ex-compagne, KR, et son ami Arriaza le soir du drame. Il a affirmé que la rencontre avec le Dr. Pinochet García avait été fortuite, initialement motivée par l’achat d’un haut-parleur et de vêtements d’occasion, suivie d’une recherche de stupéfiants. Il a déclaré s’être brièvement isolé pour acheter de la cocaïne, tandis que la victime aurait préféré de la pâte de base. Après une dispute avec son ex-compagne, il aurait retrouvé Arriaza, décrit comme « agité et avec du sang sur les mains », qui aurait prétendu avoir été agressé par un groupe de Chiliens. L’accusé a toujours nié avoir eu connaissance du décès du médecin, affirmant croire qu’ils avaient simplement consommé de la drogue sur place.
CTAL a également relaté son arrivée irrégulière au Chili. Après un périple traversant le Venezuela, la Colombie, le Pérou et la Bolivie, il est entré au Chili par un passage non autorisé depuis la Bolivie, s’installant avec sa compagne bolivienne dans une maison louée à La Serena. Pour subsister, ils se sont adonnés au commerce ambulant, vendant des petits objets et des bonbons dans les rues de La Serena et de Coquimbo.
L’élément déclencheur de la condamnation réside en grande partie dans le témoignage de KD, l’ex-compagne de CTAL. Elle a déclaré avoir entendu son ancien compagnon avouer sa participation directe au meurtre. « Elle m’a dit : ‘Nous l’avons tué’, en parlant du médecin », a confié la femme aux enquêteurs, ajoutant que CTAL l’avait menacée, ainsi que sa famille, si elle venait à parler. KD a par ailleurs confirmé qu’Arriaza avait été hospitalisé pendant un mois suite à une agression par un groupe de Chiliens, ce qui corrobore en partie les déclarations de CTAL. Craignant des représailles, elle avait envisagé de retourner en Bolivie, mais a finalement choisi de collaborer avec les autorités, devenant ainsi une pièce maîtresse dans la résolution de cette affaire.
La condamnation de CTAL constitue une avancée majeure dans la quête de justice pour le Dr. Nicolás Pinochet García, dont le meurtre a profondément marqué la communauté médicale et les habitants de La Serena. Cependant, la traque du second suspect maintient une certaine anxiété dans la région de Coquimbo. Le citoyen vénézuélien devra purger sa peine de 20 ans de réclusion, sans possibilité de libération conditionnelle, dans un établissement pénitentiaire chilien.