Alors que l’Incheon Airport Corporation affiche un excédent confortable, la Korea Airports Corporation se débat dans les chiffres rouges. Cette disparité financière soulève la question d’une possible fusion des deux entités pour optimiser la gestion des aéroports sud-coréens.
Lors d’une session d’audit devant la Commission des terres, des infrastructures et des transports de l’Assemblée nationale, tenue le 27 octobre à l’aéroport international d’Incheon, Lee Jeong-gi, président par intérim de la Korea Airports Corporation, a plaidé pour une réflexion gouvernementale approfondie. Il a souligné que « si les deux sociétés aéroportuaires étaient intégrées, cela bénéficierait à l’ensemble de la société en améliorant considérablement leur solidité financière ». Il a également estimé qu’« un examen complet est nécessaire au niveau gouvernemental ».
Les chiffres de l’année précédente illustrent ce déséquilibre : la Incheon Airport Corporation a enregistré un excédent de 480,5 milliards de wons (environ 350 millions d’euros), tandis que la Korea Airports Corporation affichait un déficit de 138,4 milliards de wons (environ 100 millions d’euros). Cette différence significative serait principalement due à des divergences de taille entre les plateformes aéroportuaires et à la structure des lignes aériennes opérées.
L’aéroport international d’Incheon, principal hub du pays, jouit d’un quasi-monopole sur les vols internationaux long-courriers, tandis que les aéroports gérés par la Korea Airports Corporation, souvent régionaux, peinent à proposer des liaisons similaires. Par ailleurs, la multiplication des systèmes de sécurité et d’embarquement distincts, comme la reconnaissance faciale ou palmaire, ainsi que le développement séparé d’applications mobiles d’aéroport, engendrent une complexité source de désagréments pour les voyageurs.
« Les aéroports locaux n’ont quasiment pas de routes longues distances », a déploré le député Yoon Jong-oh du Parti progressiste, pointant du doigt les incohérences opérationnelles. « Chaque société dispose de systèmes de sécurité et d’embarquement différents […] et les applications aéroportuaires intelligentes sont exploitées séparément, causant de grands désagréments au public. »
La tendance internationale plaide en faveur d’une mutualisation des ressources. « Si l’on observe les cas d’exploitation d’aéroports à l’étranger, l’intégration est la tendance », a affirmé Hwang Un-ha, membre du Parti coréen de l’innovation. Il a cité les exemples de la France, où la Société de l’aéroport de Paris gère les plateformes régionales, et de l’Espagne, où une société unique supervise 36 aéroports. « Nous devrions également envisager de promulguer une nouvelle loi telle que la ‘Loi sur la société aéroportuaire de la République de Corée’ pour intégrer les deux sociétés », a-t-il suggéré.
Face à ces arguments, Joo Jong-wan, chef de la Division de la politique aérienne au ministère du Territoire, des Infrastructures et des Transports, a exprimé une position prudente. « Parce que nous pensons que les rôles et les fonctions des deux organisations sont différents, nous devons les examiner attentivement en tenant compte de leurs caractéristiques », a-t-il déclaré. Il a précisé que le ministère « écoutera également fidèlement les cas étrangers et les opinions de divers experts » avant toute décision.
À retenir
- L’Incheon Airport Corporation est excédentaire, tandis que la Korea Airports Corporation enregistre un déficit important.
- Des députés et des responsables aéroportuaires suggèrent la fusion des deux entités pour améliorer la rentabilité et l’expérience utilisateur.
- Le gouvernement sud-coréen adopte une approche mesurée, soulignant les différences de rôles et promettant un examen approfondi des pratiques étrangères.
Contexte
La disparité financière entre l’opérateur de l’aéroport international d’Incheon, hub majeur, et celui des aéroports nationaux, souvent plus petits et moins rentables, met en lumière des défis structurels dans la gestion du trafic aérien en Corée du Sud. Les différences de taille, de clientèle et de lignes aériennes contribuent à cet écart de performance économique.
Ce qui change
Une fusion potentielle pourrait entraîner une unification des standards de service, des systèmes de sécurité et des plateformes numériques, visant à simplifier les déplacements des voyageurs entre les différents aéroports du pays. Elle pourrait également offrir une stabilité financière accrue à l’ensemble du réseau aéroportuaire.
Prochaines étapes
Le ministère du Territoire, des Infrastructures et des Transports s’est engagé à étudier la question en consultant des experts et en analysant des modèles internationaux. La création d’une nouvelle législation spécifique pourrait être envisagée pour faciliter une éventuelle fusion.
Chiffres clés
- Excédent de l’Incheon Airport Corporation : 480,5 milliards de wons (environ 350 millions d’euros)
- Déficit de la Korea Airports Corporation : 138,4 milliards de wons (environ 100 millions d’euros)