Publié le 22 février 2026 à 22h26. Plus de 200 prisonniers politiques, dont des étrangers, ont entamé une grève de la faim dans la prison vénézuélienne d’El Rodeo I pour dénoncer les limites de la récente loi d’amnistie, qui ne profite pas à la majorité d’entre eux.
Plus de 200 prisonniers politiques détenus à la prison El Rodeo I, parmi lesquels figurent des ressortissants étrangers comme le gendarme argentin Nahuel Gallo, ont entamé une grève de la faim pour exiger leur libération, ont indiqué ce dimanche 22 février 2026 des proches des détenus. Cette action intervient trois jours après la promulgation d’une loi d’amnistie par le gouvernement vénézuélien, désormais dirigé par Delcy Rodriguez.
L’organisation a publié un message dénonçant le manque de soins médicaux appropriés et exigeant le respect des libérations ainsi que la fin des violations des droits humains.
L’ancien député d’opposition Juan Pablo Guanipa, libéré cette semaine suite à l’approbation de la loi d’amnistie, a mis en garde sur le réseau social X, que la « grande majorité » des personnes incarcérées dans cette prison se trouvent dans un « état de santé précaire ». Shakira Ibarreto, fille d’un policier arrêté en 2024, a expliqué que « Ils ont pris la décision de se lancer dans une grève de la faim vendredi, suite aux résultats de la loi d’amnistie, qui exclut la grande majorité des détenus de ses bénéfices ».
Seulement 19 libérations confirmées
Le président du Parlement, Jorge Rodríguez, a affirmé samedi que « des centaines de libérations » avaient été autorisées depuis l’après-midi même, sans toutefois préciser le nombre exact ni l’identité des personnes concernées. Cependant, la Plateforme unitaire démocratique (PUD), un bloc politique d’opposition, a déclaré le soir même qu’elle n’avait confirmé que 19 libérations depuis la promulgation de l’amnistie.
La loi d’amnistie, décrétée jeudi à l’initiative de Delcy Rodriguez, qui a pris le pouvoir après la capture de Nicolas Maduro lors d’une opération américaine, couvre théoriquement la période allant de 1999 à 2026. Elle précise cependant 13 situations politiques depuis 2002, excluant ainsi les arrestations survenues au moins 15 des 27 dernières années, ainsi que les cas liés aux opérations militaires, qui sont précisément les plus fréquents à El Rodeo I.
Les autorités ont suspendu les visites familiales pendant le week-end, ce qui constitue le premier signe d’une mesure en cours. Plus tard, les familles des prisonniers qui n’avaient pas rejoint l’établissement ont pu y accéder et ont confirmé la grève de la faim à leur sortie.
DZC (EFE,AFP)