Home International 22 000 prisonniers liés à l’EI libérés en Syrie, dont des Néerlandais | Tensions au Moyen-Orient

22 000 prisonniers liés à l’EI libérés en Syrie, dont des Néerlandais | Tensions au Moyen-Orient

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Publié le 14 février 2024 19:46:00. Plus de 22 000 personnes détenues en Syrie pour liens présumés avec Daech ont été transférées cette semaine, suscitant des inquiétudes quant à leur sort et à la sécurité régionale. Parmi elles, au moins deux ressortissantes néerlandaises ont disparu des camps.

  • Le camp d’Al Hol, dans le nord-est syrien, a été en grande partie vidé de ses détenus.
  • Le sort des ressortissants étrangers, dont des femmes néerlandaises, reste incertain.
  • Des inquiétudes persistent quant à la possible réactivation de combattants et au risque de représailles.

Plus de 22 000 personnes, détenues pour leurs liens présumés avec l’organisation terroriste Daech, ont été transférées cette semaine de camps de détention dans le nord-est de la Syrie. Parmi ces individus, au moins deux femmes de nationalité néerlandaise ont été déplacées, mais leur localisation actuelle est inconnue, selon des sources concordantes.

Le camp d’Al Hol, qui abritait jusqu’à récemment plus de 26 000 personnes, a été le principal lieu de ces transferts. Selon le Norwegian Refugee Council (NRC), la population du camp était composée d’environ 14 000 Syriens, 4 000 Irakiens et quelque 6 200 individus d’autres nationalités. Le NRC estime que 60 % des détenus étaient des enfants.

Les Syriens et les détenus étrangers ont été livrés à eux-mêmes, indiquent des sources au sein d’organisations humanitaires, citées par l’agence AFP et le site d’information Middle East Eye. « Il n’y a aucune trace de ce groupe », explique Wladimir van Wilgenburg, journaliste et chercheur dans la Région autonome kurde d’Irak, à NU.nl.

Jihan Hannan, ancienne directrice du camp d’Al Hol, a confirmé la présence d’au moins deux femmes néerlandaises parmi les détenus. Leur destination actuelle reste un mystère. Selon Wladimir van Wilgenburg, certains détenus étrangers pourraient avoir été clandestinement transférés vers Idlib et Alep, avec la complicité de combattants étrangers et de passeurs.

Ces individus chercheraient à obtenir un soutien financier en ligne auprès de sympathisants à l’étranger pour payer les services des passeurs et échapper aux autorités, afin d’éviter un retour dans leur pays d’origine.

Wladimir van Wilgenburg suggère que les forces gouvernementales syriennes pourraient avoir libéré les détenus de Daech sous la pression de combattants étrangers, qui considèrent ces derniers comme des victimes des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes.

Le camp d’Al Hol était jusqu’à récemment sous le contrôle des FDS. Fin janvier, celles-ci ont conclu un accord avec le gouvernement syrien pour l’intégration des milices kurdes et de l’administration autonome kurde. La gestion des prisons abritant des jihadistes présumés a également été transférée.

Les détenus étrangers du camp d’Al Roj, un autre camp de détention, seraient toujours sous la surveillance des gardes kurdes. Des femmes ayant des liens avec les Pays-Bas y auraient également été détenues. Les avocates de ces femmes ont indiqué à Wladimir van Wilgenburg qu’elles n’avaient plus de clientes dans les camps, sans pouvoir préciser leur localisation actuelle.

L’AIVD (Algemene Inlichtingen- en Veiligheidsdienst), le service de renseignement néerlandais, avait signalé l’année dernière la présence d’au moins 65 ressortissants néerlandais adultes en Syrie, dont 20 dans un camp de détention syro-kurde. Le rapatriement de ces personnes est une question délicate en raison des risques potentiels pour la sécurité. On ignore si ces chiffres sont toujours d’actualité.

La présence de jihadistes présumés dans le nord-est de la Syrie constitue également une menace. Après des années de détention, ils pourraient nourrir des sentiments de vengeance envers la population kurde de la région.

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