Le débat sur la réduction du déficit budgétaire fédéral prend de l’ampleur, le MR jugeant insuffisant l’effort envisagé par le gouvernement. Tandis que le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem, évoquait fin septembre un effort de 16,6 milliards d’euros sur la législature, les libéraux estiment que le chiffre devrait se situer entre 8 et 10 milliards. Cette divergence intervient alors que plusieurs entités régionales ont déjà fixé leurs objectifs d’économies.
En Wallonie, le ministre Adrien Dolimont a d’ores et déjà fixé la somme à trouver à 266 millions d’euros. Pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse a pris les devants dès le mois d’août, annonçant qu’il faudrait dégager 300 millions d’euros d’ici 2029 pour réduire le trou budgétaire de 1,5 milliard à 1,2 milliard.
L’héritage du passé pèse sur les finances
Une part significative de l’effort budgétaire à venir sera absorbée par la « gestion de la dette », souligne une source fédérale. D’après le comité de monitoring, les remboursements liés à la dette représenteront 40 % du déficit en 2030. Cette situation permet aux partis de la majorité actuelle d’affirmer que la responsabilité de ce déséquilibre financier incombe en grande partie aux gouvernements précédents.
Une source proche du dossier explique que « une partie de la hausse vient des nouveaux investissements dans la Défense, mais le nœud du problème, c’est l’héritage du passé. Les taux d’intérêt ont explosé ces six derniers mois, ce qui a creusé le déficit ».
Le Comité de monitoring, dans son rapport, rappelle que « ce gouvernement a déjà mis des réformes en bonne voie, et nous devons suivre cette direction de manière conséquente ».
Le contexte de l’Arizona illustre également des difficultés budgétaires importantes, avec un déficit initial de 23 milliards constaté en février, auquel les nouvelles projections ajoutent un trou supplémentaire de 20 milliards.
Réduire les dépenses primaires : un défi croissant
Pour l’année 2025, le budget fédéral s’élève à 188,6 milliards d’euros, dont une large part, 146,6 milliards, est consacrée à la sécurité sociale. Dans ce cadre, un effort budgétaire supplémentaire de 10 milliards d’euros représenterait environ 6,7 % du budget total.
La réduction des dépenses primaires devient ainsi de plus en plus complexe. C’est pourquoi certains acteurs politiques plaident pour un élargissement du champ des économies possibles, notamment en s’attaquant aux niches fiscales.
L’exemple d’un subside de 65 000 euros destiné à aider les sans-abri de Liège, qui a été supprimé, est jugé symbolique par certains, qualifiant cette économie de « centime à l’échelle du budget fédéral ».
À retenir
- Le MR juge insuffisant l’effort de réduction du déficit fédéral envisagé par le gouvernement.
- La gestion de la dette et l’héritage des gouvernements précédents sont cités comme les principales causes du déséquilibre budgétaire.
- Les entités régionales, Wallonie et Fédération Wallonie-Bruxelles, ont déjà annoncé leurs propres objectifs d’économies.
Contexte
Le débat sur la viabilité des finances publiques s’intensifie, marqué par des divergences au sein de la majorité et des préoccupations quant à l’impact de la dette. La nécessité de trouver des solutions pour réduire le déficit budgétaire fédéral est une priorité, tandis que les entités fédérées doivent également assumer leur part de responsabilité financière.
Ce qui change
L’effort budgétaire réclamé au gouvernement fédéral suscite des débats internes quant à son ampleur. Les entités régionales et communautaires sont contraintes de trouver des moyens pour combler leurs défits respectifs, avec des montants déjà définis pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Prochaines étapes
Il sera essentiel de suivre l’évolution des négociations au sein du gouvernement fédéral concernant l’ampleur de l’effort budgétaire. La stratégie pour réduire les dépenses primaires et les décisions concernant d’éventuelles réformes fiscales seront également déterminantes.
Chiffres clés
- Déficit budgétaire fédéral : montant en débat, évoqué entre 8 et 10 milliards (MR) et 16,6 milliards (Vincent Van Peteghem) sur la législature.
- Objectif de la Wallonie : 266 millions d’euros d’économies.
- Objectif de la Fédération Wallonie-Bruxelles : 300 millions d’euros d’ici 2029.
- Part des remboursements de la dette dans le déficit en 2030 : 40 %.
- Budget fédéral 2025 : 188,6 milliards d’euros.
- Dépenses pour la sécurité sociale en 2025 : 146,6 milliards d’euros.