Home International 3 clés de la réforme du travail que Milei propose en Argentine et qui génère des grèves et des manifestations

3 clés de la réforme du travail que Milei propose en Argentine et qui génère des grèves et des manifestations

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Publié le 20 février 2026 à 13h10. L’Argentine est au bord d’une réforme du travail controversée, portée par le président Javier Milei, qui vise à moderniser les relations professionnelles mais est dénoncée par les syndicats comme une atteinte aux droits des travailleurs.

  • La Chambre des députés a approuvé le projet de loi, après un vote similaire au Sénat.
  • Un article polémique concernant les congés de maladie a été supprimé en cours de route, nécessitant un nouveau passage au Sénat.
  • La réforme propose notamment d’allonger la journée de travail, de modifier le calcul des indemnités de licenciement et de restreindre les congés de maladie.

Une grève générale, organisée par la Centrale générale des travailleurs (CGT), a marqué le débat parlementaire de ce jeudi, tandis que des manifestations se déroulaient sur la Plaza de los Dos Congresos, où sont réunis les députés. Le gouvernement Milei justifie cette réforme par la nécessité d’adapter la législation du travail à la réalité économique actuelle et de stimuler l’emploi, tandis que l’opposition et les syndicats y voient une régression sociale majeure.

Parmi les propositions les plus contestées figure l’allongement possible de la journée de travail jusqu’à 12 heures, sans obligation de majoration pour les heures supplémentaires, à condition de respecter une pause de 12 heures et une limite hebdomadaire de 48 heures. Le gouvernement envisage également de créer un système de « banque d’heures » pour permettre aux employeurs de compenser les heures supplémentaires par du temps de repos.

La réforme prévoit également une modification du calcul des indemnités de licenciement, en limitant les éléments pris en compte pour déterminer le montant dû. Les vacances, primes et autres avantages qui ne font pas partie du salaire mensuel seraient exclus de ce calcul. Le gouvernement justifie cette mesure par la volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « industrie du contentieux du travail », où les juges fixent des indemnités de licenciement excessivement élevées.

En outre, le projet de loi élargit la liste des « services essentiels » soumis à des restrictions en matière de droit de grève, en y ajoutant notamment le secteur de l’éducation et les services douaniers. Il autorise également le paiement des salaires en monnaie étrangère, une pratique courante dans un contexte d’inflation élevée, et introduit la notion de « négociation dynamique » du salaire, permettant aux employeurs de renégocier les conditions de travail après la signature du contrat.

Des panaches de fumée noire s'élèvent des pneus en feu en signe de protestation devant les portes fermées du FATE, le 18 février 2026.

Source des images, Getty Images

légende de la photo, En pleine discussion parlementaire sur la réforme du travail, le principal fabricant de pneus argentin a annoncé sa fermeture.

Le contexte de cette réforme est marqué par un taux élevé d’emploi informel en Argentine, touchant près de la moitié des travailleurs, soit environ 6 millions de personnes. Ces travailleurs ne bénéficient pas de couverture maladie, de congés payés, d’indemnités de licenciement ou de cotisations de retraite. Le taux d’emploi informel est particulièrement élevé chez les jeunes, atteignant près de 60 % chez les moins de 29 ans, et encore plus chez les jeunes femmes, selon l’Institut national de la statistique et des recensements.

Selon le professeur de droit du travail Miguel Ángel Maza, interrogé par BBC Mundo,

« Notre législation du travail a été consolidée dans les années 1970 et reflète un monde différent, un modèle de travail composé d’employés et d’ouvriers d’usine. »

Miguel Ángel Maza, professeur de droit du travail

Un ouvrier coud l'étiquette "Fabriqué en Argentine" sur une veste de l'usine argentine Confecciones Seman SA, Buenos Aires, le 10 février 2026.

Source des images, Getty Images

légende de la photo, La base du droit du travail en Argentine se trouvait dans une loi de 1974.

Le gouvernement Milei met l’accent sur la nécessité de créer un environnement plus favorable aux entreprises, estimant que la législation actuelle entrave la création d’emplois et encourage l’informalité. Il propose des incitations fiscales pour les entreprises qui embauchent de nouveaux salariés, notamment des réductions de cotisations patronales pour les embauches de chômeurs, d’indépendants ou d’anciens fonctionnaires.

Cependant, les critiques dénoncent une réforme qui affaiblit les droits des travailleurs et favorise la précarité. L’opposition et les syndicats craignent que l’allongement de la journée de travail, la modification du calcul des indemnités de licenciement et la restriction des congés de maladie ne conduisent à une détérioration des conditions de travail et à une augmentation de l’exploitation des salariés.

Des affiches de législateurs favorables à la réforme du travail et des messages contre la nouvelle loi sont affichés sur les barrières de sécurité entourant le Congrès.

Source des images, Getty Images

légende de la photo, La principale centrale syndicale du pays a affiché dans la rue des affiches dans lesquelles elle remettait en question le changement et le qualifiait de perte des droits du travail.

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