Publié le 20 février 2026 à 06h05. La Zambie espère voir ses obligations d’État en monnaie locale intégrées aux indices de référence internationaux, une étape qui pourrait attirer des milliards de dollars d’investissements étrangers et consolider la reprise économique du pays.
- Le ministre zambien des Finances plaide pour l’inclusion des obligations nationales dans les indices internationaux.
- La demande pour la dette zambienne a fortement augmenté après l’ouverture à davantage d’investisseurs étrangers.
- JPMorgan évalue actuellement la possibilité de créer un indice de marché frontière pour la dette locale.
La Zambie, deuxième producteur de cuivre d’Afrique, cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Le ministre des Finances, Situmbeko Musokotwane, a exprimé son souhait de voir les obligations d’État libellées en kwacha (la monnaie locale) intégrées aux principaux indices suivis par les grands investisseurs. Cette inclusion, selon lui, refléterait l’évolution positive du marché obligataire zambien.
« Le niveau d’intérêt pour notre marché obligataire local démontre clairement l’inclusion de la Zambie dans tout indice international », a déclaré M. Musokotwane au Financial Times. Cette demande accrue intervient après que le pays a augmenté le plafond de la participation étrangère dans les émissions d’obligations d’État, passant de 5 % à 23 % en janvier, dans le but de refinancer sa dette.
Depuis le début de l’année, les investisseurs ont offert 32 milliards de kwachas (1,7 milliard de dollars américains) pour 8,4 milliards de kwachas de dette proposés par la Zambie lors de deux adjudications. Le gouvernement a finalement vendu 19 milliards de kwachas à des rendements compris entre 14 et 19 %, supérieurs aux taux d’intérêt locaux actuels de 13,5 %.
L’inclusion dans les indices de référence internationaux est cruciale car elle peut diriger des centaines de milliards de dollars de flux de capitaux vers les pays en développement. Les obligations en monnaie locale des marchés frontières, comme la Zambie, sont traditionnellement moins liquides que la dette en dollars, mais elles offrent souvent des rendements plus élevés.
JPMorgan, l’une des principales banques d’investissement, évalue actuellement la possibilité de lancer un indice couvrant un grand nombre de ces pays. La banque américaine a mené des consultations sur un éventuel indice de marché frontière de la dette locale, selon des sources proches des discussions. M. Musokotwane s’est refusé à commenter ces discussions en cours, tout comme JPMorgan.
La Zambie sort tout juste d’une période de défaut de paiement sur sa dette extérieure, survenue en 2020. Bien qu’elle n’ait jamais restructuré ses obligations en monnaie nationale, le pays avait limité les achats étrangers de nouvelle dette pendant de nombreuses années afin de contrôler les sorties de capitaux, en raison d’un programme de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI).
Cette année, le kwacha zambien a enregistré une appréciation de plus de 17 % par rapport au dollar américain, grâce à la hausse des prix du cuivre et aux restrictions renforcées par la Banque de Zambie sur l’utilisation intérieure des devises étrangères.
Par ailleurs, la Zambie a commencé à autoriser les sociétés minières à payer leurs impôts en renminbi (yuan chinois), reflétant l’importance croissante de la monnaie chinoise dans le commerce international. Selon M. Musokotwane, cette mesure permet de « répondre directement aux paiements d’importation et à d’autres obligations avec les partenaires chinois ». Il prévoit que 15 % des taxes minières seront payées en renminbi d’ici 2026, contre environ 60 % en dollars américains et 25 % en kwacha.