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3 valeurs des banques régionales qui ont écrasé les résultats du troisième trimestre

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Alors que le spectre d’Halloween plane, le secteur bancaire régional pourrait bien avoir vu son lot de frissons, mais la saison des résultats du troisième trimestre pourrait inverser la tendance. Après une année marquée par des faillites retentissantes, des prêts douteux et des accusations de fraude, certaines institutions financières régionales démontrent une résilience inattendue, apaisant les craintes des marchés.

L’année 2025 a été rude pour les investisseurs du secteur bancaire. Les gros titres ont été dominés par des affaires de fraude et les défaillances de prêteurs comme Tricolor et First Brands. Ces événements ont directement impacté des banques d’envergure, mais les établissements régionaux, tels que Fifth Third Bancorp et Zion Bancorp, ont ressenti plus vivement les répercussions. Ce dernier a d’ailleurs dû enregistrer une provision de 50 millions de dollars pour prêts frauduleux. La succession de faillites, même dans des entreprises de taille modeste, a alimenté la crainte d’une contagion systémique : si une banque régionale peut subir une perte de cette ampleur, combien d’autres mauvaises surprises sont-elles encore à craindre ?

Au-delà de ces cas isolés, plusieurs facteurs structurels ont pesé sur le moral des investisseurs :

  • Le « mur de la maturité » de l’immobilier commercial (CRE) : Depuis la pandémie, les prêts immobiliers commerciaux sont une source majeure d’inquiétude. Près de 1 000 milliards de dollars de ces prêts arrivent à échéance d’ici fin 2025, et le maintien de taux d’intérêt élevés rend le refinancement particulièrement ardu. Ces prêts représentent environ 44 % du portefeuille des banques régionales.
  • Incertitude autour des taux d’intérêt et de la réglementation : Bien que la Réserve fédérale américaine (Fed) ait amorcé une baisse des taux, le rythme de ces ajustements futurs reste sujet à d’intenses débats au sein de la banque centrale. Par ailleurs, des voix s’élèvent au sein de la Fed pour s’inquiéter d’éventuels assouplissements réglementaires, comme des réductions des exigences de fonds propres ou des tests de résistance moins stricts. Si ces règles touchent davantage les grandes banques, le cadre législatif incertain n’en reste pas moins un défi pour les établissements de plus petite taille.
  • La poursuite de Western Alliance : En début de mois, Western Alliance Bancorp a annoncé une action en justice pour fraude contre Cantor Group V LLC, entraînant une chute de 10 % de ses actions. Si cette information aurait pu passer inaperçue en temps normal, le contexte tendu a transformé cette annonce en un catalyseur de nervosité supplémentaire.

Malgré ces vents contraires, les résultats du troisième trimestre ont révélé une résilience remarquable chez plusieurs banques régionales, dont trois se distinguent particulièrement.

Trois banques qui dépassent les estimations de bénéfices

La saison des résultats du troisième trimestre pourrait bien marquer un tournant pour le secteur bancaire régional. Après avoir largement sous-performé le marché dans son ensemble pendant une grande partie de 2025, les récents succès en matière de bénéfices pourraient inverser cette tendance tenace. Voici trois établissements à surveiller pour un éventuel rebond du secteur :

1. US Bancorp : Un plan multifacette pour des revenus records

Avec une capitalisation boursière frôlant les 75 milliards de dollars, US Bancorp pourrait bientôt dépasser le statut de banque régionale. La banque génère plus de 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et offre un rendement de dividende de 4,35 %. Cependant, son récent rapport financier est le véritable moteur de l’optimisme. US Bancorp a enregistré un chiffre d’affaires record au troisième trimestre, surpassant les prévisions tant sur les revenus que sur le bénéfice net. Son revenu net d’intérêts (NII) a bondi de plus de 2 % en glissement annuel, tandis que ses revenus hors intérêts ont progressé de près de 10 %, soutenus par l’expansion de ses activités de gestion de patrimoine.

Les titres de US Bancorp évoluent actuellement à un niveau critique. Malgré des fondamentaux porteurs, l’action reste confinée entre les moyennes mobiles simples (SMA) de 50 et 200 jours. Si l’indice de force relative (RSI) signale un retour de dynamique après une zone de survente, un simple coup de pouce pourrait suffire à faire franchir à nouveau la SMA de 50 jours.

2. PNC Financial Services Group : Des bénéfices solides mais un scepticisme boursier persistant

En examinant les résultats passés de PNC Financial Services Group, on constate une constance remarquable dans le dépassement des estimations de BPA (bénéfice par action) et de revenus. Le trimestre le plus récent n’a pas fait exception. À l’instar d’US Bancorp, PNC Financial a annoncé des résultats supérieurs aux attentes pour le troisième trimestre 2025, incluant une augmentation de 7 % en glissement annuel de son NII, qui s’établit à 3,6 milliards de dollars. Les provisions pour pertes sur créances ont également connu une forte diminution en glissement annuel, passant de 243 millions à 167 millions de dollars.

Malgré ce trimestre solide, les investisseurs demeurent prudents quant à la trajectoire future de PNC. L’action a connu un bref rebond suite à la publication des résultats avant de refluer. Il a fallu un RSI en zone de survente pour stopper cette baisse. Pour que PNC Financial transforme ces gains en une hausse durable, le franchissement de la SMA de 200 jours représenterait une première étape significative.

3. Capital One Financial : À l’abri des turbulences régionales

Les actions de Capital One Financial ont fait preuve d’une résilience remarquable en 2025, progressant discrètement tandis que la volatilité affectait largement le secteur financier. Le titre affiche une hausse de 23 % depuis le début de l’année, surclassant nettement la plupart de ses pairs régionaux. Ce succès s’explique par le large fossé qu’a su construire la banque face aux problématiques sectorielles plus larges.

Capital One a annoncé une croissance de ses revenus de 23 % par rapport au trimestre précédent lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre 2025, avec un NII d’environ 12,4 milliards de dollars et des marges d’intérêt en hausse à 8,3 %. Les provisions pour pertes sur créances ont également été inférieures aux attentes. La combinaison de ses portefeuilles de prêts à la consommation et de prêts commerciaux a permis à la banque de rester à l’écart des préoccupations liées à l’immobilier commercial et aux prêts douteux qui tourmentent le secteur.

Capital One est également l’une des premières banques régionales de grande capitalisation à avoir regagné sa SMA de 50 jours ce mois-ci, un signal traditionnellement haussier, suggérant qu’une nouvelle phase de rallye pourrait être imminente.

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