Publié le 2025-10-16 08:57:00. À Tours, l’inauguration de la nouvelle cuisine centrale, véritable projet phare de la municipalité, a rassemblé élus et représentants de l’État ce mercredi 15 octobre 2025, marquant une étape clé dans la modernisation des services municipaux et la transition écologique.
- La nouvelle cuisine centrale de Tours, située à l’angle des rues de Suède et Baptiste Marcet, a été officiellement inaugurée.
- Ce projet, d’un coût de 22 millions d’euros, vise à produire jusqu’à 11 000 repas par jour pour les scolaires et les enfants des crèches, tout en intégrant des normes environnementales strictes.
- L’initiative s’inscrit dans une démarche plus large de transition écologique et d’amélioration des conditions de travail des agents municipaux.
L’importance accordée à un projet se mesure souvent à la pompe déployée pour son inauguration. C’est le cas pour la nouvelle cuisine centrale de Tours, dont la présentation s’est déroulée dans un cadre résolument officiel. Alors que le grand public devra patienter pour découvrir les installations via un parcours pédagogique aménagé, ce mercredi 15 octobre 2025 était réservé aux invités. Un parterre fourni, comprenant le Préfet d’Indre-et-Loire, des représentants de l’État, de nombreux élus de la majorité municipale ainsi que des représentants métropolitains, départementaux et régionaux, a répondu présent pour saluer cette réalisation, sous le regard visiblement satisfait du maire de Tours.
Ce projet d’envergure répondait à un besoin ancien. L’ancienne cuisine centrale, ouverte en 1976 dans le quartier des Fontaines, était devenue obsolète, présentant des infrastructures vieillissantes et un agencement complexe. Dès 2015, l’idée d’une nouvelle structure avait germé. Une première esquisse, pensée en collaboration avec le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Tours pour mutualiser les moyens et produire trois millions de repas annuels via un Groupement d’Intérêt Public (GIP), avait été envisagée pour une livraison en 2023 à Chambray. Cependant, la majorité élue en 2020 a décidé d’abandonner ce projet, privilégiant la création d’une cuisine centrale municipale autonome. Le maire, Emmanuel Denis, a notamment justifié ce choix par la volonté de maîtriser l’ensemble du processus et de développer un volet axé sur « l’éducation au goût et à l’alimentation. »
Aujourd’hui, le projet se concrétise pour un investissement total de 22 millions d’euros. La Ville de Tours a financé 13 millions, le reste étant réparti entre la Métropole, le Département, la Région, l’État et l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise d’Énergie). Cette nouvelle structure moderne affiche une capacité de production pouvant atteindre 11 000 repas quotidiens, principalement destinés aux enfants des crèches et des écoles publiques tourangelles. L’accent a été mis sur la réduction de l’empreinte carbone, avec l’utilisation de béton bas-carbone, l’installation de 1 600 m² de panneaux photovoltaïques et l’intégration d’espaces verts et d’un patio central. L’une des innovations majeures réside dans le remplacement des 200 tonnes annuelles de barquettes jetables par 13 200 contenants réutilisables en inox. Une légumerie intégrée permettra de transformer jusqu’à 2 tonnes de fruits et légumes bruts par jour. Parallèlement, les conditions de travail des 52 agents affectés sur le site ont été repensées, avec des équipements plus automatisés et un environnement plus agréable, notamment en termes de luminosité et de circulation de l’air dans les zones de froid. L’entreprise Options Solutions, retenue pour la partie laverie, apportera son expertise en matière de techniques de lavage sans produits chimiques.
Cette réalisation, portée à bout de bras par Emmanuel Denis et son adjointe à l’alimentation, Alice Wanneroy, représente une victoire pour la majorité municipale à l’approche des élections de mars 2026. Si le maire sortant n’a pas encore confirmé sa candidature, cette nouvelle cuisine centrale constitue un argument concret de son bilan, notamment en matière de transition écologique et d’amélioration des services rendus aux jeunes Tourangeaux, en écho au plan de rénovation et de végétalisation des écoles de la ville. Pour les opposants, il pourrait s’agir d’« l’arbre qui cache la forêt », mais pour la majorité actuelle, ce projet incarne une réussite concrète de leur action.