Publié le 2 novembre 2025. Face à la menace du virus Nipah, un pathogène aux taux de létalité alarmants, des avancées significatives sont en cours pour développer un vaccin préventif. Une collaboration internationale vise à constituer la plus grande réserve mondiale de candidats vaccins prêts à l’emploi.
- Le virus Nipah, responsable d’une maladie potentiellement mortelle, sévit actuellement au Bangladesh et en Inde en 2025.
- Aucun vaccin n’est encore disponible contre ce virus transmis par les chauves-souris ou les porcs.
- Une initiative majeure, associant la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI), l’Université d’Oxford et le Serum Institute of India (SII), a été lancée.
Le virus Nipah, classé parmi les agents pathogènes les plus dangereux au monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), peut provoquer des symptômes allant de formes asymptomatiques à des affections respiratoires sévères et des encéphalites mortelles. L’OMS estime son taux de létalité entre 40 % et 75 %. Des cas mortels ont été confirmés au Bangladesh et en Inde courant 2025, rappelant l’urgence de la situation.
Face à cette menace persistante, une nouvelle stratégie de défense prend forme. Le Serum Institute of India, en partenariat avec la CEPI et l’Université d’Oxford, s’est engagé à créer la plus grande réserve mondiale de candidats vaccins contre le virus Nipah. Ce projet bénéficie d’un financement de la CEPI pouvant atteindre 7,3 millions de dollars (environ 6,7 millions d’euros), destiné à soutenir le développement du procédé et la fabrication du vaccin candidat ChAdOx1 NipahB de l’Université d’Oxford par le SII.
« La collaboration avec la CEPI et l’Université d’Oxford pour développer et fabriquer une réserve expérimentale du candidat vaccin ChAdOx-Nipah marque une étape importante dans nos efforts de préparation à une pandémie. »
Dr Umesh Shaligram, directeur exécutif du Serum Institute of India
Le Dr Umesh Shaligram, directeur exécutif du Serum Institute of India, a souligné l’importance de cette démarche dans un communiqué de presse en octobre 2025. « En tirant parti de nos capacités de fabrication éprouvées et de nos succès passés avec la plateforme ChAdOx, nous sommes fiers de contribuer à établir la plus grande réserve expérimentale au monde contre le virus Nipah, l’un des agents pathogènes les plus mortels connus. Notre objectif est de garantir que les doses vitales parviennent à ceux qui en ont le plus besoin, en particulier dans les pays du Sud. »
Dans le cadre de ce projet, le SII produira des doses destinées à un essai clinique de phase II dans un pays affecté par le Nipah. Parallèlement, une réserve expérimentale de 100 000 doses sera constituée, prête à être déployée en cas d’urgence lors d’une future épidémie. Ces doses pourraient contribuer à générer des données cruciales et potentiellement endiguer une propagation du virus. L’Université d’Oxford sera en charge de la conduite de ces essais cliniques, qui devraient être les premiers essais de phase II pour un candidat vaccin contre le virus Nipah à l’échelle mondiale.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de recherche et développement déjà engagée. Plus tôt en 2025, la CEPI et le Département américain de la Défense avaient lancé un effort conjoint visant le traitement et la prévention du virus Nipah.