Publié le 26 septembre 2025. Ne pas se présenter à son premier rendez-vous de dépistage du cancer du sein pourrait augmenter le risque de mourir de cette maladie jusqu’à 40 %, selon une nouvelle étude suédoise. Ces résultats soulignent l’importance cruciale du suivi régulier pour une détection précoce et une meilleure prognose.
- L’absence à un premier examen de mammographie est associée à une probabilité accrue de diagnostic à des stades avancés du cancer du sein et à une mortalité plus élevée.
- Les femmes qui manquent le premier rendez-vous de dépistage sont également plus susceptibles de négliger les examens suivants.
- Les recommandations actuelles suggèrent de commencer les mammographies de dépistage à 40 ans pour la majorité des femmes.
Une étude de grande envergure, publiée le 24 septembre 2025 dans la revue *The BMJ*, a analysé les données de plus de 400 000 femmes en Suède sur une période pouvant aller jusqu’à 25 ans. Les résultats sont sans appel : près d’un tiers des femmes invitées à leur premier dépistage n’y ont pas participé. Ces non-participantes ont montré une tendance à moins recourir aux mammographies par la suite, conduisant à des diagnostics plus tardifs.
Les chercheuses ont constaté que les femmes ayant manqué leur premier dépistage présentaient un risque 1,5 fois plus élevé de diagnostic de cancer du sein de stade 3 et 3,6 fois plus élevé pour le stade 4, comparativement à celles qui s’étaient présentées à leur premier rendez-vous. Ces diagnostics tardifs se traduisent par une mortalité par cancer du sein significativement plus importante sur le long terme. Un éditorial d’accompagnement, publié dans la même revue, a qualifié la participation au premier dépistage de « véritable investissement à long terme aux implications considérables sur la santé future et la survie ».
Le Dr Leana Wen, médecin urgentiste et professeure à l’Université George Washington, a apporté un éclairage d’expert sur ces découvertes. Elle rappelle que le cancer du sein est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes aux États-Unis et la deuxième cause de décès par cancer. En 2022, plus de 279 000 nouveaux cas ont été recensés, et plus de 42 000 femmes sont décédées de cette maladie en 2023. À l’échelle mondiale, une femme sur 20 sera diagnostiquée au cours de sa vie, et les projections indiquent une augmentation drastique des nouveaux cas et des décès d’ici 2050.
L’importance du dépistage précoce est fondamentale. Lorsque le cancer du sein est détecté à un stade localisé, avant qu’il ne se propage, le taux de survie à cinq ans dépasse 99 %. En revanche, lorsque le cancer s’est métastasé à d’autres organes, ce taux de survie chute à environ 32 %.
Quand débuter le dépistage et comment ?
En 2024, le groupe de travail américain sur les services préventifs (U.S. Preventive Services Task Force) a abaissé l’âge recommandé pour le début des mammographies de dépistage à 40 ans pour la plupart des femmes. Il est conseillé de réaliser une mammographie tous les deux ans jusqu’à 74 ans. Pour les femmes de 75 ans et plus, la décision de poursuivre le dépistage doit être discutée avec leur médecin traitant.
Ces recommandations s’adressent aux femmes présentant un risque moyen. Celles présentant un risque plus élevé – en raison d’antécédents familiaux de cancer du sein, de mutations génétiques connues, ou d’une irradiation thoracique préalable – sont encouragées à consulter leur professionnel de santé pour un dépistage plus précoce et plus fréquent.
Quant aux autres méthodes, les mammographies restent le test de dépistage standard. Pour les femmes à risque élevé, des examens complémentaires comme l’IRM mammaire, l’échographie ou des tests génétiques peuvent être envisagés. Les femmes ayant un tissu mammaire dense peuvent également discuter avec leur médecin de la pertinence de tests additionnels, la mammographie étant moins sensible dans ces cas.
Les auto-examens des seins, bien qu’ils ne soient pas systématiquement recommandés comme méthode de dépistage et ne remplacent pas la mammographie, revêtent une importance. Il est conseillé aux femmes de connaître l’aspect et la texture habituels de leurs seins afin de pouvoir identifier rapidement tout changement suspect. Ces changements peuvent inclure une nouvelle masse, des écoulements mamelonnaires inhabituels, une douleur persistante, un gonflement, des modifications de la peau du sein, ou des ganglions lymphatiques élargis dans les aisselles. En cas de tels symptômes, il est impératif de consulter un professionnel de santé sans délai.
Réduire son risque
Pour les femmes préoccupées par leur risque de développer un cancer du sein, certaines mesures peuvent contribuer à le réduire. Parmi les facteurs de risque modifiables, le tabagisme, une consommation excessive d’alcool, le surpoids et l’obésité sont des éléments clés. Arrêter de fumer, limiter sa consommation d’alcool et maintenir un poids santé sont des actions bénéfiques. L’activité physique régulière et une alimentation nutritive contribuent également à la réduction du risque de cancer et à l’amélioration de la santé globale.