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La Maison Blanche gèle les fonds pour les États démocratiques dans la fermeture de la fermeture

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Le gouvernement fédéral américain a plongé dans une paralysie partielle le 1er octobre 2025, suite à l’incapacité du Sénat à approuver un financement, un blocage qui frappe de plein fouet des projets d’infrastructure majeurs et met au chômage technique des centaines de milliers de fonctionnaires.

La crise budgétaire qui paralyse Washington affecte directement des initiatives jugées prioritaires par les Démocrates. Parmi les programmes mis à l’arrêt figurent notamment 18 milliards de dollars destinés au développement des transports en commun à New York, métropole qui abrite les deux leaders démocrates du Congrès, et 8 milliards de dollars pour des projets d’énergie verte dans 16 États sous gouvernance démocrate, dont la Californie et l’Illinois.

Des répercussions majeures pour les fonctionnaires et l’économie

Au total, environ 750 000 employés fédéraux ont reçu l’ordre de cesser le travail. Pour certains d’entre eux, comme les militaires et les agents de la patrouille frontalière, cela signifie travailler sans rémunération jusqu’à la résolution de la crise. Le Département des Anciens Combattants, par exemple, a annoncé qu’il continuerait à assurer les inhumations dans les cimetières nationaux, mais sans prendre en charge la pose des pierres tombales ni l’entretien des pelouses.

Le vice-président JD Vance a d’ailleurs alerté sur une possible extension des licenciements si le shutdown venait à s’éterniser. Il a évoqué la perspective de révoquer 300 000 employés supplémentaires d’ici décembre, une mesure qui, si elle venait à être appliquée, dépasserait le cadre des fermetures précédentes qui n’avaient jamais entraîné de licenciements permanents.

Le Bureau américain des brevets et des marques a déjà indiqué qu’il allait licencier 1% de ses 14 000 employés, selon une communication interne relayée par l’agence Reuters.

Accusations de « chantage » et de ciblage politique

Les Démocrates ont vivement dénoncé cette situation, accusant l’administration Trump de s’appuyer sur la fermeture du gouvernement pour punir ses opposants politiques et accroître son influence sur le budget fédéral, un domaine constitutionnellement réservé au Congrès. Hakeem Jeffries, leader démocrate à la Chambre des représentants, a souligné que le gel du financement des projets de métro et de port dans sa ville natale de New York entraînerait la suppression de milliers d’emplois.

Chuck Schumer, chef des Démocrates au Sénat, également originaire de New York, a qualifié ces mesures de « chantage », affirmant que le président utilisait le peuple américain comme « des pions » et menaçait le pays de « douleurs » pour faire avancer ses objectifs partisans.

Même certains Républicains expriment des réserves. Le sénateur Thom Tillis a craint que le gel des fonds d’infrastructure à New York ne complique la sortie de crise, créant un « environnement toxique » au Congrès. Il a plaidé pour une collaboration entre les partis afin de sortir rapidement de cette impasse.

Face à ces critiques, le chef des Républicains au Sénat, John Thune, a balayé l’idée d’une prise d’otages budgétaire, déclarant : « Il suffit de voter pour rouvrir le gouvernement et le problème disparaît, c’est assez simple. »

Hakeem Jeffries a précisé n’avoir eu aucun contact avec la Maison Blanche depuis une réunion tenue en début de semaine, concluant : « De toute évidence, ils voulaient fermer le gouvernement. »

Un Sénat divisé et des négociations au point mort

Parallèlement, le Sénat a une nouvelle fois échoué à trouver un accord. Deux propositions ont été rejetées : une initiative républicaine visant à prolonger le financement jusqu’au 21 novembre et une proposition démocrate liant le financement à des améliorations des soins de santé. Les Républicains disposent d’une majorité de 53 sièges contre 47 pour les Démocrates, mais nécessitent le soutien d’au moins sept sénateurs démocrates pour franchir le seuil de 60 voix requis pour adopter des lois de dépense.

Le financement des opérations des agences fédérales, qui représente environ un quart des dépenses annuelles, est au cœur des débats. Les Démocrates exigent des garanties que le président Trump ne pourra pas passer outre les lois de dépenses qu’il signe, une pratique qu’il a déjà adoptée à plusieurs reprises.

Les deux camps s’accusent mutuellement d’être responsables de la situation, chacun cherchant à tirer avantage de ce blocage à l’approche des élections de mi-mandat de 2026. Les Démocrates pointent du doigt le contrôle du pouvoir par les Républicains à Washington, tandis que ces derniers accusent les Démocrates de céder aux pressions partisanes, même s’ils ont par le passé voté des lois de financement similaires. Une fausse allégation selon laquelle la proposition démocrate étendrait illégalement la couverture santé à des personnes en situation irrégulière a également été répétée par les Républicains, alors que le plan démocrate ne concernerait que des catégories d’immigrants légalement présents dans le pays, tels que les demandeurs d’asile et les titulaires de visas de travail.

Certaines agences gouvernementales ont même pris l’initiative de publier des avis sur leurs sites web blâmant la « gauche radicale » pour la fermeture, une démarche qui pourrait constituer une violation de la loi Hatch, visant à protéger les services gouvernementaux des ingérences politiques partisanes.

L’histoire récente rappelle que la plus longue fermeture de l’histoire du gouvernement américain, qui s’est étendue sur plus de 35 jours entre fin 2018 et début 2019 sous l’administration Trump, avait pris fin en partie après des perturbations du trafic aérien provoquées par des appels massifs de contrôleurs aériens malades.

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