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Les dommages causés par les accidents vasculaires cérébraux alors que les cellules souches reprennent le cerveau

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Publié le 2025-10-02 15:49:00. Des chercheurs de l’Université de Zurich ont démontré qu’une greffe de cellules souches neurales humaines chez la souris pouvait inverser les effets d’un accident vasculaire cérébral (AVC), favorisant la régénération neuronale et la récupération motrice.

  • Une thérapie par cellules souches a permis de créer de nouveaux neurones et de rétablir des connexions cérébrales chez des souris ayant subi un AVC.
  • Au-delà de la neurogenèse, le traitement a stimulé la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et renforcé la barrière hémato-encéphalique.
  • Les résultats ouvrent la voie à de futurs essais cliniques pour traiter les séquelles dévastatrices des AVC chez l’homme.

Un AVC, causé par une rupture de vaisseau sanguin ou un manque d’oxygène dans le cerveau, entraîne la mort irréversible de cellules neuronales. Il touche un adulte sur quatre au cours de sa vie, laissant souvent des séquelles permanentes telles que la paralysie ou des troubles de l’élocution. Face à l’absence de traitement curatif actuel, la recherche de nouvelles approches régénératives s’avère cruciale. Le professeur Christian Tackenberg, à la tête de la division du groupe de neurodégénérescence à l’Institut de médecine régénérative de l’Université de Zurich (UZH), souligne l’importance de ces avancées : « C’est pourquoi il est essentiel de poursuivre de nouvelles approches thérapeutiques visant la régénération potentielle du cerveau après des maladies ou des accidents. »

Dans ce contexte, une équipe de recherche dirigée par Christian Tackenberg et la chercheuse postdoctorale Rebecca Weber, en collaboration avec un groupe de l’Université de Californie du Sud sous la direction de Ruslan Rust, a franchi une étape significative. Leurs études, publiées dans la revue Nature Communications, démontrent la capacité des cellules souches neurales humaines à non seulement former de nouveaux neurones, mais aussi à stimuler d’autres processus de régénération essentiels à la guérison du cerveau.

Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont utilisé des cellules souches neurales humaines, capables de se différencier en divers types cellulaires du système nerveux. Ces cellules ont été générées à partir de cellules pluripotentes induites (cellules souches iPS), elles-mêmes obtenues à partir de cellules somatiques humaines. Les chercheurs ont ensuite induit un AVC permanent chez des souris, un modèle reproduisant fidèlement les caractéristiques des AVC humains, après avoir génétiquement modifié les animaux pour éviter tout rejet des cellules humaines greffées.

Une semaine après l’induction de l’AVC, les cellules souches neurales ont été transplantées dans la zone cérébrale lésée. L’observation des effets sur une période de cinq semaines a révélé que la majorité de ces cellules avaient survécu et s’étaient différenciées en neurones fonctionnels, établissant des connexions avec les cellules cérébrales existantes. « Nous avons constaté que les cellules souches ont survécu pendant toute une période d’analyse de cinq semaines et que la plupart d’entre elles se sont transformées en neurones, qui ont même communiqué avec les cellules cérébrales déjà existantes », explique Christian Tackenberg.

Les bénéfices de la transplantation de cellules souches ne se sont pas limités à la création de nouveaux neurones. Les chercheurs ont également observé une angiogenèse accrue – la formation de nouveaux vaisseaux sanguins – une diminution des réponses inflammatoires et une amélioration de l’intégrité de la barrière hémato-encéphalique. Ces résultats dépassent les observations d’études antérieures qui se concentraient principalement sur les effets immédiats post-transplantation. Plus concrètement, les souris ayant reçu la greffe de cellules souches ont montré une inversion des troubles moteurs induits par l’AVC, une amélioration partiellement attestée par une analyse de la démarche assistée par intelligence artificielle.

Dans une perspective d’application clinique chez l’homme, les chercheurs ont veillé à ce que la culture des cellules souches n’utilise aucun réactif d’origine animale. Ce protocole, développé en collaboration avec le Centre de Recherche et d’Application des Cellules Souches iPS (CIRA) de l’Université de Kyoto, est essentiel pour une utilisation thérapeutique future. Une autre découverte clé de cette recherche est que la greffe de cellules souches semble plus efficace lorsqu’elle est réalisée une semaine après l’AVC, plutôt qu’immédiatement. Ce délai offre une fenêtre plus favorable pour la préparation et la mise en œuvre du traitement en milieu clinique.

Malgré ces résultats prometteurs, Christian Tackenberg met en garde contre une interprétation prématurée : « Nous devons minimiser les risques et simplifier une application potentielle chez l’homme », affirme-t-il. Des travaux sont en cours pour développer un système de sécurité permettant de prévenir toute croissance incontrôlée des cellules souches dans le cerveau, ainsi qu’une méthode d’administration moins invasive, telle que l’injection endovasculaire. Des essais cliniques utilisant des cellules souches iPS pour traiter la maladie de Parkinson sont déjà en cours au Japon. Selon Christian Tackenberg, l’AVC pourrait être l’une des prochaines pathologies pour lesquelles un tel essai deviendrait possible.

Référence : Weber, R.Z., Achón Buil, B., Rentsch, N.H. et al. « Xenotransplantation of neurons contributes to long-term recovery in stroke via graft-host molecular crosstalk ». Nature Communications, 16 septembre 2025. DOI : 10.1038/s41467-025-63725-3.

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