Publié le 2025-10-03 07:15:00. La marine israélienne a intercepté le dernier navire de la « Flotte mondiale de résilience », mettant fin à la tentative de 42 embarcations de briser le blocus de Gaza. Plus de 400 militants ont été arrêtés et transférés en Israël pour interrogatoire.
- La marine israélienne a annoncé avoir pris le contrôle des 42 navires de la « Flotte mondiale d’Al-Samoud », après l’interception du dernier navire, le « Marinett », à environ 42,5 milles marins de Gaza.
- Plus de 400 partisans des Palestiniens, originaires de 47 pays, ont été interpellés lors de cette opération qui a duré près de 12 heures.
- La « Flotte de résilience mondiale » a dénoncé un « enlèvement illégal » et une violation du droit international, qualifiant l’incident de « crime de guerre ».
L’incident a pris fin après une opération de près de 12 heures, selon un responsable israélien. Les 41 premiers navires avaient été interceptés la veille. Le « Marinett » était le dernier navire de la flottille en route vers la bande de Gaza. Imamah Al-lawati, une militante omanaise à bord du « Marinett », avait indiqué que le bateau devait atteindre la côte de Gaza dans la journée de vendredi.
Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a salué l’action des forces navales, déclarant que « leurs efforts importants ont empêché des dizaines de bateaux de pénétrer dans la zone de combat et les efforts visant à éliminer la légitimité d’Israël. » Des images diffusées montraient des soldats israéliens montant à bord des navires, tandis que les militants, portant des gilets de sauvetage, levaient les mains.
La « Flotte de résilience mondiale » a qualifié l’arrestation des militants d' »enlèvement illégal » et de « violation directe du droit international et des droits de l’homme fondamentaux ». Elle a ajouté que « l’obstruction des navires de secours humanitaires dans les eaux internationales est un crime de guerre, et le fait d’empêcher les avocats d’assister et de cacher le sort des kidnappés renforce ce crime. » De son côté, le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé que tous les militants étaient sains et saufs et faisaient l’objet d’interrogatoires par la police israélienne, déclarant que la « provocation » de la flotte était terminée.
Les autorités de l’immigration en Israël ont commencé à organiser des audiences concernant les expulsions des militants, sans informer leurs avocats et en leur refusant une représentation juridique, selon le Centre Adalah, qui représente légalement certains militants. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a indiqué s’attendre à ce que les participants à la flotte soient expulsés d’Israël entre lundi et mardi, et renvoyés vers leurs capitales européennes par vols affrétés.
Le Hamas a condamné l’opération israélienne, la qualifiant de « crime de piraterie et de terrorisme maritime contre des civils », et a appelé à sa condamnation par la communauté internationale. Le mouvement a dénoncé cet acte comme un « acte agressif » ajoutant au « dossier noir des crimes israéliens » et a appelé le « monde libre à organiser des activités populaires et à protester contre ce crime ».
L’interception de la flotte a suscité des manifestations dans plusieurs villes du monde. À Barcelone, des protestations ont mené à des dégradations de magasins et restaurants. En Italie, des étudiants ont bloqué des universités et des routes. Des syndicats italiens ont appelé à une grève de la faim de soutien à la flotte. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a cependant critiqué certaines actions de protestation, s’interrogeant sur leur efficacité.
Des milliers de personnes ont également manifesté à Dublin, Paris, Berlin, Genève, Buenos Aires, Mexico et Karkh. À Istanbul, un rassemblement a eu lieu devant l’ambassade israélienne. Sur le plan diplomatique, le président colombien Gustavo Petro a ordonné l’expulsion des membres restants de la mission diplomatique israélienne, qualifiant l’action israélienne de « crime international ». L’Espagne et la Belgique ont convoqué l’ambassadeur d’Israël.
À Gaza, des enfants ont exprimé leur tristesse face à l’interception de la flotte, espérant qu’elle apporterait de la nourriture et des boissons dans un contexte de famine. « Nous vivons un état de siège permanent, même avant la guerre. Nous souffrons de la faim », a témoigné un jeune habitant. « Nous espérions que la caravane atteindrait le siège pour briser le siège parce que nous vivons une grande famine. »