Guillaume de Luxembourg monte sur le trône, un nouveau souffle pour le Grand-Duché
Le Grand-Duc Guillaume a officiellement accédé au trône du Luxembourg ce vendredi, marquant le début d’une nouvelle ère monarchique lors d’une cérémonie solennelle empreinte de tradition. La passation de pouvoir, qui a vu le 43e souverain prêter serment devant le Parlement, s’est déroulée sous les regards attentifs des têtes couronnées européennes et d’une foule nombreuse venue célébrer son nouveau monarque.
Des milliers de Luxembourgeois massés à l’extérieur du Palais Grand-Ducal ont scandé le nom de leur nouveau souverain, Guillaume, tandis que celui-ci apparaissait au balcon pour saluer le peuple. Vêtu d’un uniforme militaire vert olive rehaussé d’une ceinture jaune, le Grand-Duc était entouré de sa famille, notamment de la Grande-Duchesse Stéphanie, radieuse dans une robe bleu ciel, et de leurs deux jeunes fils, le Prince Charles, héritier du trône âgé de 5 ans, et le Prince François, 2 ans, tous deux en tenue de cour décontractée.
Dans son premier discours à la nation, le Grand-Duc Guillaume a puisé dans l’histoire pour inspirer son règne. Il a cité les mots de sa grand-tante, la Grande-Duchesse Charlotte, datant de 1919 : « Je vivrai la vie de mon peuple, dont je ne veux pas être séparé par un obstacle. Je partagerai leurs joies et leurs souffrances. » Faisant un parallèle entre les dévastations de la Première Guerre mondiale et les tensions géopolitiques actuelles, il a affirmé le rôle constant de la monarchie : « Symbole des principes de liberté et d’unité consacrés dans notre constitution, la monarchie est restée – alors comme maintenant – un point de référence constant et un soutien ferme en cas de crise. En ce sens, le serment que je viens de prêter sur la constitution marque une étape institutionnelle importante pour notre pays. »
Ce nouveau chapitre monarchique voit le Grand-Duc Guillaume succéder à son père, Henri, qui a régné pendant 25 ans dans un rôle largement symbolique.
Une nation en liesse pour son nouveau souverain
Dans les rues de la vieille ville, l’enthousiasme était palpable. Les badauds arboraient des drapeaux luxembourgeois, des portraits du couple grand-ducal et des bannières commémorant le « Trounweissel », l’accession au trône, en luxembourgeois. Certains visages étaient peints aux couleurs nationales : rouge, blanc et bleu clair.
« Maach dat Gudd! Du packs dat! », a lancé Nefeni Neocleousk, 18 ans, en souhaitant la bienvenue au nouveau souverain dans la langue nationale. Cette phrase, signifiant « Fais-le bien, tu y arriveras ! », résumait l’espoir et le soutien du peuple luxembourgeois.
Parmi les dignitaires présents figuraient des membres des familles royales des Pays-Bas et de Belgique. Le nouveau Grand-Duc doit par ailleurs organiser un dîner de gala en soirée, auquel sont attendus des personnalités telles que le président français Emmanuel Macron et le président allemand Frank-Walter Steinmeier.
Ce couronnement marque une étape importante pour le Luxembourg, le dernier grand-duché au monde. Guillaume devient le septième Grand-Duc depuis l’établissement de la monarchie moderne en 1890. Ce week-end, il entamera des visites dans son royaume, un petit pays de 700 000 habitants au cœur de l’Europe, qui se concluront par une messe à la Cathédrale de Luxembourg.
Un héritage gourmand et un avenir prometteur
Au-delà des cérémonies officielles, l’ascension de Guillaume est aussi célébrée par des gestes symboliques. Lea Lister, 70 ans, fournisseur officiel de la Cour, a préparé près de 200 madeleines pour le personnel des cérémonies. Elle propose également des boîtes commémoratives de ces petits gâteaux ornés de portraits de Guillaume et Stéphanie, évoquant « un conte de fées romantique » en harmonie avec les paysages luxembourgeois.
Madame Lister, qui a enseigné la cuisine au jeune Guillaume dès l’âge de 13 ans, préparant avec lui des plats traditionnels comme la Bouneschlupp (une soupe de haricots verts et de jambon), garde un souvenir ému de sa sensibilité et de son empathie. « On sent qu’il est le fils de parents qui s’aimaient beaucoup », confie-t-elle. « Il est très émotif, très sensible. J’adore ça et je pense qu’il sera un formidable Grand-Duc pour nous. »
Le Luxembourg, nation parlementaire dont le Grand-Duc est le chef de l’État, conserve sa stature de pays le plus riche de l’Union européenne par habitant. Acteur majeur de la finance européenne, le Grand-Duché abrite des institutions clés comme la Cour de justice européenne et la Banque européenne d’investissement.
Guillaume, qui a suivi une formation militaire à Sandhurst et une expérience professionnelle dans plusieurs entreprises européennes, hérite d’une fonction où son rôle est traditionnellement plus symbolique que politique. « Sa marge de manœuvre, son droit d’action, est nul », explique l’historien Christoph Brüll. « Le seul pouvoir qu’il possède est celui de la parole. Le Grand-Duc restera un symbole politique. »
Son monogramme, une combinaison dorée de ses initiales couronnée, remplace désormais celui de son père sur les uniformes des différentes administrations du duché. Le nouveau souverain s’inscrit ainsi dans la continuité tout en apportant sa propre empreinte à la monarchie luxembourgeoise.