Home Santé Dolphins avec Alzheimer? L’étude relie les toxines d’algues aux maladies neurodégénératives

Dolphins avec Alzheimer? L’étude relie les toxines d’algues aux maladies neurodégénératives

0 comments 56 views

Publié le 2025-10-06 08:05:00. Une récente étude publiée dans la revue Nature Communications Biology suggère un lien troublant entre les échouages de dauphins et des altérations cérébrales similaires à celles observées dans la maladie d’Alzheimer chez l’homme. Ces changements neurologiques pourraient être la conséquence de l’exposition à des toxines produites par des cyanobactéries.

  • Des chercheurs ont découvert des concentrations élevées d’une neurotoxine, le 2,4-diaminobutyrique (2,4-dab), dans le cerveau de dauphins échoués en Floride.
  • Ces cerveaux présentaient des caractéristiques neuropathologiques similaires à celles de la maladie d’Alzheimer humaine, comme des plaques amyloïdes.
  • L’étude met en lumière le rôle des dauphins en tant qu’« sentinelles environnementales », alertant sur des risques potentiels pour la santé humaine.

Une équipe internationale de scientifiques, incluant des représentants de l’Université de Miami, des Brain Chemistry Labs, du Hubbs-Seaworld Research Institute et du Blue World Research Institute, a mené ses recherches sur vingt grands dauphins (Tursiops truncatus) retrouvés échoués dans le lagon de l’Indian River, en Floride. L’analyse post-mortem de leurs cerveaux a révélé des concentrations exceptionnellement élevées de 2,4-diaminobutyrique (2,4-dab), une substance neurotoxique générée par certaines algues. Ces niveaux étaient près de 2 900 fois supérieurs lors des périodes de prolifération des cyanobactéries.

Au-delà de la présence de cette toxine, l’étude a mis en évidence des marqueurs neuropathologiques typiquement associés à la maladie d’Alzheimer chez les humains. Parmi ceux-ci figurent des dépôts de protéines bêta-amyloïdes, des accumulations de protéine tau hyperphosphorylée, ainsi que des inclusions de TDP-43. Des analyses génétiques ont également permis d’identifier 536 gènes dont l’expression était modifiée, un grand nombre d’entre eux étant impliqués dans des maladies neurodégénératives.

« Ces dauphins agissent comme des sentinelles environnementales », a souligné David Davis, de la Miller School of Medicine. « Les changements que nous observons peuvent indiquer des risques similaires pour les humains exposés aux mêmes toxines. » Cette constatation fait écho à des études antérieures menées auprès de populations de Guam, qui avaient déjà établi un lien entre l’exposition chronique aux cyanotoxines et l’apparition de maladies neurologiques.

Les proliférations de cyanobactéries sont favorisées par plusieurs facteurs environnementaux, dont le réchauffement climatique et l’augmentation des apports de nutriments dans les cours d’eau, souvent issus des activités agricoles et des rejets d’eaux usées. Le phénomène est particulièrement accentué dans l’estuaire de l’Indian River, du fait notamment des déversements d’eau en provenance du lac Okeechobee.

Bien qu’il n’existe pas encore de preuve directe que ces toxines provoquent la maladie d’Alzheimer chez les dauphins ou les humains, la corrélation observée entre l’exposition et les altérations cérébrales est un signal d’alarme. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une surveillance accrue de la qualité de l’eau et d’une meilleure protection de la faune marine, qui sont autant de garants de la santé publique.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.