Publié le 2025-10-06 12:33:00. Le projet de production de méthanol renouvelable dans la province de Ciudad Real franchit une étape clé. L’initiative, qui vise à faire de l’Espagne une référence en matière de carburants verts, associe des acteurs majeurs de l’énergie pour une production durable de ce composé chimique.
- Magnon exploitera son usine de biomasse à Puertollano pour la capture du CO2 biogénique et la production d’e-méthanol.
- Power2X et Erasmopower2x fourniront l’hydrogène vert nécessaire, produit à partir d’énergie solaire.
- Le réseau d’hydrogène espagnol, piloté par Enagás, reliera ces installations pour optimiser la chaîne de valeur.
Cette collaboration ambitieuse vise à produire 200 000 tonnes d’e-méthanol par an. L’intégration de la capture de CO2 biogénique dans l’usine de biomasse de Magnon à Puertollano (Ciudad Real) est au cœur du dispositif. Parallèlement, Power2X et Erasmopower2x développeront la production d’hydrogène vert dans leurs propres installations situées à El Robledo (également dans la province de Ciudad Real), une composante essentielle à la synthèse du méthanol renouvelable.
Le futur réseau de transport d’hydrogène en Espagne jouera un rôle crucial dans cette démarche. Enagás, désigné comme gestionnaire provisoire du réseau, est chargé de bâtir cette infrastructure qui interconnectera les sites de production et de consommation. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner l’Espagne comme un acteur majeur des « molécules vertes » en Europe, générant ainsi des emplois qualifiés en Castille-La-Manche et attirant des investissements dans les filières de l’hydrogène et du méthanol renouvelable.
La vision portée par Magnon est claire : devenir une référence dans le domaine des carburants renouvelables. « Le projet renforcera la position de l’Espagne en tant que producteur de molécules vertes européennes, générera de nouvelles opportunités d’emploi économique et de qualité en Castille-La-Manche. En outre, il contribuera à attirer des investissements liés à l’innovation énergétique et aux chaînes de valeur de l’hydrogène et du méthanol renouvelable comme élément de base des produits pétrochimiques qui peuvent évoluer vers la génération de carburants renouvelables (ESAF), la polymérisation des plastiques et même la base de l’industrie alimentaire et biochimique », expliquent les représentants de Magnon.
Cette initiative promet de consolider une chaîne de valeur durable, combinant biomasse, capture de carbone et production d’hydrogène renouvelable. Elle a le potentiel d’une production compétitive et d’une croissance significative pour le territoire. Le méthanol renouvelable est ainsi perçu comme un levier pour l’indépendance énergétique, la décarbonisation, l’innovation et la transition vers un modèle énergétique plus équitable et sécurisé.
Le méthanol vert est défini comme le méthanol produit de manière renouvelable, sans émissions polluantes. L’une de ses variantes est obtenue à partir d’hydrogène vert. Ce composé chimique peut être utilisé comme carburant liquide bas-carbone, offrant une alternative prometteuse aux combustibles fossiles, notamment dans des secteurs difficiles à décarboniser comme le transport maritime.
Le méthanol (CH₃OH), également connu sous le nom d’alcool méthylique, trouve de nombreuses applications en tant que solvant, antigel, dans les matériaux de construction et la production de carburants synthétiques. Sa facilité de transport à température ambiante sous forme liquide en fait un produit attractif. Actuellement, la production de méthanol repose majoritairement sur le gaz naturel, un combustible fossile dont le méthane, composant principal, possède un potentiel de réchauffement global 86 fois supérieur à celui du CO2 sur 20 ans.
Le méthanol vert est ainsi un carburant issu de sources renouvelables. Sa production est rendue possible grâce à l’utilisation d’électricité d’origine renouvelable et de dioxyde de carbone capturé. Jusqu’à présent, cette méthode a été expérimentée en laboratoire, transformant le CO2 résiduel de processus industriels. Par un processus catalytique, il est synthétisé avec de l’hydrogène obtenu par électrolyse de l’eau, cette dernière étant elle-même alimentée par des énergies renouvelables (éolien, solaire).
La distinction entre les différents types de méthanol est importante dans le contexte de la transition énergétique :
- Méthanol gris : Obtenu par la synthèse du méthane issu du gaz naturel, ou parfois du charbon (comme en Chine).
- Méthanol bleu : Similaire au méthanol gris dans son origine gaz naturel, mais inclut un processus de capture et de stockage du carbone généré.
- Méthanol vert : Produit exclusivement à partir de sources d’énergie renouvelables, sans émissions de gaz nocifs dans l’atmosphère. Il est synonyme de méthanol renouvelable et propre.
- Biométhanol : Issu de la gazéification de sources de biomasse durables (déchets agricoles, forestiers, urbains, effluents d’élevage).
- E-méthanol : Produit à partir d’hydrogène vert (hydrogène issu d’électricité renouvelable) et de dioxyde de carbone capturé.
Le projet rassemble des personnalités clés du secteur : Guillermo Negro, PDG de Magnon ; Niels van Buuren, Vice-président exécutif développement commercial et méthanol chez Power2X ; Ignacio Colmenares, Président et PDG d’Ence ; Arturo Gonzalo, PDG d’Enagás ; Bas Dekker, PDG d’ErasmoPower2X ; et Jesús Saldaña, Directeur général développement des affaires et participations chez Enagás.
Cet article est lié à d’autres initiatives dans le domaine du méthanol vert :
- MEFCO2 démontre la possibilité de produire du méthanol vert à partir de CO2 capturé.
- L’IRENA estime que le méthanol renouvelable pourrait être compétitif en coûts avant 2050.