Publié le 2025-10-06 07:00:00. Chaque photo, vidéo ou document que nous créons chaque jour a un coût environnemental bien plus élevé qu’il n’y paraît. Derrière chaque fichier numérique se cache une immense infrastructure consommant une énergie colossale, engendrant ainsi des émissions de carbone significatives.
- La production exponentielle de données numériques, souvent stockées inutilement (« données sombres »), entraîne une consommation énergétique massive des centres de données.
- Au Royaume-Uni, 5 photos numériques par personne par jour génèrent 805 083 tonnes de carbone annuelles, équivalent à plus de 934 000 vols Londres-New York.
- Aux États-Unis, 20 photos quotidiennes par personne atteignent 3,9 milliards de tonnes de carbone par an, nécessitant des investissements colossaux pour compenser cet impact.
L’essor du numérique, loin d’être une activité neutre, repose sur une infrastructure complexe de centres de données, de réseaux et de serveurs qui fonctionnent sans relâche. Ces installations, actives 24h/24 et 7j/7, requièrent une quantité d’électricité substantielle non seulement pour alimenter les équipements, mais également pour assurer leur refroidissement, une étape cruciale et énergivore.
« À mesure que les données numériques augmentent de façon exponentielle, la demande de puissance de traitement croît, entraînant par conséquent une consommation d’énergie et des émissions de carbone accrues », soulignent des universitaires de la Loughborough University Business School. Cette accumulation concerne notamment les « données sombres », ces fichiers numériques sous-exploités qui, sans apporter de bénéfice réel, continuent de consommer de l’énergie. L’université estime que 65 % des données stockées dans les centres de données entrent dans cette catégorie.
« Ces données inutilisées, stockées sur d’innombrables serveurs dans le monde, exigent une maintenance et une énergie continues. Plus nous stockons de données sans but, plus l’empreinte carbone inutile est grande produite par la consommation d’énergie gaspillée. »
Recherche de la Loughborough University Business School
Face à ce constat, la législation peine à suivre le rythme effréné du progrès technologique. En attendant des réglementations plus contraignantes pour des pratiques plus sobres en énergie, chacun peut contribuer à un « décarburation numérique » individuelle. Selon des chiffres d’IBM cités par Loughborough, une personne génère 1,7 mégaoctet de données par seconde, soit l’équivalent de 10 DVD par journée de travail.
L’« internet vert » propose des stratégies concrètes pour réduire notre empreinte numérique. La première étape consiste à faire le tri : supprimer les photos, fichiers et applications devenus inutiles. Cette démarche permet non seulement de diminuer la consommation d’énergie des centres de données, mais aussi de réduire les frais de stockage. L’auto-sauvegarde systématique de chaque élément peut multiplier ces besoins de stockage et donc les coûts associés.
Pour réduire l’impact du streaming, il est conseillé d’opter pour des résolutions plus basses lorsque la haute définition n’est pas indispensable. Le choix d’appareils plus économes en énergie, dotés de fonctionnalités de gestion optimisée, est également une piste à privilégier. Une attention particulière à nos habitudes en ligne, comme éteindre son ordinateur lorsqu’il n’est pas utilisé, éviter les téléchargements superflus et désactiver sa caméra lors des réunions virtuelles si elle n’est pas essentielle, contribue à cette démarche. Comme le souligne Loughborough, ces petites actions s’additionnent et font une différence.
Pour le stockage dans le cloud, privilégier les fournisseurs engagés dans les énergies renouvelables et la transparence en matière de durabilité est recommandé. De même, des moteurs de recherche écoresponsables comme Ecosia, qui utilise ses bénéfices pour planter des arbres, méritent d’être considérés.
Enfin, il est essentiel de plaider pour des réglementations plus strictes. Sensibiliser le gouvernement, les collectivités locales et les entreprises à l’impact environnemental des données numériques permettra de construire un écosystème numérique plus respectueux de la planète. Des initiatives comme celle visant à réorienter l’énergie des centres de données pour chauffer les foyers irlandais montrent que des solutions innovantes sont possibles.