Publié le 2025-10-07 11:07:00. La Banque mondiale a révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan en 2025, tout en abaissant ses projections pour l’année prochaine. Ces ajustements s’expliquent par les tensions géopolitiques et la production pétrolière fluctuante de l’Iran et de la Libye.
- La croissance du PIB de la région est désormais attendue à 2,8 % en 2025, contre 2,6 % précédemment anticipé.
- Les pays exportateurs de pétrole font face à un ralentissement, tandis que les pays importateurs de pétrole devraient connaître une amélioration.
- L’Iran devrait enregistrer une contraction de son économie de 1,7 % cette année, suivie d’un déclin plus marqué de 2,8 % en 2026.
Dans sa dernière analyse, l’institution financière internationale met en lumière une amélioration de l’activité économique dans les pays du Golfe. Cette tendance positive est attribuée à une décélération plus rapide que prévu des coupes dans la production pétrolière et à une croissance soutenue du secteur non pétrolier. Les pays importateurs de pétrole, quant à eux, bénéficient d’une hausse de la consommation et des investissements privés, ainsi que d’une reprise des secteurs agricole et touristique.
Cependant, le rapport souligne un net ralentissement attendu pour les pays exportateurs de pétrole. Ces économies devront composer avec les perturbations engendrées par les conflits régionaux et les limitations imposées à la production d’hydrocarbures.
Impact des sanctions sur l’économie iranienne
L’économie iranienne est particulièrement touchée par ce nouveau contexte. La Banque mondiale prévoit désormais une contraction de 1,7 % pour l’année en cours, et une récession plus prononcée de 2,8 % pour 2026. Cette révision majeure contraste avec les estimations d’avril, qui tablaient encore sur une légère croissance de 0,7 % pour l’économie iranienne en 2026. L’institution explique cette détérioration par un repli tant des exportations de pétrole que de l’activité non pétrolière, dans un climat marqué par le renforcement des sanctions, notamment celles imposées par les Nations unies, et par les troubles survenus suite à un conflit en juin.
Pour rappel, en septembre, les Nations unies avaient imposé un embargo sur les armes et d’autres sanctions à l’Iran en raison de son programme nucléaire. Cette mesure, portée par les puissances européennes, avait suscité l’inquiétude de Téhéran quant à d’éventuelles représailles sévères. Ces restrictions faisaient suite à des mois de tensions, marquées par des bombardements israéliens et américains sur des sites nucléaires iraniens.
Les conflits, un frein au développement régional
L’ensemble de la région est affecté par les répercussions des conflits en Syrie, au Yémen, au Liban, en Cisjordanie, à Gaza et en Afghanistan. Ces situations ont engendré des crises humanitaires majeures, des déplacements massifs de populations et un profond recul économique. Le rapport de la Banque mondiale insiste sur le fait que les pays voisins subissent également des contrecoups indirects, tels que l’instabilité économique, l’afflux de réfugiés et une insécurité croissante.