Publié le 2025-10-09 07:01:00. Face à une procrastination envahissante, une tendance croissante à la recherche de diagnostics et une meilleure visibilité des troubles neurologiques, une jeune femme de la génération Y s’interroge sur un possible TDAH. L’évaluation de ce trouble pourrait offrir un répit tant espéré face à des difficultés qui jalonnent sa vie académique et professionnelle.
« J’ai rédigé mon mémoire de maîtrise en une semaine après l’avoir reporté pendant huit mois. J’ai reprogrammé mon dernier examen six fois. J’ai gaspillé des milliers d’euros en achats non retournés. J’ai abandonné ma première tentative à l’université parce que je ne pouvais tout simplement pas étudier. » Ces aveux, signés par une jeune femme se reconnaissant dans une certaine étape de vie touchant de nombreuses femmes de la génération Y, sonnent comme un prélude à une démarche nouvelle : une évaluation pour un Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).
L’autrice reconnaît que la multiplication des diagnostics, particulièrement chez les femmes qui ont appris à masquer leurs différences, pourrait susciter l’incrédulité. Pourtant, elle affirme ne pas chercher une étiquette ou une simple validation. Son objectif est pragmatique : espérer qu’une éventuelle prescription de médicaments stimulants pourra soulager une procrastination qui l’entrave depuis le lycée, moment où la responsabilité personnelle et la gestion des délais sont devenues cruciales. « Les choses n’ont été faites qu’après les avoir reportées aussi longtemps qu’il était humainement possible », confie-t-elle, décrivant une anxiété paralysante née de l’anticipation du travail à accomplir plutôt que de son accomplissement.
Ces dernières années, les réseaux sociaux ont largement contribué à diffuser les symptômes et les difficultés associées au TDAH. Face à une avalanche de contenus sur Instagram et TikTok, l’autrice s’est retrouvée à cocher toutes les cases, mais n’a jamais osé envisager cette possibilité pour elle-même. « Je ne me suis jamais donné la permission de considérer que je l’ai réellement », explique-t-elle, faute d’avoir été perçue comme « perturbatrice » ou « préoccupante » durant son enfance. Elle s’était résignée à l’idée d’être simplement « une mauvaise personne paresseuse ».
La suggestion d’une évaluation est venue d’un psychologue clinicien qu’elle consulte régulièrement depuis cinq ans. Lors d’une discussion sur l’impact dévastateur de sa procrastination sur sa vie, le professionnel a évoqué le concept de « dysfonctionnement exécutif », caractéristique du TDAH et présent dans toutes ses expériences professionnelles. Des cauchemars récurrents liés à d’anciennes fonctions radiophoniques, où la panique d’un bulletin d’information non rédigé la submerge, témoignent de cette difficulté persistante. Le psychologue a également noté une tendance à l’accélération des pensées, que l’autrice avait toujours interprétée comme la norme, imaginant que chacun jonglait avec une vingtaine d’onglets mentaux simultanément.
Depuis cette recommandation, l’autrice a rassemblé des preuves de sa potentielle neurodivergence. Si elle se décrit comme une enfant plutôt agréable, elle admet aussi une forte anxiété dissimulée et un besoin d’attention auprès de certains enseignants. Elle se souvient d’une expérience traumatisante à l’école primaire, où une opinion critique sur la monotonie perçue d’un travail d’écriture lui valut d’être publiquement humiliée par un professeur tyrannique. Cette peur d’être découverte et la dissimulation de ses émotions l’ont peut-être conduite à taire, consciemment ou non, une possible dyslexie. « J’ai tout caché. Y compris, peut-être, le TDAH », conclut-elle.
Le chemin vers le diagnostic n’est pas sans obstacles : le processus d’évaluation est coûteux et peut générer un sentiment d’imposture. Néanmoins, l’espoir d’un soulagement médicamenteux face à la procrastination, ce « singe » qui la domine, rend cette démarche essentielle. « Je pourrais même commencer à envoyer cette chronique quand je suis censé le faire. Imaginez ça ! », s’exclame-t-elle, une pointe d’optimisme dans la voix.