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Le passage à Windows 11 coûtera plus de quatre millions d’euros à la Saxe-Anhalt

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Transition coûteuse vers Windows 11 : la Saxe-Anhalt face à un gouffre financier

Le passage forcé au système d’exploitation Windows 11 a engendré une facture colossale pour les administrations de Saxe-Anhalt, dépassant les quatre millions d’euros. Cette estimation, issue d’une enquête menée auprès des collectivités locales et des ministères, pourrait encore s’alourdir, souligne la portée de cette transition imposée par Microsoft.

La majeure partie de cette somme, soit 3,7 millions d’euros, a été allouée à l’acquisition de nouveau matériel. En cause, les exigences matérielles accrues de la dernière version de Windows, obligeant de nombreuses administrations à renouveler leurs parcs informatiques malgré leur bon état de fonctionnement. Cette obsolescence programmée, souvent masquée par des cycles de remplacement triennaux, soulève des questions quant à la pertinence de tels investissements.

Des écoles lourdement impactées et une montagne de déchets électroniques

Les établissements scolaires ne sont pas épargnés par cette manne financière. La responsabilité des municipalités, villes et districts dans l’équipement des écoles se traduit par des coûts supplémentaires, parfois plus conséquents que ceux de l’administration centrale. Ainsi, le district de Harz a dû débourser 160 000 euros pour équiper ses écoles, alors que les élèves continuent d’utiliser des machines sous un système d’exploitation open source, privilégiant l’économie et la flexibilité.

Au total, plus de 2 900 ordinateurs ont été mis au rebut en Saxe-Anhalt, un chiffre alarmant qui confirme la production massive de déchets électroniques générée par cette transition. Des villes comme Dessau-Roßlau et les districts de Stendal, Anhalt-Bitterfeld et Wittenberg sont particulièrement concernés, avec près de 1 000 appareils retirés du service dans ces seules entités. Certains dispositifs, parfois vieux de dix ans, auraient pu connaître une seconde vie grâce à des dons ou des réutilisations pour tester d’autres systèmes d’exploitation.

L’open source, une alternative économique et écologique pointée du doigt

Face à ces dépenses jugées superflues, des experts comme Frederik Kramer, professeur d’informatique à l’Université des sciences appliquées du Harz, prônent les systèmes d’exploitation open source, tels que Linux. « Le matériel dure généralement beaucoup plus longtemps pour les postes de travail normaux », affirme-t-il, soulignant que ses propres équipements, vieux de sept ans, fonctionnent toujours parfaitement. Il dénonce une politique d’achat systématique de nouveaux appareils motivée par la seule volonté d’exécuter la dernière version de Windows, alors que les ordinateurs s’usent peu.

Peter Ganten, de l’Open Source Business Alliance, met en lumière la dépendance des administrations et des entreprises vis-à-vis des logiciels propriétaires. Cette dépendance, selon lui, contraint au remplacement prématuré de matériel encore fonctionnel, avec des conséquences économiques et environnementales négatives.

Coûts de licence et appel à la souveraineté numérique

Au-delà des achats matériels, les coûts de licence pèsent lourdement sur les budgets publics. Rien que pour la transition vers Windows 11, la Saxe-Anhalt aurait dépensé au moins 400 000 euros en licences. S’ajoutent à cela 1,2 million d’euros pour les près de 26 000 postes de travail de l’administration, une redevance annuelle versée à Microsoft, indépendamment de la version de Windows utilisée. À titre de comparaison, le gouvernement fédéral allemand a déboursé plus d’un milliard d’euros en 2023 pour des licences Microsoft.

« Il n’y a pas de frais de licence pour les logiciels open source », rappelle Frederik Kramer, pour qui l’adoption de ces solutions représente une alternative bien plus économique. Il cite l’exemple du Land de Schleswig-Holstein, qui a opéré une transition complète vers l’open source, motivée notamment par des impératifs de souveraineté numérique.

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