Publié le 2025-10-10 20:45:00. L’automne signe une période de chute de cheveux plus marquée pour beaucoup, un phénomène naturel lié au cycle pilaire. Des facteurs variés, du stress aux carences, peuvent accentuer ce phénomène, mais la repousse est généralement assurée.
Avec l’arrivée de l’automne, il est courant de constater une augmentation de la perte de cheveux. Ce phénomène, souvent source d’inquiétude, s’inscrit en réalité dans le cycle naturel de croissance capillaire. La dermatologue Jeske Ultee explique que cette chute accrue est temporaire et ne remet pas en cause la santé des follicules pileux.
Le cycle de vie d’un cheveu se déroule en trois phases distinctes : la phase de croissance (anagène), la phase de transition (catagène) et la phase de repos (télogène), avant de tomber (exogène). En temps normal, environ 85 à 90 % de notre chevelure se trouve en phase de croissance. Si l’été favorise cette phase, essentielle à la protection du cuir chevelu face au soleil, l’automne voit une transition marquée vers la phase de repos.
« En été, nous sommes souvent en phase de croissance pour protéger notre cuir chevelu du soleil. En automne, cependant, on constate une augmentation notable de la chute des cheveux. En moyenne, dix pour cent de plus que les autres saisons. Ceci est principalement dû au changement saisonnier et à moins de soleil »
Dr Jeske Ultee
Cette perception d’une perte accrue n’est donc pas le signe d’une pathologie, mais plutôt d’un réalignement naturel du cycle pilaire. Durant cette période, un pourcentage plus important de cheveux entrent simultanément en phase de chute. Cependant, le nombre de follicules pileux actifs reste stable, et l’équilibre se rétablit de lui-même.
« Les follicules pileux restent actifs et l’équilibre sera automatiquement rétabli », assure la dermatologue. Ainsi, même si les cheveux tombent, les follicules eux-mêmes ne sont pas endommagés. Les racines demeurent saines, permettant une future repousse une fois cette phase passée. La récupération complète peut cependant prendre plusieurs mois, un cheveu ne poussant en moyenne que d’un centimètre par mois.
Des facteurs aggravants à considérer
Bien que la chute saisonnière soit un phénomène normal, certaines personnes peuvent y être plus sensibles. D’autres facteurs, indépendamment du changement de saison, peuvent également exacerber la perte de cheveux.
« Les changements hormonaux jouent souvent un rôle, par exemple après une grossesse, lors de l’arrêt de la contraception ou pendant la ménopause. Le stress, la maladie, la fièvre ou la prise de certains médicaments peuvent également faire entrer les cheveux plus tôt en phase de repos. De plus, des facteurs nutritionnels jouent un rôle, comme les carences en fer, en zinc ou en vitamine D. Ce sont autant de facteurs qui contribuent à une chute temporaire des cheveux »
Dr Jeske Ultee
Comment soutenir la santé capillaire ?
Face à cette chute saisonnière, plusieurs gestes et attentions peuvent aider à préserver la vitalité de la chevelure.
Soins adaptés et environnement capillaire
Le cuir chevelu constitue la base de la croissance des cheveux. Il est donc essentiel d’en prendre soin avec des produits doux, non desséchants. L’usage de shampoings ou nettoyants trop agressifs est à éviter. La prudence s’impose également face aux sources de chaleur, comme les sèche-cheveux ou les lisseurs, qui peuvent fragiliser la fibre capillaire. Un cuir chevelu propre et équilibré est primordial.
Nutrition et gestion du stress
L’alimentation joue un rôle clé dans la vigueur des cheveux. Les racines ont besoin de nutriments essentiels tels que les protéines, le fer, le zinc, la vitamine D et les acides gras oméga. Une alimentation variée suffit généralement à couvrir ces besoins. Toutefois, un supplément de vitamine D peut s’avérer bénéfique durant les mois d’hiver.
La gestion du stress est également un levier important. Un stress chronique peut raccourcir la phase de croissance des cheveux et entraîner une perte temporairement plus importante. Veiller à un sommeil suffisant, pratiquer des activités relaxantes et maintenir une activité physique régulière sont des recommandations clés.
Prudence face aux remèdes miracles
Le Dr Ultee met en garde contre les solutions miracles souvent promues sur internet. Des produits comme l’huile de romarin, bien que vantés pour stimuler la pousse des cheveux, manquent de preuves scientifiques fiables. Pire encore, le romarin peut parfois provoquer des réactions allergiques ou irriter le cuir chevelu, aggravant ainsi le problème.
Quand s’inquiéter ?
Il est important de relativiser la chute de cheveux saisonnière, qui est un phénomène naturel et passager. Elle n’est généralement pas révélatrice d’un problème de santé sous-jacent ou d’un vieillissement prématuré des follicules.
Cependant, si la perte de cheveux persiste au-delà de trois à quatre mois, si des zones chauves apparaissent, ou si des changements notables surviennent au niveau du cuir chevelu (pellicules, démangeaisons, rougeurs), il est conseillé de consulter un médecin ou un dermatologue. Ces signes pourraient indiquer une condition nécessitant une attention médicale spécifique.