Publié le 11 octobre 2024 09:57:00. L’Union européenne lance ce dimanche son nouveau Système d’Entrée-Sortie (EES), un dispositif majeur de contrôle aux frontières extérieures. L’objectif : renforcer la sécurité en enregistrant de manière systématique les voyageurs non-européens, avec une mise en œuvre progressive sur le continent.
- Le Système d’Entrée-Sortie (EES) vise à enregistrer les données biométriques et le passage des ressortissants de pays tiers entrant et sortant de l’espace Schengen.
- Ce nouveau système ne concernera pas les citoyens de l’Union européenne.
- La mise en place se fera par étapes, débutant dans les aéroports autrichiens dès le 12 octobre, pour une application complète à tous les points d’entrée de l’espace Schengen d’ici avril 2026.
Le nom même du projet, « Système d’Entrée-Sortie » (EES, pour Entry/Exit System), dévoile sa fonction première : surveiller et enregistrer chaque passage – entrée comme sortie – de tout citoyen non-européen souhaitant séjourner dans l’espace Schengen pour une courte durée. Cette mesure, pensée pour garantir la sécurité de l’Union, repose sur une collecte et une conservation rigoureuses des informations relatives aux voyageurs, dans l’espoir de prévenir toute menace potentielle.
Concrètement, le fonctionnement de l’EES repose sur une base de données centrale informatique. Ce système enregistrera, au-delà des dates d’entrée et du nom, des données biométriques telles que les empreintes digitales et une analyse faciale des personnes concernées. En contrepartie de ce nouveau dispositif, les passeports des ressortissants de pays tiers ne seront plus systématiquement tamponnés. Cependant, les autorités, comme la police de l’immigration autrichienne, appellent à la vigilance, signalant que la procédure de collecte et de numérisation des données, effectuée via des bornes automatisées, pourrait engendrer des temps d’attente plus longs aux frontières.
La décision de déployer ce système de manière progressive s’explique par deux facteurs principaux. D’une part, tous les pays participants ne sont pas logés à la même enseigne en termes d’installation des terminaux requis. D’autre part, cette approche échelonnée permet une montée en puissance contrôlée du système. L’élément crucial de l’EES réside dans sa base de données, capable de collecter, traiter et transmettre rapidement les informations. L’objectif est de pouvoir identifier une personne recherchée par une autre nation Schengen grâce à ses données biométriques, rendant ainsi plus difficile l’usage de passeports falsifiés. La coordination en temps réel des vingt-neuf pays participants reste un défi, et la mise en œuvre progressive, qui n’inclut pas l’enregistrement immédiat des données biométriques partout, devrait permettre de tester et d’ajuster le dispositif.
En Autriche, le déploiement débutera par les aéroports internationaux. Vienne-Schwechat sera le premier à inaugurer le système le 12 octobre, avec un investissement d’environ 16 millions d’euros pour les installations nécessaires. Suivront Salzbourg le 12 novembre, Innsbruck le 19 novembre, Graz le 26 novembre, puis Linz et Klagenfurt le 3 décembre. Cette phase initiale de mise en œuvre s’étendra sur six mois, avec pour objectif d’avoir la collecte de données pleinement opérationnelle à tous les points de passage frontaliers d’ici le 10 avril 2026.
Il est important de noter que le système ne se limitera pas aux seuls aéroports. Une fois sa pleine capacité atteinte, l’EES sera également actif dans les ports maritimes, les gares ferroviaires majeures, ainsi que le long des frontières terrestres de l’espace Schengen, là où les ressortissants de pays tiers sont susceptibles d’entrer pour la première fois sur le territoire.