Une étude chinoise a analysé les résultats de la pose immédiate d’implants dentaires chez des patients victimes de traumatismes, mettant en lumière les critères de sélection et les protocoles cliniques pour optimiser la réussite esthétique et fonctionnelle.
- L’étude rétrospective, menée entre 2014 et 2021, a examiné 82 patients ayant subi la pose immédiate d’implants dentaires suite à des blessures aux dents antérieures maxillaires.
- Des critères stricts d’inclusion et d’exclusion ont été appliqués pour garantir la qualité des données et la pertinence des résultats, particulièrement concernant l’état bucco-dentaire et l’absence de facteurs de risque médicaux.
- Les protocoles cliniques, incluant l’imagerie par tomodensitométrie à faisceau conique (CBCT), l’extraction atraumatique, la pose d’implant et la restauration immédiate, ont été détaillés.
Menée au sein du service de parodontologie et d’implantologie orale de l’Hôpital Stomatologique de la Southern Medical University à Guangzhou, en Chine, cette recherche s’est penchée sur la faisabilité et les résultats de l’implantation dentaire immédiate. L’objectif était d’évaluer le succès de ces interventions dans des cas de traumatismes dentaires, en se basant sur des données cliniques et esthétiques recueillies sur une période de suivi allant jusqu’à un an après la pose des couronnes définitives.
Les patients sélectionnés pour cette étude devaient présenter une dent antérieure maxillaire (incisive ou canine) endommagée par un traumatisme survenu au cours des deux semaines précédant l’inclusion. Ils devaient également avoir bénéficié de la pose immédiate d’un implant, posséder des tissus parodontaux sains autour des dents adjacentes (profondeur de sondage inférieure à 4 mm) et maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire. En revanche, plusieurs critères d’exclusion ont été mis en place, tels que des antécédents médicaux complexes (consommation d’alcool ou de tabac, mauvaise santé générale), des problèmes dentaires préexistants comme le bruxisme, ou encore une occlusion postérieure instable. La non-conformité aux protocoles a également entraîné l’exclusion.
La procédure clinique débutait par une évaluation radiologique approfondie à l’aide d’une CBCT pour identifier d’éventuelles fractures osseuses et déterminer la viabilité de la dent blessée. Si l’extraction s’avérait nécessaire et que le patient optait pour l’implantologie, une extraction peu traumatisante était réalisée. L’implant (Zimmer Biomet TSV, diamètre de 3,7 mm) était ensuite positionné dans l’alvéole fraîche, en veillant à ce que son bord soit légèrement sous le niveau osseux buccal pour anticiper une éventuelle résorption. L’espace entre l’implant et la paroi osseuse buccale était comblé avec des particules osseuses (Bio-oss). Une antibiothérapie (Céfuroxime ou Roxithromycine), un bain de bouche à la chlorhexidine, ainsi que la prise de dexaméthasone post-opératoire et l’application de glace visaient à minimiser les risques d’infection et d’inflammation. La gestion de la douleur était assurée par des anti-inflammatoires non stéroïdiens si nécessaire.
Dans certains cas, lorsque le couple d’insertion de l’implant était suffisant, une restauration provisoire était posée immédiatement après l’intervention chirurgicale, parfois en utilisant la couronne fracturée du patient. Ces restaurations provisoires jouaient un rôle clé dans la définition de l’émergence gingivale pour les couronnes définitives. Après une période de cicatrisation d’au moins six mois, les empreintes finales étaient prises pour la fabrication de couronnes définitives en zircone, réputées pour leur esthétique et leur aspect naturel.
La collecte des données s’est déroulée à trois moments clés : lors de l’insertion de l’implant (T0), à la fin de la pose de la restauration finale (T1) et douze mois après cette dernière (T2). Les paramètres mesurés comprenaient le succès ou l’échec de l’implant, le niveau de l’os marginal, ainsi que des scores d’évaluation esthétique objectifs (rose et blanc) et la satisfaction des patients. L’épaisseur de la paroi osseuse buccale et la distance entre l’implant et le rebord osseux ont également été quantifiées par CBCT à T0.
Score esthétique rose
L’évaluation esthétique des tissus mous péri-implantaires, le « Pink Esthetic Score » (PES), s’est basée sur sept variables : la papille mésiale et distale, le niveau et le contour des tissus mous, le déficit de l’os alvéolaire, la couleur et la texture des gencives. Chaque variable pouvait obtenir un score de 0, 1 ou 2, pour un total maximal de 14 points. Un score de 8 était considéré comme cliniquement acceptable, tandis qu’un score de 12 ou plus indiquait un résultat proche de la perfection.
Score esthétique blanc
Pour l’esthétique des couronnes, le « White Esthetic Score » (WES) a pris en compte cinq critères : la forme générale de la dent, son contour, sa couleur (teinte et valeur), la texture de sa surface et sa translucidité. Chaque critère recevait une note de 0 à 2. Le score total maximum était de 10, en comparaison avec la dent controlatérale. Un score de 6 était jugé cliniquement acceptable, et 9 représentait un résultat quasi parfait.
Satisfaction esthétique du patient
Un questionnaire complété par les patients lors du suivi annuel visait à mesurer leur satisfaction globale vis-à-vis de leur traitement implantaire. Ce questionnaire incluait cinq questions relatives à la forme, la couleur de la dent et de la gencive, ainsi qu’un sentiment général. Une échelle visuelle analogique (EVA) de 0 à 10 était utilisée pour quantifier les réponses.
L’analyse statistique des données a été réalisée à l’aide du logiciel GraphPad Prism. Des tests spécifiques, tels que le test de Wilcoxon signé-rank et des tests t sur échantillons indépendants, ont permis de comparer les mesures au fil du temps et d’identifier d’éventuelles corrélations entre les caractéristiques des patients et les résultats esthétiques. Le coefficient de corrélation de Spearman a été employé pour évaluer l’accord entre les évaluations objectives et subjectives. Une valeur de p inférieure à 0,05 était considérée comme statistiquement significative.