Publié le 2025-10-15 16:52:00. Des chercheurs de l’Université de Bâle ont révélé qu’une forme légère de stress induite par certains nutriments peut paradoxalement améliorer la santé des vers nématodes et prolonger leur bien-être à mesure qu’ils vieillissent.
- Certains nutriments alimentaires provoquent une réponse de stress chez les nématodes, renforçant leur santé vieillissante.
- Ces nutriments, sous forme de molécules d’ARN, activent des mécanismes de protection cellulaire.
- Ce « stress bénéfique » permet aux vers de mieux gérer l’accumulation de protéines endommagées, un signe du vieillissement.
La question de la longévité se pose de plus en plus, dépassant la simple durée de vie pour s’intéresser à la qualité des années vécues, souvent appelée « durée de vie en bonne santé ». L’alimentation est depuis longtemps reconnue comme un facteur clé dans ce processus de vieillissement. Une équipe de l’Université de Bâle, dirigée par le professeur Spang, a démontré, en étudiant le ver microscopique Caenorhabditis elegans, que des molécules d’ARN spécifiques présentes dans certains aliments pouvaient améliorer la santé des vers à un âge avancé.
Au fur et à mesure que les organismes vieillissent, leur capacité à se débarrasser des protéines dégradées diminue. L’accumulation de ces protéines peut former des amas toxiques dans les cellules, contribuant au processus de vieillissement et potentiellement à des maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Les travaux de l’équipe bâloise, publiés dans Communications naturelles, montrent qu’une alimentation riche en certains ARN alimentaires stimule des mécanismes de contrôle qualité au niveau cellulaire.
« Ces ARN alimentaires sont absorbés dans l’intestin et activent des mécanismes de contrôle de qualité pour protéger du stress cellulaire », explique Emmanouil Kyriakakis, auteur principal de l’étude. « Ce stress de faible niveau entraîne essentiellement le corps à faire face plus efficacement aux dommages causés aux protéines. » Ce phénomène, qualifié de « stress bénéfique », active notamment l’autophagie, un processus de nettoyage cellulaire essentiel au recyclage des protéines abîmées. Les chercheurs ont constaté que cet effet protecteur ne se limitait pas à l’intestin, mais se propageait à l’ensemble de l’organisme, y compris aux muscles.
Les vers soumis à ce régime particulier se sont révélés plus actifs et en meilleure santé en fin de vie. « Les espèces d’ARN alimentaires provoquent une réponse systémique au stress qui protège les vers de l’agrégation des protéines au cours du vieillissement, prolongeant ainsi leur durée de vie », précise Kyriakakis. Ces découvertes soulignent l’influence majeure de l’alimentation sur la santé des personnes âgées. « Des composants alimentaires spécifiques peuvent stimuler les mécanismes de protection du corps », conclut Spang. « Donc, un peu de stress peut être bon pour toi. » Bien qu’il reste à confirmer si des nutriments similaires peuvent avoir des effets bénéfiques chez l’être humain, ces recherches ouvrent des perspectives intéressantes pour mieux comprendre et potentiellement améliorer le processus de vieillissement.