Publié le 17 octobre 2025 à 15:53:00. Une jeune femme biélorusse, arrivée en Thaïlande pour une carrière de mannequin, a été victime d’un trafic d’êtres humains et retrouvée morte au Myanmar, où elle aurait été contrainte de participer à des cyberescroqueries.
Vera Kravchova, 26 ans, pensait avoir trouvé une opportunité professionnelle légitime à Bangkok. Cependant, peu après son arrivée, elle aurait été enlevée et transférée dans le nord du Myanmar, une région sous l’emprise de réseaux criminels.
Selon les informations disponibles, son passeport et son téléphone lui auraient été confisqués. Elle aurait ensuite été forcée de travailler dans des conditions précaires au sein d’un « camp de cyberarnaque », où les victimes sont exploitées pour mener des fraudes en ligne. Ces opérations seraient gérées par des organisations criminelles et soutenues par des milices locales.
Les autorités ont indiqué que Vera Kravchova aurait été impliquée dans une escroquerie amoureuse. Lorsque les objectifs financiers imposés n’auraient pas été atteints, les communications avec sa famille auraient cessé. Ces derniers auraient ensuite reçu une demande de rançon de 500 000 dollars (environ 18,3 millions de bahts) pour récupérer le corps de leur fille. Le paiement n’ayant pas été effectué, ils auraient été informés qu’elle avait déjà été incinérée.
Des informations relayées par le média russe SHOT suggèrent en outre que la jeune femme aurait été vendue à des trafiquants d’organes, qui auraient prélevé ses organes avant sa crémation.
Le ministère biélorusse des Affaires étrangères a confirmé que Vera Kravchova avait quitté Bangkok pour Yangon le 20 septembre et qu’une enquête était en cours concernant sa disparition. L’ambassadeur Vladimir Borovikov a précisé que les représentations diplomatiques coopéraient avec les autorités thaïlandaises et birmanes. Il a réitéré l’appel à la vigilance des citoyens face aux offres d’emploi à l’étranger, particulièrement dans les zones à risque.
Ce drame n’est pas isolé. Une autre mannequin russe, Dashinima Ochirnimayeva, aurait été attirée par une proposition similaire avant d’être victime de trafic vers le Myanmar. Elle aurait finalement été secourue par les autorités russes après avoir été contrainte de travailler sous la menace.
Un rapport des Nations Unies datant de 2023 estime qu’environ 120 000 personnes seraient actuellement victimes de la traite au Myanmar, beaucoup étant forcées de participer à des opérations frauduleuses. Les organisations de défense des droits humains alertent sur l’ampleur croissante de ce phénomène en Asie du Sud-Est, notamment au Myanmar, au Cambodge et au Laos.